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Paris déconseille le Sud algérien à ses ressortissants Les paradoxes de l’alarmisme françaisPar Abdelhalim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 20 février 2008 A peine un mois après que la Coface eut classé l’Algérie parmi «les pays les mieux notés dans le monde» en matière de risques pour les entreprises, le ministère français des Affaires étrangères a, cependant, réitéré avant-hier ses «recommandations» aux Français désirant se rendre à l’intérieur de notre pays, les exhortant «à faire preuve d’une grande vigilance» et de suivre avec «une extrême précaution» les «consignes de sécurité». Un paradoxe qui cacherait des ambitions inavouées ? Dans une note «mise à jour», avant-hier, mais qui «reste toujours valable», est-il mentionné sur son site internet, le Quai d’Orsay recommande aux ressortissants français «de faire preuve d’une grande vigilance, de limiter les déplacements à l’intérieur du pays et de suivre avec une extrême précaution les consignes de sécurité». Outre les attentats du 11 décembre dernier et «la menace renouvelée» – et qui «ne peut être ignorée» – d’El-Qaïda à l’encontre des intérêts français», l’attentat terroriste qui a coûté la vie récemment à 8 gendarmes dans la région d’El-Oued, suffisent largement au département de Bernard Kouchner pour tomber dans un alarmisme démesuré. Le comble est que Paris considère, en usant bien évidemment d’un curieux langage diplomatique, que les vies des ressortissants français qui se risqueraient à mettre leurs pieds dans le Sud algérien seraient menacées même par les forces de l’ANP qui y mènent des opérations antiterroristes. «A la suite d’attaques menées par des groupes terroristes dans le Sud algérien, notamment dans la région d’El-Oued, et d’opérations menées en réponse par les forces armées, les autorités algériennes peuvent être amenées à déconseiller, voire interdire les déplacements dans certaines destinations et certains itinéraires», est-il en effet écrit dans la note du Quai d’Orsay. Pour cela, «il est donc nécessaire, souligne le ministère français, de se renseigner précisément auprès des agences de voyages locales (auxquelles il est obligatoire d’avoir recours pour les voyages dans le Grand Sud), directement ou par l’intermédiaire d’agences étrangères, afin de connaître les conditions et les itinéraires possibles pour des voyages touristiques dans cette région». En termes plus simples, la France semble dire à ses ressortissants : «N’allez en Algérie que si vous avez des automobiles, des équipements électromécaniques ou des produits pharmaceutiques à écouler, mais jamais en touristes dans le Sahara ou ailleurs.» Mais pour les observateurs avertis, cette ambivalence de la France au sujet des «menaces» qui pèseraient sur le Sud algérien ne peut être assimilée que si elle est inscrite dans le cadre plus large du souci de la France de sauvegarder son «pré-carré africain». Souvenons-nous de l’épisode de l’annulation du rallye Lisbonne-Dakar à cause de présumées menaces d’El-Qaïda. Il ne faudrait pas non plus perdre de vue le dispositif Epervier qui a sauvé la mise au président Idris Déby Itno, mais surtout l’Eufor, force européenne stationnée à l’est du Tchad et de la Centrafrique aux confins du Darfour soudanais, officiellement pour protéger les populations déplacées. Cette débauche d’énergie de la France semble plaire à l’allié américain qui nourri de «nobles objectifs» pour l’Afrique à travers son projet de l’Africom. Au début de son périple africain, George W Bush n’a-t-il pas apprécié le «travail responsable de la France au Tchad, dans son rôle de mise sur pied d’une force européenne pour aider les victimes du conflit du Darfour» ? «Je crois effectivement que l’instabilité au Darfour affecte le Tchad et les intérêts français», a-t-il encore ajouté, comme pour rassurer la France sur les chasses gardées postcoloniales des Européens en Afrique. En actualisant le fameux cri romain «Hannibal est à nos portes !» la France persiste à croire, et ce n’est pas le Point qui la contredira, que nous n’avons vraiment rien compris. A. M. |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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www.algeria-watch.org
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