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LA
FRANCE ET L’ALGÉRIE SIGNENT UN CONTRAT
D’ARMEMENT
L’ANP
se dote de chasseurs Rafale
L'Expression,
18 août 2004
Ce contrat d’armement aurait été rendu possible
depuis le départ du général Mohamed Lamari.
C’est le journal français Le Monde qui rapporte dans sa
dernière livraison que l’Algérie compte acquérir
des avions de chasse français de type Rafale. Le contrat aurait été formellement
conclu entre les deux chefs d’Etat, algérien et français,
lors du déjeuner privé qu’a offert Chirac à Bouteflika
au fort Brégançon dans le Var au lendemain de la commémoration
du débarquement de Provence.
Le journal, qui cite «une source proche du dossier» relative à la
coopération militaire entre les deux pays, sans doute un cadre
du ministère de la Défense, précise que «les
deux hommes (lors de ce déjeuner) devaient évoquer les
problèmes de coopération économique, civile et militaire».
Il ajoute, d’une manière succincte, laissant planer pas
mal de points d’interrogation, que «cette coopération
pourrait notamment englober l’achat par l’Algérie
d’avions Rafale».
Les Français, qui seraient en discussions avec les Algériens à propos
de ce dossier, au moins depuis la visite d’Etat de Chirac en 2002,
ne pouvait finaliser le contrat à cause d’une raison que
les observateurs étaient loin de soupçonner. C’est,
du moins, ce que précise cette source française. Le journal écrit,
en effet, que «la perspective d’un tel contrat aurait été rendu
possible par le départ, lundi 2 août, officiellement pour
raison de santé, du général Mohamed Lamari, qui
occupait la fonction de chef d’état-major et son remplacement
par le général Salah Ahmed Gaïd».
La source, en revanche, ne précise pas le nombre d’avions
que l’Algérie compte acquérir. Il ne fait aucun doute,
en tout cas, qu’il s’agit là de la première
confirmation de la levée de «l’embargo» tacite
qui pesait sur les forces armées algériennes et auxquelles
aucun membre de l’Otan ne voulait vendre d’armements stratégiques.
La France, dont l’armée est la quatrième puissance
mondiale, est également membre permanent du Conseil de sécurité,
ce qui ouvre ainsi la voie à cette levée d’embargo.
On prévoit en effet que l’ANP se dote de plusieurs autres
types d’armements de l’Otan fabriqués par d’autres
pays, tels que l’Italie et les USA. Les Marocains, au reste, semblent
avoir eu vent de cette entreprise de modernisation de notre armée.
Très souvent, dans leurs analyses de presse, fort inspirées,
ils s’interrogent sur les raisons qui poussent notre pays à s’armer
autant. Comme s’il fallait des raisons plus importantes que celles
liées au fait que notre pays va jouer un rôle pivot dans
la sécurisation de la Méditerranée du Sud, mais
aussi de toute la région sahélienne où les éléments
d’Al Qaîda avaient tenté de se redéployer avant
que les services secrets algériens n’éventent leur
projet et ne mettent hors d’état de nuire l’émissaire
spécial dans la région d’Oussama Ben Laden. Il faut
croire que les jalons principaux de ce contrat d’achat d’avions
français de chasse, «au moins une dizaine», nous dit-on,
auraient été posés «lors de la visite à Alger,
le 16 juillet passé, de la ministre française de la Défense,
Michèle Alliot-Marie». C’est à cette occasion,
faut-il le rappeler, que l’opinion publique avait découvert
l’énigmatique éclipse du général Mohamed
Lamari, avant qu’elle ne soit expliquée par Zerhouni de
manière fort peu convaincante. Cette absence tend à confirmer
les analyses faites par la «source du Monde» à propos
des blocages levés avec le départ de l’ancien chef
d’état-major.
Des sources algériennes, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat,
tout en confirmant à demi-mot la très prochaine conclusion
de ce nouveau contrat d’armement, rappellent que «la firme
française Dassault a lancé son avion de chasse Rafale comme
une réplique au fameux F16 américain». Même
si l’avion français a eu tendance à battre quelque
peu de l’aile à ses débuts, les notables et importantes
améliorations apportées aux générations suivantes
en ont fait présentement l’un des chasseurs les plus performants.
Les mêmes sources rappellent le fameux contrat signé depuis
peu avec les Russes pour l’achat de 50 chasseurs de type Mig29
pour une somme globale de 1,8 milliard de dollars. Le fait que notre
pays ait décidé de se doter en outre de Rafales, et pourquoi
pas d’autres types d’armements de l’Otan, confirme
que la professionnalisation de l’ANP est bel et bien en cours.
Il s’agit là, outre l’éradication du terrorisme,
de la seconde priorité que s’est fixée l’actuel
chef d’état-major dans son ordre du jour, paru dans la revue
El Djeïch de ce mois d’août.
C’est bel et bien une ère nouvelle qui semble s’ouvrir
pour notre armée nationale. Les Français, qui y ont contribué à leur
façon, avaient bien promis que les relations algéro-françaises
devaient atteindre un niveau d’excellence jamais égalé depuis
l’indépendance. Depuis la visite éclair de Chirac à Alger
au lendemain de la réélection de Bouteflika pour un second
mandat, pas moins de deux conseils interministériels ont eu lieu
en France alors qu’un nombre important de ministres, et non des
moindres, ont commencé à défiler à Alger.
Il en a résulté, avant que ce contrat d’armement
ne soit dévoilé, un accord économique de pas moins
de deux milliards de dollars alors que 30% de notre dette française
devrait être reconvertie en investissement, comme le confirme l’appel
d’offres lancé par Nicolas Sarkozy dès le lendemain
de sa visite à Alger. Cette accélération dans l’amélioration
des relations entre l’Algérie et la France fait même
dire aux observateurs bien au fait de ce dossier qu’il nous réserve
peut-être bien d’autres surprises.
Mohamed ABDOUN
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