L’ambassadeur de France à Tlemcen

«Aucun obstacle à la signature du traité d’amitié»

Le Quotidien d'Oran, 4 févier 2006

Le chemin est-il définitivement balisé pour la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France ? En visite jeudi dernier à Tlemcen, l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Collin de Verdière, est revenu sur le traité d’amitié, longtemps relégué au second plan par la polémique sur la loi française du 23 février.

L’ambassadeur de France à Alger a, en effet, indiqué qu’»il n’y a aucun obstacle pour l’aboutissement du traité d’amitié entre l’Algérie et la France grâce à la forte volonté politique des deux parties». L’ambassadeur de France fait sans doute allusion à la décision du président français Jacques Chirac de supprimer l’article de la loi du 23 février qui glorifie le colonialisme.

M. Hubert Collin De Verdière a précisé à Tlemcen, en marge de la cérémonie de clôture d’une exposition murale de peinture réalisée par des artistes des deux pays, que les négociations sont très avancées dans ce cadre, ajoutant qu’il s’agit là d’un projet ambitieux qui organisera toute la démarche de réconciliation entre les deux peuples. «Ce dossier a été ralenti par des malentendus qui seront levés progressivement par des négociations qui sont à un stade avancé. Il ne faut surtout pas construire un projet sur des malentendus. L’Algérie et la France aspirent à construire un avenir prospère et mutuellement bénéfique», a déclaré l’ambassadeur de France à Alger.

Annoncée pour fin 2005, la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France a été reportée au début 2006 à cause de la polémique sur la loi française du 23 février. L’hospitalisation fin novembre du président Abdelaziz Bouteflika a empêché la tenue d’une rencontre entre les chefs d’Etat algérien et français. Partie d’Alger au début de l’été dernier, cette polémique a rapidement atteint les territoires français d’outre-mer, obligeant le président Chirac à demander la suppression de l’article à l’origine de la contestation dans les anciennes colonies françaises. Si le principal obstacle à la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France est levé, la date de la signature de ce traité d’amitié n’est pas encore connue. Il reste encore à régler plusieurs autres questions, notamment celle la date de la signature et le lieu où sera signé ce traité d’amitié. Les deux pays vont-ils choisir un lieu en Algérie symbole de la guerre de libération nationale ? Alger va-t-il se contenter de la suppression de l’article 4 de la loi française du 23 février ou demandera-t-elle à la France de demander pardon aux Algériens sur la colonisation ?

Le traité d’amitié entre les deux pays permettra aux entreprises françaises de décrocher plus de contrats en Algérie.

Dans les milieux d’affaires, on commence déjà à lier les questions économiques aux problèmes politiques. En France, on craint des retombées négatives sur les affaires en Algérie si les deux pays ne parviennent pas à signer le traité d’amitié. D’autant que l’Algérie a lancé un ambitieux programme de relance économique de 60 milliards de dollars très convoité par les entreprises françaises. Le report de la visite de la délégation du Medef, prévue fin février à mai prochain, a par exemple été attribué au retard dans la signature du traité d’amitié. «La visite de la délégation du Medef International a été reportée pour des raisons techniques. Ce report n’a rien à voir avec la signature du traité d’amitié», a cependant confié une source proche du dossier.

Hamid Guemache Et Saïd B.

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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