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Coopération
militaire
Ce que proposent les Français
Par
Guemache Lounés , Liberté 17 juillet 2004
Les relations avec la future force européenne de défense,
les échanges de renseignements et la levée de l’embargo
sur les ventes d’armes dites “non offensives” devraient être
les trois principaux dossiers au menu de la visite de Michèle Alliot-Marie
aujourd’hui à Alger.
Depuis quelques mois, les armées algérienne et américaine
coopèrent presque comme celles de deux pays alliés. Échange
de renseignements sur les groupes terroristes islamistes, vente d’armes
modernes à l’armée algérienne, formation d’unités
d’élite… Autre preuve de cette confiance, qui règne
entre les deux pays, l’Algérie a été l’un
des rares pays arabes à avoir été sollicité officiellement
par les États-Unis pour prendre part à la force internationale
de stabilisation en Irak. Mais contrairement aux Marocains, les Algériens
n’ont toujours pas répondu à l’offre américaine.
Grâce à cette coopération, Alger est régulièrement
félicitée par Washington pour son rôle dans la lutte
antiterroriste. Désormais, l’Algérie fait partie des
pays que les officiels américains appellent les “partenaires
fiables” des États-Unis dans leur guerre mondiale contre le
terrorisme islamiste. Pour récompenser ces efforts, les Américains
ont récemment vendu à l’armée algérienne
une importante quantité d’armes sophistiquées, essentiellement
du matériel de vision nocturne destiné à la lutte
antiterroriste. D’autres contrats devraient suivre dans les prochains
mois. De quoi inquiéter sérieusement le voisin marocain qui
dénonce une course à l’armement dans la région.
Mais pas seulement : les Français, qui considèrent l’Algérie
comme leur zone d’influence stratégique, voient également
d’un mauvais œil le renforcement de la coopération militaire
entre Alger et Washington.
C’est dans ce contexte que Michèle Alliot-Marie effectue une
visite de travail de deux jours à Alger. Aux Algériens, elle
confirme ce que le président français, Jacques Chirac, a
déjà dit à plusieurs reprises à son homologue
algérien, Abdelaziz Bouteflika. Les Français souhaitent voir
l’Algérie jouer le rôle de partenaire stratégique
en Afrique du Nord de la future force européenne de défense
que la France compte mettre en place rapidement pour contrer l’influence
de la superpuissance américaine. Une telle démarche permettrait
d’équilibrer les rapports de force dans la région du
Maghreb, le Maroc ayant déjà le statut de partenaire stratégique
hors Otan des États-Unis. En attendant, Paris et Alger devraient
annoncer la signature d'un accord de défense. Grâce à cet
accord, la France renforcerait sa coopération avec l’Algérie
en matière de renseignements et lèverait l’interdiction
de vente d’un certain type d’armes dites “non offensives”.
Mais si le premier point est une réponse positive à une demande
formulée de longue date par les Algériens, la seconde annonce
devrait surtout permettre aux groupes français d’armement
de signer d’importants contrats avec l’armée algérienne.
Car, avec des réserves de change de près de 40 milliards
de dollars, Alger, qui vient de sortir d’un isolement international,
qui a duré plus de 10 ans, s’apprête à débourser
plusieurs milliards pour moderniser son armée.
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