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Le président de l'Assemblée française chez Bouteflika
Trois heures pour convaincre
De l'un de nos correspondants à Paris S. Raouf, Le Quotidien d'Oran, 20 janvier 2007
On le croyait sérieusement compromis ou, à tout le moins, remis sine die, il fait, à nouveau, parler de lui. Le traité d'amitié franco-algérien rebondit dans l'actualité parisienne.
Entre polémiques sur les fortunes respectives des candidats à l'Elysée et spéculations sur le nucléaire iranien, le sujet se prête, une nouvelle fois, à la curiosité médiatique. Signeront ? Signeront pas ? Contre toute attente, l'AFP a relancé, hier, les spéculations sur une possible signature du traité avant la fin du quinquennat chiraquien. A l'origine de cette hypothèse sur laquelle les rédactions se perdent en conjectures, le déplacement à Alger du Président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré.
A la différence des déplacements récents de Nicolas Sarkozy et du ministre de l'Economie, Thierry Breton, le voyage de Debré a surpris les familiers du sujet «Algérie». Le premier des législateurs de France en a fait état, voici à peine une semaine, à la faveur de ses voeux à la presse. Rien, ces dernières semaines, ne laissait présager un tel déplacement. Ni dans l'agenda prévisionnel bilatéral, ni dans les éléments de langage livrés par les officiels des deux pays.
Pas plus tard que lors de son dernier briefing avec la presse algérienne, l'ambassadeur d'Algérie à Paris avait énuméré une somme de visites croisées, de responsables des deux pays. Il a évoqué celles de Sarkozy, de Breton et de Temmar (à Paris), mais sans faire état du séjour de Debré.
Premier locataire du Palais de Bourbon à prendre le chemin de l'Algérie, depuis l'indépendance, Jean-Louis Debré sacrifie à un voyage dédié officiellement à la coopération parlementaire. Fidèle parmi les fidèles de Jacques Chirac, il y arrive avec, dans son attaché-case, un message du chef de l'Elysée à Abdelaziz Bouteflika. S'agit-il, selon les usages propres aux voyages d'officiels, d'un texte de circonstance, à la teneur somme toute protocolaire ? Ou y est-il question de propositions concrètes de Chirac, au profit de la relation bilatérale à la fin de son mandat ? Le message «se rattache» à la relation bilatérale, indique, pour tout éclairage, l'entourage présidentiel. Alors que la délégation parlementaire faisait route vers l'aéroport, l'entourage de Jean-Louis Debré s'attachait à faire valoir la portée de la visite et à la créditer d'un «intérêt politique» certain. Tel que ressenti au Palais Bourbon, le voyage, qui survient à moins de cent jours de la présidentielle française et au soir de la 12ème législature, semble paré d'enjeux. Il fait «renaître l'espoir d'une relance du traité d'amitié», selon le correspondant parlementaire de l'AFP.
A la lecture des éléments de langage qui habillent la dépêche de l'agence, Jean-Louis Debré arrive à Alger pour une mission autre que celle, protocolaire, de la signature d'un accord-cadre de coopération entre les deux Assemblées. Tout se passe comme s'il vient, en envoyé spécial et en homme de confiance de Chirac, déblayer le terrain pour une relance du projet de traité d'amitié. Et son paraphe durant le bail en cours de l'Elysée.
A Paris, les observateurs familiers de l'imprévisible dossier franco-algérien sont tentés de croire à une telle éventualité. Ils en veulent pour indice l'opinion de la «source diplomatique» française citée, sous couvert de l'anonymat, par l'AFP. Interrogée sur le sort du traité d'amitié, celle-ci en a renvoyé la signature à Alger.
Soulignant que «la balle est dans le camp algérien», cette source fait remarquer que la France «attend un geste» de l'Algérie. Une manière de suggérer que la signature du texte ne dépend que du «OK» du chef de l'Etat algérien que Debré devrait rencontrer pendant trois heures, selon son entourage.
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Algérie, chasse gardée de la France |