Réunion des «5+5» à Paris

Les ministres signeront une déclaration commune


par Zouaoui Mouloud , Le Jeune Indépendant, 21 décembre 2004

L es ministres de la Défense des dix pays des deux rives de la Méditerranée signeront ce matin une déclaration commune sur «la sécurité dans la région méditerranéenne», à l'occasion de la réunion de «5+5» à Paris, a indiqué hier le ministère français de la Défense.

La déclaration commune, qui «définira un programme et un calendrier de travail» touchant à «la sécurité dans la région méditerranéenne», doit être examinée par les ministres dans la matinée avant la signature du document prévue à 11 heures à l'Hôtel de Brienne, siège du ministère français de la Défense, selon un communiqué du service de l'information et de la communication du ministère.

Tous les pays seront représentés au niveau ministériel, à l'exception de la Libye, dont la délégation sera conduite par le major général Ahmed Mahmoud Az Zwai, directeur de l'organisation centrale des acquisitions, de la recherche et de l'industrie dans le domaine militaire.

Outre Mme Alliot-Marie seront présents les ministres algérien Yazid Zerhouni (représentant le président Bouteflika titulaire du portefeuille de la Défense), espagnol José Bono Martinez, italien Antonio Martino, maltais Anthony Abela (secrétaire d'Etat), marocain Abderahmane Sbai, mauritanien Baba Ould Sidi, portugais Paulo Portas et tunisien Hedi Mhenni.

C'est la première fois dans les rapports entre les dix pays que la coopération en matière de défense sera évoquée. Elle intervient après l'examen, lors des précédentes rencontres au sein de ce dialogue entres les dix, d'une série de dossiers dont celui de l'immigration.

L'Algérie sera représentée à cette réunion par le ministre de l'Intérieur M. Yazid Zerhouni qui, une fois de plus, représente le ministre de la Défense en l'absence du chef d'état-major de l'ANP, le général Ahmed Gaïd Salah, qui effectue depuis hier une visite en Turquie.

Cette rencontre intervient après celle qui a rassemblé le mois dernier les ministres des Affaires étrangères à Oran. Un rendez-vous qui avait été consacré aux questions d'immigration et de lutte contre le terrorisme et au cours duquel les dix pays avaient convenu de se rencontrer aujourd'hui à Paris pour évoquer les problèmes de défense.

Selon des sources officielles françaises, il est question au cours de cette réunion de «faire un inventaire et d'identifier des pistes de travail» dans les domaines de la sécurité et de la défense. «Le ministre français va proposer à ses collègues d'identifier les questions de coopération régionale, qui sont en rapport avec la sécurité, la défense, et qui peuvent ensuite donner matière à des plans d'action en commun», avait- on souligné de même source, précisant que l'ordre du jour de cette rencontre est cependant ouvert.

Ce qui donne à penser qu'un partenariat militaire, vou cher de la France, pourrait être un dossier privilégié à débattre. Lors de sa visite en juin dernier à Alger, la ministre française de la Défense, Mme Michelle Alliot-Marie, avait affirmé qu'il existait entre l'Algérie et la France une vision commune pour mettre en ouvre un partenariat en matière de défense et de sécurité, notamment en Méditerranée.

Elle avait également laissé entendre que la France était disposée à vendre des équipements militaires à l'Algérie. Cela, d'autant que des réunions d'experts en matière de défense, algériens et français, ont eu lieu à plusieurs reprises pour examiner ce dossier.

Mme Alliot-Marie avait également proposé d'établir un partenariat de défense entre le sud de l'Europe et le Maghreb, soulignant alors que «la stabilité du Maghreb doit être l'objectif prioritaire». Z. M.

