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Michèle Alliot-Marie se rend en Algérie pour négocier de nouveaux accords militaires Le Monde, 16 juillet 2004 Inscrit
dans une vaste série de visites officielles entre Alger
et Paris, le déplacement, inhabituel, de la ministre de la défense
est "le meilleur signe de la normalisation entre les deux pays". Au Quai d'Orsay, on récuse le terme de précipitation. "Il s'agit de rattraper le temps perdu en raison de l'élection présidentielle algérienne d'avril 2003. Cette échéance nous a obligés à reporter certains déplacements, fait-on valoir. Nous sommes maintenant dégagés de notre réserve électorale." Le 13 juillet à Alger, Michel Barnier a ainsi expliqué que le gouvernement français est "mobilisé" pour la conclusion d'un traité d'amitié avec l'Algérie en 2005. Parmi les nombreux chapitres de ce traité figureront, a ajouté le ministre français des affaires étrangères, "les questions de défense et de sécurité". Ce dernier volet, inhabituel dans les relations franco-algériennes, alimente les spéculations. Beaucoup voient là le signe d'une compétition stratégique entre la France et les Etats-Unis. Pour qualifier la visite de Michèle Alliot-Marie, du 16 au 18 juillet alors qu'aucun ministre français de la défense ne s'était rendu en Algérie depuis l'indépendance de ce pays, un membre de son cabinet préfère évoquer un "signe de la normalisation" entre Paris et Alger. UN MARCHÉ PROMETTEUR En matière d'armement, l'Algérie est un marché prometteur. Le pays a été mis à l'index en 1992, après avoir confisqué aux islamistes du Front islamique du salut (FIS) leur victoire aux élections législatives, puis lutté sans faire de quartier contre le terrorisme. Alger s'était vu privé de la fourniture d'armes adaptées, se contentant de matériel de base importé de Chine, de République tchèque ou d'Afrique du Sud. Les attentats du 11 septembre 2001 ont modifié la vision des pays occidentaux. Fin 2002, Washington a mis fin à l'embargo de fait qui frappait le pays en annonçant la vente d'équipements militaires de lutte contre le terrorisme. Alger avait alors manifesté l'espoir que "les pays européens", France en tête, suivraient le mouvement. Cette question figurera en bonne place dans les discussions de Mme Alliot-Marie. Au ministère français de la défense, on évoque "une reprise progressive de coopération militaire en matière d'équipement". Mais ces ventes ne seront "pas nouvelles", s'empresse-t-on d'ajouter, tout en se refusant à préciser la nature, le montant, et la date de transactions passées. Concernant un éventuel accord de défense entre Paris et Alger, évoqué par Le Canard enchaîné, l'entourage de Mme Alliot-Marie préfère parler de la préparation d'un "accord cadre en matière de coopération militaire". S'il est prévu que Mme Alliot-Marie soit reçue par le président Bouteflika, elle ne le sera pas par le chef d'état-major et général de corps d'armée, Mohammed Lamari, mais par le général Gaïd Salah, qui assure son intérim. Officiellement, le général Lamari "est en vacances", indique-t-on au ministère algérien de la défense, au risque de relancer les rumeurs de démission - ou d'éviction - du plus haut gradé de l'armée algérienne. Le 27 juillet, Nicolas Sarkozy parlera, lui, gros contrats. L'objectif, indique-t-on à Bercy, est de conclure la négociation sur le métro d'Alger. En juin, M. Sarkozy était déjà en Algérie, avec une escouade de patrons français. "La moitié du CAC 40 m'accompagne !" avait-il plaisanté, en référence aux PDG d'Alstom, de Bouygues, de la RATP, de la SNCF, de Suez et de Total, notamment. Alstom avait emporté le marché d'électrification des lignes ferroviaires de la banlieue d'Alger, pour un montant de 71 millions d'euros. Tout, ou presque, reste à faire en Algérie dans les domaines de la construction, des transports, de l'eau, de l'assainissement, du secteur bancaire. Or, avec la flambée des cours du pétrole les caisses de l'Etat n'ont jamais été aussi pleines (33 milliards de dollars en 2003, 39 milliards escomptés à la fin de 2004). Tout ceci n'empêche pas un tiers de la population de vivre en dessous du seuil de pauvreté, dans une Algérie qualifiée par ses habitants de "pays pauvre à milliards". Le "nouvel élan" de l'amitié franco-algérienne n'a cependant pas aplani les divergences sur le problème du Sahara Occidental. Alger n'a pas apprécié l'appel de Michel Barnier, pendant sa conférence de presse, à un dialogue "fondamental" direct entre l'Algérie et le Maroc. En revanche, le régime s'est félicité des propos très généraux du ministre français sur la presse algérienne, actuellement dans le collimateur du pouvoir. La multiplication des visites de responsables français et occidentaux est perçue à Alger comme la confirmation du retour de ce pays sur la scène internationale, après un "isolement injuste" subi au cours de la décennie sanglante 1990. Alger y voit la preuve que son image extérieure est enfin restaurée. Florence Beaugé, avec notre correspondant à Alger
L'opposition critique "l'indulgence" de Paris
"Vous ne cherchez ni à voir ni à entendre ce que disent les défenseurs des des droits de l'homme, écrit encore Ali Yahia Abdennour. Le gouvernement français ne connaît l'Algérie d'en bas qu'à travers des clichés réducteurs et de lourdes incertitudes ." - (Corresp.) • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.07.04
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www.algeria-watch.org
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