Conversion de la dette algérienne envers la France en investissement

Toujours pas d’accord sur le montant de la deuxième tranche

par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 13 novembre 2005

La France est prête à s’engager dans une deuxième phase de conversion de la dette algérienne en investissement après que la première tranche de 61 millions d’euros aura été consommée. Le ministre français de l’Economie et des Finances, M. Thierry Breton, l’a annoncé dans une conférence de presse tenue hier au siège de la résidence El-Mithaq, conjointement avec notre ministre des Finances, M. Mourad Medelci.

M. Breton a indiqué que le montant de cette deuxième tranche n’a pas encore été défini, mais qu’une idée claire semble se dégager quant aux projets à cibler. «Nous allons privilégier les PME», a-t-il indiqué en ajoutant : «Nous avons identifié suffisamment de projets pour avancer sur ce dossier.» M. Breton a précisé que les discussions avec les responsables algériens sur la question de la conversion de la dette ont porté sur les moyens d’en assurer «un usage intelligent, en incitant les PME françaises à venir investir en Algérie».

S’agissant justement des investissements, M. Breton s’est dit très intéressé par le programme de privatisation, d’autant que, selon M. Medelci, 40 entreprises sont privatisées chaque jour. Le ministre français ne s’est, cependant, pas exprimé sur la question relative à l’extension de 10 à 30 % du montant de la dette algérienne pouvant bénéficier de conversion en investissement, qui devait être soumise au Club de Paris.

Le ministre qui a entamé sa visite de deux jours vendredi a par ailleurs annoncé la création d’un «comité stratégique» qui aura pour mission d’assurer le suivi en ce qui concerne les projets d’investissement. Le comité qui sera composé de plusieurs ministères français et algériens se réunira 2 fois par an et sa première réunion est prévue pour le premier trimestre 2006.

M. Breton a expliqué qu’il s’agira de mettre en place «des politiques sectorielles pour renforcer la position industrielle algérienne». Plusieurs secteurs sont concernés parmi lesquels la pétrochimie, la santé et l’industrie pharmaceutique.

Le ministre a annoncé dans la foulée que plusieurs rencontres avec son homologue algérien sont prévues au cours de l’année prochaine. Dans son intervention, M. Breton a réitéré à plusieurs reprises la volonté de son pays de renforcer la coopération et les échanges bilatéraux tout en apportant son soutien au gouvernement algérien dans la conduite des réformes et plus précisément celle du secteur financier dans lequel la France souhaite jouer un rôle.

La visite de M. Breton, au cours de laquelle il a notamment eu des entretiens avec le président de la République, s’est concrétisée par la signature de plusieurs accords. Il s’agit d’un jumelage entre les administrations des impôts des deux pays, d’un protocole de coopération sur le cadastre ainsi que d’un accord sur le renforcement des capacités commerciales de l’Algérie signé avec l’Agence française de développement.

Deux autres accords impliquant les entreprises françaises Cetelem et Suez ont aussi été finalisés.Interrogé sur le traité d’amitié entre les deux pays, M. Breton a affirmé que la priorité de son pays «est qu’il soit conclu le plus tôt possible».

Il n’a enfin pas confirmé l’information faisant état d’une prochaine visite du président Chirac en Algérie. S. B.

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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