Benachenhou à Paris le 14 décembre prochain

Sous le signe du renforcement de l'axe franco-algérien

 Le Quotidien d'Oran, 20 novembre 2004

Le ministre des finances, Abdelatif Benachenhou, se rendra le 14 décembre prochain à Paris pour prendre part au colloque qu'organise chaque année UbiFrance, l'agence gouvernementale française pour le développement international des entreprises.

Autour de son président René André et du chef de la mission économique de l'ambassade de France à Alger, Pierre Mourlevat, M. Benachenhou devrait aborder à gros traits, pendant une quarantaine de minutes, l'actualité économique du pays et s'exprimer sur les thèmes retenus cette année: les enjeux stratégiques du marché algérien ainsi que l'état d'avancement des chantiers de réforme en cours. Son intervention sera suivie d'un débat à l'issue duquel il est prévu une brève contribution de l'ambassadeur d'Algérie sur les relations bilatérales algéro-françaises. Et ce à la lumière des indications positives enregistrées durant les trois dernières années.

L'exercice ne devrait pas être des plus périlleux. Car, outre la bonne santé des relations entre Paris et Alger, l'organisateur du séminaire a, cette fois-ci, inscrit les différents travaux sous le signe encourageant du «nouveau partenariat économique France-Algérie». Dans une note de présentation, M. Mourlevat indique à ce sujet que l'Algérie «bénéficie aujourd'hui d'une meilleure image auprès des institutions internationales». Il ajoute que ce climat fait de l'Algérie «un marché convoité par l'ensemble de la communauté d'affaires internationale» et que ces «évolutions positives» seront présentées lors du colloque.

Il ne précise pas, en revanche, qu'une question, au demeurant significative, sera posée lors des différentes interventions: «Comment renforcer nos relations ?». Cette interrogation, figurant vraisemblablement comme un slogan, a été choisie par les responsables d'UbiFrance pour faire un bilan des échanges entre les deux pays et informer les entreprises françaises sur les perspectives d'affaires et de coopération.

Mais pas seulement ! Il s'agit, nous a-t-on dit de source parisienne, de comprendre aussi et trouver «ensemble» des solutions aux contraintes persistantes qui les entravent. L'exposé, prévu en ouverture des ateliers, le matin, sera d'ailleurs consacré par le chef de la mission économique d'Alger, M. Mourlevat, à «l'évolution du risque pays», un sujet incontournable quand on sait que l'Algérie est le «premier pays pour les demandes d'assurance-crédit de la COFACE», alors que le «programme de conversion de créances en investissements privés va représenter un total de 288 M. d'euros pour les investisseurs français, grands groupes et PME», précise-t-il dans sa note.

Maître Hind Benmiloud prendra ensuite la parole afin de mesurer «l'évolution du cadre juridique» et les changements que ce dernier a subis depuis que l'Algérie s'est ouverte à l'économie de marché. Sa communication sera suivie par celle du responsable d'Energy Commodities Export Project, BNP Paribas, Dominique Rémy. Ce banquier a prévu de parler du thème des «financements internationaux à moyen et long terme», tandis qu'à la fin de la matinée, une séquence particulière sera réservée à l'historien Benjamin Stora et aux «grandes évolutions de la société algérienne», un thème de prédilection par le biais duquel il devra analyser les grandes dates algériennes et leur impact sur le présent.

L'après-midi, deux tables rondes sont prévues: la première, modérée par Pierre Mourlevat et Michel Tranche, patron de Renault- Algérie, sera consacrée aux «investissements, dont la conversion des créances». Elle verra la participation, entre autres, de Abdelmadjid Baghdadli de l'ANDI, d'Olivier de Bodman, directeur du réseau des pays émergents, Natexis, Pierre-Yves Bonami, directeur financier Michelin, Bruno Lacoste, vice-président EADS Sogerma Services, Karim Nasr, directeur général Orascom Télécom Holding, et Abdelouahab Rahim, président de la 2A Algérienne des Assurances.

Quant à la seconde table ronde, elle portera sur «l'environnement des affaires et le développement des échanges». Elle sera animée par le président de la Chambre française de Commerce et d'Industrie en Algérie, Michel de Cafarelli, et Thomas Courbe, chef de Bureau Afrique au Minefi-DREE. Bruno Grégoire, directeur général d'Air France Algérie, Philippe Vigue, président du Conseil de surveillance de la Société Générale Algérie, et Nacer Yahiaoui, PDG de General Food Industries, devront, selon nos sources, intervenir lors du débat.

Le colloque du 14 décembre prochain intervient dans un contexte d'embellie dans lequel Alger et Paris affichent une solide volonté de travailler ensemble: 7 milliards d'euros d'échanges en 2003, un niveau historique qui devrait être égalé, sinon dépassé en 2004.

A Paris, et dans la perspective de la signature de l'accord d'amitié prévu en juin prochain, on parle déjà d'axe franco-algérien. Néanmoins, certaines actions prises récemment n'ont pas offert la visibilité nécessaire pour les investisseurs français. Les nouveaux textes bancaires d'août dernier - et l'instruction donnée en août dernier par le chef du gouvernement aux entreprises publiques de n'effectuer leurs dépôts qu'auprès des banques publiques - n'ont, par exemple, pas été bien compris quant à leur bien-fondé. Une occasion en or pour en discuter un peu plus davantage lors de la dernière réunion du Medef, le 16 novembre dernier.

Noureddine Azzouz

 

   
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