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Après
la visite de Sarkozy : les perspectives de la coopération
algéro-française
“ Total cible Hassi-Messaoud”
Par
Ryad Nasrou, Liberté 7juin 2004
Booster les investissements dans le secteur de l’énergie
semble être un effort de longue haleine.
Le ministre de l’économie français était accompagné lors
de sa visite à Alger des patrons de Total et de Spie. Ce qui donne à sa
mission vraisemblablement, entre autres, l’objectif d’intensifier
la coopération dans le secteur. En termes d’assistance technique,
l’Aprue et l’Ademe sont liés par des accords en vue
de la maîtrise de l’énergie en Algérie. Concernant
la formation, l’Institut français du pétrole entretient
des relations étroites avec l’Iap. Mais le gros de ces rapports,
c’est l’engagement dans le domaine minier algérien.
Total effectue, cette année, ses premiers forages dans le bassin
de Berkine et poursuit les efforts préliminaires d’exploration
dans le périmètre de Timimoun. La compagnie française
exploite en commun avec Sonatrach les gisements de Hamra et de Tft (avec également
Repsol). Le premier, un contrat de vente par anticipation court jusqu’en
2007 et porte sur la récupération de quantités de
Gpl et de condensat. Le second, un contrat de partage production concerne
les mêmes liquides. Quant à Spie, sa présence dans
la délégation française s’explique par le
contrat toujours en cours de réalisation de six stations de pompage
pour l’oléoduc OZ 2, un ouvrage achevé. Cette société de
services pétroliers escompte remporter d’autres marchés.
Le programme de développement de Sonatrach de 23 milliards de
dollars 2004-2008 offre des perspectives très intéressantes
aux parapétrolières françaises. C’est une
opportunité de gagner des parts de marché dans un segment
dominé par les sociétés américaines et japonaises.
Encore faut-il que leurs offres soient compétitives. Spie Capag
et Entrepose ont montré que les entreprises françaises
pouvaient bien se placer sur le marché.
Revenons à Total. En attendant que l’effort d’exploration
sur Berkine et Timimoun porte ses fruits — les experts disent qu’il
faut dix ans en moyenne entre les premiers travaux d’exploration
et la mise en production du gisement — la compagnie française
est vivement intéressée par le champ de Hassi-Messaoud.
Il s’agit d’améliorer le taux de récupération
du champ super-géant. Il est possible, constatent les experts
de Sonatrach, de porter la production du gisement de 380 000 barils/jour
actuellement à 550 000 barils/jour sur vingt ans.
Total avait essuyé le refus d’Alger. Les réserves
de ce champ sont réservées aux générations
futures. Les choses ont changé depuis. Il est possible de concilier
les deux choses, tel est le nouvel arbitrage adopté, semble-t-il,
par la présidence.
En clair, générations futures et optimisation de la production
du gisement peuvent aller ensemble. Le projet intéresse également
Chevron Texaco.
Ce ne sera pas à l’évidence un marché de gré-à-gré.
Des appels d’offres seront lancés. La meilleure proposition
technique et commerciale sera retenue.
L’objectif de Sonatrach est d’atteindre, en faisant contribuer
Hassi-Messaoud, un niveau de production de 2 millions de barils/jour à l’horizon
2010. En misant sur le partenariat avec les compagnies pétrolières
internationales.
N. R.
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