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La surprise de Soltanipar M. Aziza, Le Quotidien d'Oran, 19 mai 2007 Le MSP a remporté moins de 30% de l'APN. Le parti de Aboudjerra Soltani a, néanmoins, amélioré son score de 2002 en remportant 52 sièges contre 38 lors de la précédente législature. Jusqu'à jeudi soir, le patron du MSP était toujours optimiste de rafler les 30 % des sièges à l'Assemblée populaire nationale. «Ma chaâ Allah», telle est l'expression répétée avant-hier, vers les coups de 21 heures, à la salle des opérations au siège du MSP, avec l'annonce des premiers résultats du dépouillement. Les leaders MSP croyaient à la réussite en annonçant des victoires partielles. «Nous sommes déjà les premiers dans sept bureaux à Blida», a affirmé de suite Aboudjerra Soltani. Mais selon les résultats préliminaires rendus publics hier, le MSP a été classé deuxième, après le FLN, avec deux sièges seulement à Blida, wilaya connue pour être le fief du défunt Mahfoud Nahnah. Aboudjerra Soltani n'a pas semblé désemparé, lors d'une conférence de presse tenue au CIP hier. Le chef du MSP a exprimé sa satisfaction quant aux résultats obtenus. «Les résultats ont tout simplement reflété la volonté du peuple», a-t-il déclaré. Reconnaissant que la victoire n'a pas été reluisante du fait que son parti n'a pas atteint les résultats escomptés, Soltani a affirmé être tout de même satisfait. «Nous avons obtenus 14 sièges supplémentaires par rapport au précèdent Parlement», a-t-il dit, «Nous avons eu 120.000 nouveaux votants pour notre parti», a-t-il encore expliqué. Et d'expliquer que l'objectif principal du mouvement est d'attirer plus de partisans et d'adhérents. Les véritables raisons de la satisfaction du leader du MSP ne sont pas seulement l'augmentation du nombre de sièges au Parlement ou l'augmentation sensible du nombre de votants pour son parti, mais, selon ses dires, c'est le fait que son parti a gagné plus de place dans le cercle de l'alliance «puisque le parti FLN est passé de 199 sièges à 136», a-t-il précisé, ajoutant que cet état de fait conduira à un équilibre dans l'alliance du fait qu'il n'y a pas un grand écart entre les partis et il n'y aura pas une grande force qui orchestre, à elle seule, le Parlement. Concernant la désaffection des électeurs, autrement dit le faible taux de participation, Soltani s'est dit surpris «64 % de taux d'abstention, c'est énorme et le fait que presque 1 million de suffrages soient annulés, c'est plus grave», a-t-il affirmé en appelant l'ensemble des partis politiques à faire des lectures politiques, sociales et culturelles sur ce désintéressement de la part des citoyens algériens. Et si Soltani a été surpris de la faible participation des citoyens algériens à ce vote, c'est parce que lui-même avait annoncé à deux jours du scrutin, qu'il y aurait une large participation des électeurs comme celle enregistrée en 1995. Il avait même précisé qu'il ne s'agissait pas d'un sondage mais d'un pronostic fiable effectué par l'Institut de sondage propre au MSP. Si Aboudjerra Soltani a dénoncé énergiquement les dépassements signalés dans les bureaux de vote, avant l'annonce officielle des résultats, c'est-à-dire jeudi soir, il s'est contenté, hier, de dire qu'il y a eu des dépassements et des recours seront remis au Conseil constitutionnel, le seul habilité à trancher. Le chef du parti MSP avait, tard dans la soirée du jeudi, fait état devant des journalistes de dépassements dans la majorité des bureaux de vote à travers l'ensemble des wilayas. Il a parlé de violation du texte de loi régissant les élections et le non-respect de l'instruction présidentielle exigeant la régularité du vote. Soltani avait précisé que des observateurs ont été même renvoyés sans motif valable des bureaux de vote et d'autres ont été empêchés de pénétrer dans les bureaux de vote à leur ouverture. Aboudjera Soltani a déclaré hier que dans quelques jours on ne parlera plus de dépassements mais de résultats seulement. Interrogé sur la lettre de Saïd Bouchaïr adressée au Président à travers laquelle il avait dénoncé des anomalies dans les bureaux de vote ainsi que des cas de fraude, Soltani a demandé aux journalistes d'aller interroger Saïd Bouchaïr en personne et lui demander comment on peut rédiger et signer une missive sans en être sûr, surtout quand on l'adresse au président de la République. «Il faut lui poser la question pourquoi il s'est rétracté après ?», a-t-il demandé en recommandant plus de «sérieux» dans ce genre de situation. |
Elections 2007 | ||||
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