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Destruction des mines antipersonnel
Bouteflika reproche à la France de ne pas fournir la cartographie des mines
Par Amar Rafa, La Tribune, 22 novembre 2005
Le président Bouteflika a dénoncé le passé de la France coloniale, eu égard, a-t-il souligné, au nombre important «de mines antipersonnel et de mines en général» qui ont été semées à travers le territoire national, regrettant par la même occasion «le fait que la France n’ait pas daigné nous fournir la cartographie pouvant faciliter le déminage de ces régions».
Lors de la cérémonie de clôture de l’opération de destruction du dernier lot du stock algérien de mines antipersonnel qui s’est déroulée à Hassi Bahbah, dans la wilaya de Djelfa, le président Bouteflika a rappelé, à ce titre, les souffrances endurées par le pays depuis l’indépendance, du fait, a-t-il relevé, des mines qui ont été semées par le colonialisme. L’Algérie «souffre toujours de cette arme pernicieuse en raison du terrorisme aveugle», a-t-il ajouté.
L’Algérie «a rempli ses engagements» à l’égard de la Convention d’Ottawa qu’elle a ratifiée, a affirmé en outre, le chef de l’Etat en ajoutant que la destruction de 150 050 mines antipersonnel sous juridiction algérienne «témoigne de notre volonté de contribuer à la campagne mondiale en faveur d’un monde sans mines».
Le président Bouteflika rappellera d’abord que, depuis le coup d’envoi de la destruction du stock algérien des mines antipersonnel qui a été donné, au même endroit, le 24 novembre 2004, onze (11) opérations ont été programmées et menées par l’Armée nationale populaire, avec la participation du Comité interministériel de suivi de l’application de la Convention d’Ottawa, des journalistes et des représentants d’organisations
non-gouvernementales.
Il a relevé, à cet égard, que l’Algérie a rempli ses engagements «six mois avant l’échéance d’avril 2006 qui lui était conventionnellement fixé», conformément aux dispositions pertinentes de l’article 4 de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Le président Bouteflika qui a considéré, à cet effet, le respect des engagements pris par l’Algérie comme «une victoire que nous partageons avec tous les peuples de la planète», a exprimé le souhait que «ce fléau destructeur soit définitivement rayé et que la Convention d’Ottawa soit respectée par tous». Il poursuivra en indiquant qu’après la mise en œuvre des obligations de l’article 4 de la Convention d’Ottawa relatives à la destruction du stock de mines antipersonnel, l’ANP «doit faire face aux autres tâches induites de l’application de la même Convention. Il s’agit de la destruction des mines antipersonnel dans les zones algériennes minées, opération qu’elle a entreprise dès le 27 novembre 2004». Une opération au sujet de laquelle, il dira «je ne doute pas qu’elle saura remplir sa mission avec le même professionnalisme et qu’elle respectera l’échéance d’avril 2012». Hormis la destruction de son arsenal de guerre, l’Algérie a entrepris de décontaminer les zones frontalières avec la Tunisie et le Maroc, minées par l’armée coloniale avant 1962 à travers l’installation de barrages minés dénommés «ligne Challe» et «ligne Morice» sur une superficie de 5 676 hectares. Une tâche qui est rendue ardue, eu égard à l’absence de schémas des zones infectées par les mines antipersonnel, car non fournis par l’ancien colonisateur. A cela s’ajoutent les mines disséminées par le terrorisme. Le chef de l’Etat a, en outre, appelé d’«autres secteurs» à agir dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention d’Ottawa, par la mise en place, notamment, de plans de sensibilisation et d’éducation aux risques des mines antipersonnel ainsi que de prise en charge des victimes de ces engins de destruction, comme il l’a affirmé.
En rappelant la tenue, dans quelques jours, de la 6éme conférence des Etats-partie qui se tiendra à Zagreb, capitale de la Croatie, le président Bouteflika a lancé un appel aux participants «pour la consécration des clauses et dispositions de la Convention d’Ottawa non seulement par les pays qui s’y sont conformés, mais également par tous les autres pays». Le président Bouteflika, qui a plaidé pour l’universalisation de la convention d’Ottawa, a affirmé que l’Algérie «ne ménagera aucun effort» dans ce sens, soulignant la nécessité de porter un effort particulier envers «les Etats qui n’ont pas encore adhéré à la Convention d’Ottawa pour les inciter à le faire et sur les Etats- parties pour les engager dans la voie de la coopération, en vue d’obtenir le plein respect des obligations conventionnelles».
Il a émis le souhait que «cette arme soit à jamais bannie de tous les arsenaux du monde afin qu’il soit totalement exempt de mines».
A. R.
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