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Madani mezrag avoue l’échec de leur stratégie politique
Les ex-“émirs” de l’AIS indésirables
Par : Djilali Benyoub, Liberté, 1 avril 2007
Dans un communiqué , Madani Mezrag, au nom d’une instance nationale de direction élargie à l’AIS s’”excuse” de ne pouvoir, “en raison d’obstacles”, participer aux prochaines législatives.
L’ancien “émir” de l’AIS, Madani Mezrag, maintient l’idée de créer un autre parti politique sur les décombres du FIS dissous ; sur la base de ce qui reste, prétend-il, de ses militants.
L’ancien chef terroriste profite de l’approche des élections législatives pour faire une sortie médiatique et justifier à sa manière sa non-participation. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, Madani Mezrag, au nom d’une instance nationale de direction élargie à l’AIS, organisation jusque-là inconnue, s’excuse de ne pouvoir, en raison d’obstacles, participer aux prochaines législatives. Mais, avertit-il, ce n’est pas un boycott.
Dans le même sillage, il a dénoncé ces politiques “atteints de démence”, hier à l’origine de la crise qui continuent d’obstruer la route vers la paix et la stabilité. Et de réclamer sa place dans les institutions de l’État qui est, selon lui, “un droit légitime”.
Pour faire valoir ce droit, il s’appuie sur l’argument du rôle “sage” de l’AIS qui a répondu à l’appel des voix de bonne volonté pour le dialogue, à la sagesse et pour l’intérêt de la nation. L’AIS a, a-t-il ajouté, pris position clairement, déterminé les responsabilités et apporté sa contribution aux solutions transitoires. Et de citer les causes à l’origine de la tragédie en les limitant à “l’arbitraire politique, répression des libertés, oppression sociale et l’exclusion et la marginalisation”, en soulignant qu’il y a encore certains qui poussent le pays vers l’impasse.
Par le biais de ce détour, il reviendra aux premières législatives avortées qui ont été, selon lui, les seules à avoir été véritablement démocratiques et transparentes. Nostalgique de cette période ? Peut-être, d’autant plus qu’il ne retient que cet épisode de véritables multipartisme et élections démocratiques. Et de tenter encore de le recréer avec les mêmes ingrédients et la même ligne. Il évoque d’ailleurs la décision de l’instance de structurer la base officiellement à travers tout le territoire national pour arriver à des assises nationales qui sortiront avec des résolutions organiques et politiques pour prouver la légitimité historique, militante et populaire du mouvement politique. Évidemment, le mouvement demandera son agrément.
En fait, Madani Mezrag veut tout bâtir sur un héritage qui n’est pas forcément le sien. L’idée d’un nouveau parti a été avancée par Rabah Kébir à son retour d’Allemagne en pleine campagne pour la réconciliation nationale. Mais, il se limitera juste à l’idée, alors que sur le plan politique, il donnait l’air d’un personnage qui a beaucoup évolué. Pourtant, c’est ce même Kébir, alors président de l’instance exécutive du FIS à l’étranger, qui a annoncé la dissolution du parti après son congrès à l’extérieur. De retour en Algérie, il n’a pas évoqué le FIS dissous. Il semble que Mezrag tente de sortir de l’isolement après avoir échoué à placer sa candidature dans une quelconque liste. Rejeté par le FLN, les autres partis islamistes, il ne lui reste aucune autre issue pour revenir sur la scène politique. Il essayera, avec la presque certitude de ne pas avoir d’agrément, de ressouder les morceaux éparpillés du FIS dissous pour en faire un parti.
À défaut d’accompagner des personnalités comme lors de la campagne pour la réconciliation et en l’absence d’un parrainage, Madani Mezrag essaie d’exister et de démontrer son influence sur la base islamiste en recourant aux communiqués pour donner l’illusion d’un poids politique. Pourtant, le peuple a tranché depuis bien longtemps la question de l’ex-FIS.
Djilali B.
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Elections 2007 |