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BARNIER A ALGER EN JUILLET Une visite et des lectures Le Quotidien d'Oran, 20 juin 2004 La venue, en juillet prochain, de Michel Barnier, allonge la série des nombreuses visites déjà effectuées par des ministres français en Algérie, et suscite, par la même occasion, une foule de réactions. Certaines d’entre-elles sont classiques et portent la réalité des échanges économiques et politiques entre les deux pays. D’autres, par contre, sont renversantes d’imprévisibilités et débordent jusqu’aux subtilités du champ politique français. Lorsque au début du mois de juin, le ministre des Finances, Nicolas Sarkozy, est venu à Alger, beaucoup ont dit de lui qu’il ne portait pas uniquement la casquette de ministre du gouvernement Raffarin, mais qu’il avait également défendu son image de « présidentiable ». Notamment, après avoir été reçu durant plusieurs heures par le chef de l’Etat, M. Abdelaziz Bouteflika. A la veille de l’arrivée de M. Barnier, on ne considère pas seulement sa visite comme celle du chef de la diplomatie française mais aussi comme celle d’un chiraquien pur et dur. Et qui, en quelque sorte, viendrait constater l’ampleur ou non de l’impact laissé par son collègue aux yeux des plus hauts dirigeants algériens. Une telle lecture est-elle absurde ? Non, s’il s’agit des ambitions présidentielles de Nicolas Sarkozy. En France, ce n’est un secret pour personne que le remuant ministre exprime avec quelques nuances, mais à peine, des ambitions présidentielles pour 2007. Et qu’il lorgne de plus en plus vers l’Elysée avec l’aval, semble-t-il, de puissants courants et lobbies de son pays. Le sujet fait d’ailleurs les colonnes des journaux les plus sérieux de l’Hexagone et suscite l’attention des caricaturistes les plus inspirés de la presse française. S’il s’agit d’y voir un quelconque intérêt d’Alger pour un profil ou pour une candidature, la question amuse beaucoup, fait largement sourire, mais débouche sur une seule réponse : « catégoriquement négatif. » « La visite prévue de M. Barnier, à Alger, correspond parfaitement au cadre qui est le sien », a déclaré, hier, une source au ministère des Affaires étrangères. Les questions politiques françaises internes, ajoute-t-elle, n’ont pas de place dans ce genre de visite, « où il sera question de dossiers bilatéraux, du Proche-Orient de l’Irak et, bien sûr, de l’avenir du Maghreb... ». Mais également de la Méditerranée. En Irlande, lors du sommet des vingt-cinq, entre le ministre français et son homologue Abdelaziz Belkhadem, il a été beaucoup question de la relance du processus de Barcelone. Cette question, sera également au menu des discussions, confirme notre source, d’autant plus que Paris plaide à ce sujet pour un « partenariat renforcé » avec la rive du sud de la Méditerranée pour équilibrer le processus d’élargissement de l’UE. Par ailleurs, elle ajoute que la visite du ministre français des Affaires étrangères en Algérie est d’autant plus importante qu’elle interviendra après sa visite à partir d’aujourd’hui, 20 juin en Egypte, puis en Jordanie jusqu’à mardi et dans les territoires palestiniens les 29 et 30 juin. Elle précise également qu’elle coïncidera surtout avec les changements préoccupants, pour le Polisario, qui sont intervenus récemment au niveau du dossier du Sahara occidental après le départ de M. James Baker. Officiellement, Paris soutient « les efforts des Nations-Unies pour trouver une solution politique réaliste et durable, agréée par les parties, au conflit du Sahara occidental ». Elle n’a pas de position arrêtée mais considère que c’est une affaire de « responsabilité » entre l’Algérie et le Maroc. Et « que rien ne sera imposé à aucune des parties ». C’est ce que M. Barnier a déclaré le 31 mai dernier à Rabat.. Kader Hannachi
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www.algeria-watch.org
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