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Michel Barnier et Michèle Aliot-Marie à partir de cette semaine à Alger Agenda «très algérien» pour le gouvernement Raffarin avant les vacances par Mohamed Khellaf , Le Jeune Indépendant, 10 juillet 2004 L’agenda international du gouvernement français prend des couleurs algériennes à la veille du «congé politique». A quatre jours d’intervalle, deux ministres sont attendus à Alger pour des visites de travail dont le principe a été officialisé au lendemain de la réélection du président Abdelaziz Bouteflika. Comme l’annonçait le Jeune Indépendant dans son édition du 8 mai dernier, les patrons de la diplomatie et de la défense y séjourneront dans le cadre d’un cycle de visites croisées d’officiels des deux pays. Michel Barnier arrive lundi pour un déplacement de deux jours. Michèle Aliot-Marie lui emboîtera le pas samedi 17 juillet pour une durée similaire. Le ministre de l’Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy, les y a précédés début juin dans un contexte marqué par la tenue de la Foire internationale d’Alger et une forte participation hexagonale. Sa visite a donné lieu à des discussions sur le dossier de la dette et la signature d’accords entre entreprises françaises et algériennes. Dominique de Villepin devrait clôturer ce cycle. Sauf anticipation de dernière minute, le patron de l’Intérieur prendra le chemin d’Alger après les «vacances politiques» prévues fin juillet. A la tête du Quai d’Orsay depuis mars dernier, Michel Barnier effectue son premier voyage officiel en Algérie. Familier des dossiers européens – il a été ministre chargé des Affaires européennes dans le gouvernement Juppé et commissaire à Bruxelles –, le nouveau patron de la diplomatie a commencé son programme maghrébin par le Maroc. A Alger, il aura à travailler avec les responsables algériens sur un échéancier pour «relancer le partenariat» entre Paris et Alger. Son séjour «permettra de définir les prochaines étapes de notre relation bilatérale» conformément à la Déclaration d’Alger (mars 2003), a précisé, hier, le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous. Outre des entretiens avec Abdelaziz Belkhadem, le ministre sera reçu par le chef de l’Etat, selon les éléments de programme communiqués par le ministère français des Affaires étrangères. Aucune indication n’a été fournie sur un éventuel entretien avec Ahmed Ouyahia. D’habitude, le chef de la diplomatie française comme les principaux ministres français sont reçus par le chef du gouvernement. Dans un registre moins officiel, le programme de Barnier est marqué par des contacts avec des «personnalités de la société civile et des ONG ayant pris part aux secours» du séisme de mai 2003, selon les éléments de langage de Ladsous. La visite intervient sur fond de bras de fer entre le pouvoir et une partie de la presse privée après l’incarcération de trois journalistes, dont le directeur du Matin, Mohamed Benchicou. Interrogé sur d’éventuels contacts avec les éditeurs ou des représentants de la société civile autour de cette question, le porte-parole du Quai d’Orsay s’est gardé d’y répondre. «Nous sommes pour le respect de la liberté de la presse», s’est-il contenté de répondre. Il y a quelques mois, Hervé Ladsous avait adopté une position identique. Les discussions de Barnier avec les responsables algériens iront au-delà du bilatéral. Depuis la relance du dialogue politique bilatéral à l’été 1999, les deux pays se sont habitués à une concertation tous azimuts sur les questions internationales. Qu’il s’agisse de l’Irak, du Proche-Orient, de la gestion des conflits africains, du Nepad, de la mondialisation ou du processus euroméditerranéen, Paris et Alger sont sur la même longueur d’ondes. Seul objet de divergences, la question du Sahara occidental. La France officielle se range, c’est de notoriété, sur les vues marocaines. Sans le dire ouvertement, Paris a toujours réagi, avec une certaine tiédeur, au processus onusien. Au gré des circonstances, le chef de la diplomatie ou le porte-parole du Quai d’Orsay montent au créneau pour plaider une solution négociée entre les parties au conflit. La visite de lundi «permettra de nourrir notre dialogue sur les questions internationales», estime Hervé Ladsous. A l’instar de celui de Rabat et de Tunis – prévu plus tard –, le voyage d’Alger «s’inscrit bien dans la perspective de l’intégration maghrébine». «L’objectif que nous partageons tous est la création d’un espace euro-méditerranéen qui soit un facteur de paix et de stabilité.» A peine de retour à Paris, Barnier laissera l’avion du «GLAM» français à la ministre de la Défense. Familière du dossier franco-algérien en tant que présidente du RPR, Mme Aliot-Mariot effectue une visite initialement prévue début 2003 dans le cadre d’une tournée maghrébine. C’est la première fois depuis l’indépendance qu’un détenteur du portefeuille de la Défense et des Forces armées français se rend officiellement à Alger. Le porte-parole du ministère, Jean-François Bureau, l’a bien mis en exergue dans un communiqué diffusé, mercredi, par l’Agence France-Presse. Le communiquant de la défense, se contentant de termes convenus, inscrit «clairement» ce déplacement «à caractère politique» dans le cadre des relations politiques entre les deux pays. Les relations de défense «font partie du développement des relations bilatérales», s’est-il contenté de dire. Du programme de la ministre, «en cours de finalisation» mercredi, François Bureau a annoncé des discussions avec des «responsables du pays dont le président Bouteflika». Aucun détail n’était disponible, hier, sur le volet militaire du programme. Michèle Aliot-Marie arrive à Alger une année après la visite, elle aussi première du genre, du chef d’état-major des armées françaises. Le général d’armée Henri Bentegeat avait eu des entretiens avec son homologue algérien, le général de corps d’armée Mohamed Lamari, et d’autres responsables du commandement de l’ANP. Les relations militaires entre les deux pays se sont limitées, jusque-là, à la formation, Paris accueillant, depuis toujours, dans ses écoles spécialisées des officiers algériens. Nombre d’entre eux, passés également par Moscou, ont occupé des responsabilités au sein de la hiérarchie de l’ANP. M. K.
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