Le paradoxe

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d'Oran, 19 novembre 2007

Que les partis d'opposition en campagne éreintent le pouvoir en place, ils sont dans leur rôle. Mais que ceux de l'alliance leur emboîtent le pas, là est le paradoxe. Car, enfin, ces formations sont le socle partisan de ce pouvoir, elles se sont rangées derrière son programme et participent dans les équipes exécutives ayant charge de son exécution. Le bilan de ce pouvoir est par conséquent le leur également, dans ses parties positives mais aussi dans celles ratées et ses résultats négatifs.

Aussi, est-il renversant ce discours critique dont usent les partis de l'alliance présidentielle dans cette campagne électorale, auquel d'ailleurs les citoyens n'accordent aucun crédit.

«On ne cache pas le soleil avec un tamis», dit l'adage populaire, et les partis de l'alliance ont beau prendre leurs distances avec les errements et dysfonctionnements que la population reproche à l'Etat, à ses institutions, à leur personnel, qu'il soit fonctionnaire ou élu, ils sont perçus à raison comme coresponsables de cette situation. Promettre de s'amender en guise d'engagement électoral est une chose, se laver les mains de la mauvaise gouvernance à laquelle l'on est associé en est une autre. Cela s'appelle de la tromperie.

Dans cet exercice, le premier responsable du RND a incontestablement droit à la palme. Il s'en donne tellement à coeur joie dans la critique contre le mauvais fonctionnement de l'Etat, des dérives dont il est le produit, qu'il sent lui-même qu'il pousse le bouchon trop loin. A telle enseigne qu'il s'oblige de temps à autre à rappeler qu'il n'est pas dans l'opposition, comme s'il craint que son auditoire ne vienne à s'en convaincre.

«Il n'y a qu'à», «il faut», «nous vous promettons»: ce sont là les ressassés du discours électoral des trois formations de l'alliance. A leur avalanche de bonnes intentions déclamées et de résolutions égrenées, les citoyens répliquent, faussement naïfs, en s'interrogeant sur le pourquoi ces formations n'ont pas réalisé ce qu'elles promettent dans cette campagne, alors qu'elles sont en charge de la gestion des affaires publiques depuis plus d'une décennie. Plusieurs fois chef du gouvernement, Ouyahia a eu toute latitude de combattre les tares qu'il dénonce. Belkhadem est chef en exercice de l'exécutif, pourquoi n'a-t-il pas commencé à mettre en oeuvre ce qu'il promet dans sa campagne ?

Leur compère dans l'alliance, Abou Djerra Soltani, doit apprécier leur prestation car elle confirme qu'il n'y a pas que son parti à faire dans l'imposture et à prendre les citoyens électeurs pour d'indécrottables «gogos» à qui il est loisible de faire avaler toutes les couleuvres.

Pauvres partis de l'opposition, le «trio infernal» a même réussi à leur prendre, le temps de la campagne, leur fonds de commerce.

  Elections 2007  
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