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Dialogue Euroméditerranéen

Les ministres de la Défense du pourtour occidental de la Méditerranée à Paris


Par Djamel Bouatta Liberté, 21 décembre 2004

Pour la première fois, les ministres de la Défense des 5+5 du pourtour occidental de la Méditerranée (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Libye, Tunisie, Algérie,  Maroc et Mauritanie) se retrouvent à Paris pour explorer les voies et moyens d'une coopération en matière de défense et de sécurité dans leur espace.
De fait, il s'agit de relancer le processus de Barcelone qui vient de boucler une décennie d'existence. L'Europe du Sud doit, en effet, rassurer ses voisins du Sud que l'élargissement de leur union à l'Est ne se fera pas à leur détriment. D'ailleurs, depuis un certain temps, Européens et Maghrébins n'arrêtent pas de se concerter.
En septembre, juste après le sommet des 5+5 qui s'est tenu à Tunis, Alger avait accueilli la 3e conférence ministérielle sur les migrations en Méditerranée occidentale. La partie algérienne devait, à cette occasion, remettre les pendules à l'heure en rappelant sa ferme hostilité à l'ouverture de centres d'accueil et de tri sur son propre territoire comme l'envisageaient quelques membres de l'UE pour se débarrasser de leurs immigrés indésirables. L'Italie de Berlusconi a même souhaité voir le Maghreb se transformer en sas de sécurité pour ses voisins du Nord.
La Libye est seule à succomber à cette démarche contre une aide financière pour renforcer ses frontières avec l'Afrique noire et la formation de policiers pour cette activité. En novembre, Oran devait devenir une capitale diplomatique le temps d'une rencontre des 10 ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée occidentale. Cette rencontre devait traiter trois thèmes, les migrations, l'intégration maghrébine et la sécurité. La polémique sur le Sahara occidental a permis à l'Algérie de réitérer ses positions, réfutant toute idée de médiation avec le Maroc pour la simple raison que le conflit du Sahara occidental oppose Marocains et Sahraouis et que sa solution reste dans l'application des résolutions onusiennes.
Alger devait également plaider pour une véritable refondation de l'UMA dont, au-delà des méandres politiciens, le dispositif ne répond pas aux nouvelles exigences et encore moins face à une Europe qui s'intègre à grande vitesse en s'élargissant à l'Est. Alger ambitionne de promouvoir une véritable diplomatie maghrébine et de transformer l'actuel conseil consultatif en parlement maghrébin. La Libye, après avoir refusé de présider l'UMA, s'est finalement rétractée, convaincue à son tour que face à l'UE, les Maghrébins n'ont d'autre issue que de conjuguer leurs efforts et potentialités. Début décembre, Paris devait réunir les parlementaires des 5+5 avec au menu la coopération et toujours en tête des dossiers la question de l'immigration. Alger, victime également de l'immigration clandestine, s'est prononcée pour une approche globale du phénomène à travers, notamment des aides plus consistantes au développement local des viviers de l'immigration. L'idée étant de fixer les migrants potentiels en apportant chez eux le développement.
Les présidents de l'Assemblée nationale et du Conseil de la nation ont déclaré que l'Algérie est prête à accueillir une rencontre euro-maghrébine sur les migrations pour crever l'abcès et trouver des solutions acceptables et durables. Pour ce qui est de la rencontre des ministres de la Défense, il s'agit de répertorier les pistes de la coopération euro-méditerranéenne en rapport avec la sécurité et la défense. L'idée même d'une telle rencontre a été envisagée à Alger lors de la visite en juillet dernier de la ministre française de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie.
Dans ce domaine précis de la défense, le terrain est du reste assez balisé par l'OTAN qui entend promouvoir avec les riverains du sud de la Méditerranée un partenariat de défense. Il reste que l'Espagne, à en croire El Mundo, déploierait en. Méditerranée une soixantaine de missiles Patriot dont le gouvernement Zapatero a autorisé l'acquisition auprès de Berlin.
Le ministre espagnol des AE devait pourtant plaider pour la transformation du processus de Barcelone en un véritable pacte politique entre le nord et le sud de la Méditerranée !

 

 
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