La campagne électorale a pris fin, comme elle a commencé, dans l’indifférence

par Y.M, Le Jeune Indépendant, 28 novembre 2007

Bien que les Algériens soient appelés à choisir des élus locaux APC et APW, il n’en demeure pas moins que les discours avec lesquels nous ont matraqués les intervenants nous ont plongé dans des enjeux qui relèvent plutôt de la présidentielle.

La campagne a été aussi l’occasion du développement d’un discours virulent de la part de partis de l’opposition, à l’instar du FFS et du RCD. Mais aussi d’échange d’attaques entre les chefs des partis de l’alliance présidentielle. Les péripéties ayant émaillé la confection des listes des candidatures ont largement contribué à noyer les préoccupations locales des citoyens dans un discours à portée politique où l’Administration a occupé sans discontinuité le box des accusés.

Le spectre de la fraude annoncée par certains partis politiques et le phénomène de l’abstentionnisme qui la nourrit et la bonne gouvernance ont été, entre autres, les sujets développés par les candidats. Ainsi, les formations politiques, plus spécialement celles de l’opposition, se sont vues dans l’obligation d’adopter un discours radical tout en appelant à la surveillance des urnes.

Le FLN n’a pas dérogé à la règle du parti-Etat en tentant de récupérer à son compte les réalisations des dernières années de l’Etat en liant dangereusement son score à la révision de la Constitution et, par ricochet, au maintien du président de la République au-delà de 2009.

Le RND a, quant à lui, développé un discours « plus terre à terre» par rapport au FLN en appuyant les présentes demandes de décentralisation et donc de création de nouvelles wilayas. Mais Ahmed Ouyahia, prudent, a tout au long de sa tournée électorale, chargé le gouvernement tout en évacuant les grandes questions politiques pour se concentrer sur les prérogatives des futurs élus à travers la révision des codes communal et de wilaya.

Le MSP a eu plus de mal à trouver ses marques. Il n’a ainsi pas pu se retenir de fustiger le FLN tout en réclamant une reconnaissance pour « son action au sein du gouvernement» . Au niveau de l’opposition, la campagne a permis aux chefs des partis, souvent boycottés par les médias lourds, de se déchaîner en dénonçant le gouvernement, le système et le Président.

Mais le plus acerbe a sans doute été le FFS dont le premier secrétaire a eu des propos à la limite de l’insulte à l’endroit du ministre de l’Intérieur, du chef du gouvernement et des chefs des partis de l’alliance. Le RCD a violemment critiqué dans chacune de ses sorties ce qu’il appelle les décideurs et qui sont, à en croire Saïd Sadi, tentés par « l’irakisation de l’Algérie» .

Sadi a dit prendre acte des «obstacles multiples dressés par l’Administration» afin de ghettoïser le parti dans la seule région de la Kabylie. Le FNA s’est lui aussi illustré par un discours d’opposition plus réservé, teinté d’un nationalisme pur et dur.

Le PT a, quant à lui, eu du mal à trouver des thèmes mobilisateurs et a dû se rabattre sur son souffre-douleur, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, Abdelhamid Temmar, et ses privatisations. Malgré des dépassements isolés, la campagne s’est déroulée sans heurts majeurs par rapport à la présidentielle de 2004.

L’anarchie dans l’affichage, les disputes entre militants de partis rivaux, le saccage des sièges du RCD à Alger et du PT à Boumerdès, les dérives de quelques imams et les propos de certains politiques lors de leurs meetings, à l’image de Tayeb Louh qui n’a pas hésité à traiter tous ceux qui ne voteraient pas FLN de ne pas respecter les principes de la révolution, en sont des exemples.

Y. M.

  Elections 2007  
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