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COOPÉRATION ALGÉRO-FRANÇAISE
Nouvelle
reconversion de la dette
L'Expression
17 avril 2004
Chirac annoncera la venue prochaine en Algérie du nouveau ministre
français de l’Economie, Nicolas Sarkozy.
Premier partenaire commercial de l’Algérie avec une part
de marché de 24%, la France, qui oeuvre pour un «partenariat
d’exception» reste, toutefois, modeste en matière
d’investissements. La sempiternelle rengaine d’«élan» dans
les relations économiques, qui tarde à se traduire par
un véritable saut qualitatif, dénote, si besoin est, la
réticence des autorités françaises à s’impliquer
pleinement dans la sphère économique.
Le président français qui promet de se tenir aux cotés
de l’Algérie et de contribuer à sa «pleine
intégration» dans l’espace euro-mediterranéen,
s’est montré austère en matière de pragmatisme,
se contentant d’émettre le voeu de voir la déclaration
d’Alger signée en mars 2003, se transformer en un «traité d’amitié» à l’instar
du traité d’amitié franco-allemand de janvier 1963.
Prônant une relation économique «privilégiée,
féconde et mutuellement avantageuse», notamment par l’entremise
d’un transfert de technologies et de savoir-faire français
dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports,
de l’habitat et de l’urbanisme, Jacques Chirac n’a
pas annoncé, jeudi, d’initiatives concrètes. Cependant,
il a tenu à assurer que les deux capitales adopteraient une «démarche
volontariste en ce sens».
Chirac, évoquant la «pause» électorale algérienne,
annoncera la venue prochaine en Algérie du nouveau ministre français
de l’Economie, Nicolas Sarkozy. Ce dernier examinera avec son homologue
algérien, la question de la reconversion de la dette. Pour rappel,
un accord de conversion de la dette en investissement privé a été signé le
17 décembre 2002 à Alger. Les relations commerciales entre
Alger et Paris qui ont connu une nette progression sous le premier mandat
de M.Abdelaziz Bouteflika, avec un flux croisé d’échanges
qui a atteint 6,7 milliards d’euros en 2003, ne sont pas au niveau
escompté par les deux pays.
Voulant dépasser les tensions d’un passé tumultueux,
la France, qui aujourd’hui, aspire à une relation «ambitieuse
et apaisée», compte mettre à profit la froideur des
relations entre Alger et Londres, suite à la fermeture des services
consulaires de Sa Majesté à Alger, et le rapprochement
de ses analyses avec Alger, par rapport aux dossiers du Sahara occidental
et du conflit au Moyen-Orient et dans le Golfe persique, pour rebondir
sur le terrain économique.
D’autant plus que la France qui est confrontée, ces derniers
temps à un malaise au niveau de son tissu industriel, à cause
de la concurrence des produits américains et du Sud-Est asiatique,
mettra désormais, les bouchées doubles pour desserrer l’étau
autour de son appareil économique. Dans ce cadre, les délocalisations
des industries polluantes ainsi que celles en difficulté et leur
inscription dans la perspective de la création des zones franches
en Algérie, constituent, pour le patronat français, la
formule idoine pour sortir de l’asphyxie.
D’ailleurs, les visites successives de délégations
d’hommes d’affaires français sous la direction du
Medef, ne visent en réalité qu’a explorer les opportunités
d’investissements en fonction des besoins du tissu industriel français.
Il est donc clair que même si le président Jacques Chirac
qualifie d’«exemplaires» les relations bilatérales
entre les deux pays, il reste que les intentions ne signifient pas toujours
le pragmatisme, au moment où le principe même de libre circulation
des personnes entre les rives nord et sud de la Méditerranée
n’est pas consacré.
Arezki LOUNI
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