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Nicolas Sarkozy aujourd'hui à Alger A quel temps conjuguer l'avenir ?par M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 3 décembre 2007 Du concret, du concret et une «amitié simplifiée» sans les complexités de l'histoire, c'est ainsi que Sarkozy voit la relation entre Paris et Alger. Nicolas Sarkozy arrive en «ami». Le propos est d'un usage diplomatique courant, banal, mais ils ont été de manière paradoxale chargée de plus de sens à la suite de la polémique née des déclarations du ministre des Moudjahidine. En ouvrant de manière peu diplomatique cette question, le ministre aura en définitive - on doute que cela fut son intention - de crever un abcès qui pesait sur la visite. On ne parlera pas du passé, du moins pas beaucoup. On parlera beaucoup affaires, contrats et partenariat, histoire d'éviter les thèmes plus litigieux comme la mémoire et le Sahara Occidental. Ce sera moins «chaleureux» que la visite de Jacques Chirac en 2003 ? Sûrement, mais Nicolas Sarkozy n'en a cure. Il est là pour «ramener des contrats» aux entreprises de son pays et il ne s'en cache pas. Ensuite, il aime le «concret». Voilà le mot qui est très souvent revenu dans l'entretien accordé à l'agence APS. «Il ne faut pas ignorer l'histoire mais l'assumer» mais, dit-il, il faut d'abord se «tourner vers l'avenir» et penser aux nouvelles générations qui n'ont pas à attendre que les «adultes aient fini de régler les problèmes du passé». Décodage simple: laissons de côté ces choses sur lesquelles il est difficile de s'entendre, laissons le temps faire son oeuvre et allons vers ce qui est possible voire urgent de faire. Les «jeunes sont une priorité pour le président Bouteflika et ils le sont aussi pour moi». Le concret, c'est, dit-il, «l'interdépendance énergétique», la sécurisation des approvisionnements pour la France et des débouchés pour l'Algérie. LE FACILITATEURLe concret, c'est les contrats que vont signer Total et Gaz de France et l'accord de coopération dans le nucléaire. On ne sait pas de quelle nature sera cet accord de coopération dans le nucléaire sachant que l'Algérie a déjà conclu des arrangements dans ce domaine avec plusieurs partenaires. Sur les investissements directs, objet de critiques régulières de la part des responsables algériens, la réponse est déjà rodée: la France est le premier investisseur hors hydrocarbures et pourrait devenir premier tous secteurs confondus. Mais, explique-t-il, renvoyant la balle au partenaire algérien, les investissements ne se «décrètent pas» et tout en notant les «efforts» faits par l'Algérie, il existe encore «beaucoup à faire pour lever certains obstacles». «Un des points essentiels pour attirer les investisseurs étrangers est de disposer d'un secteur bancaire performant, et nos entreprises espèrent que les réformes entreprises dans ce secteur seront poursuivies». Le propos sonne comme un clin d'oeil à l'arrêt du processus de privatisation du CPA pour lequel plusieurs banques françaises sont en lice. C'est donc un terrain où le président français, «candidat du CAC 40» comme disaient ses opposants, est à l'aise. Dans son avion, outre huit ministres et 100 journalistes, il y aura quelque 150 chefs de grandes entreprises et de PME dont il veut être le facilitateur. Comme on aime bien donner des jolis noms à ces choses-là, le porte-parole du président français, M. David Martinon, en a inventé un: «traité d'amitié simplifié». Une jolie trouvaille pour enrober le trop terre-à-terre, «faire du business ou prendre des contrats». Car, à l'évidence, si la polémique qui a précédé son arrivée permet d'évacuer la question de l'histoire, elle ne l'expurge pas. Sarkozy l'admet en estimant qu'il ne s'agit pas de «l'ignorer mais de l'assumer». Mais il ne s'agit au fond que d'une formule pour passer à autre chose. Au «concret» qui veut dire contrat, commerce... C'est le terrain où l'on cause car sur d'autres questions, comme le Sahara Occidental, on se bornera à constater, pudiquement, les différences. Histoire de préserver une «amitié simplifiée», c'est-à-dire qui évite les histoires... |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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www.algeria-watch.org
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