Exclu des élections par l’Administration :

Nasreddine Baghdadi dépose plainte

par Abdelhalim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 18 novembre 2007

L’Administration ne cesse de faire des mécontents suite à sa gestion «catastrophique» du dossier des prochaines élections. A entendre Nasreddine Baghdadi raconter son cas, on se demande vraiment si l’Administration qui a organisé les dernières élections législatives est la même que celle qui s’apprête à organiser les prochaines «locales».

M. Baghdadi, qui a animé hier une conférence de presse à la maison de la Presse Tahar-Djaout à Alger, explique qu’il a conduit une liste du MNE lors des dernières élections législatives, mais se voit interdit de postuler lors des prochaines élections à la tête de l’APC de Larbaâ, dans la wilaya de Blida.

La DRAG de cette dernière a rejeté son dossier de candidature au motif qu’il aurait eu des liens avec le FIS (Front islamique du salut dissous) et son bras armé l’ex-AIS. Dans une «attestation administrative» distribuée aux journalistes présents, l’Administration écrit que «les enquêtes administratives effectuées par les services de sécurité compétents concernant Nasreddine Baghdadi (…), candidat sur la liste d’El-Islah, montrent ce qui suit».

Suivent alors trois «griefs» retenus contre cette figure connue des milieux sportifs et associatifs : «Militant actif au sein du parti dissous (FIS, NDLR) où il était l’un des organisateurs principaux des manifestations organisées par le parti» ; «a des liens étroits avec l’ex-Armée islamique du salut» et enfin, ajoute le département de Yazid Zerhouni, «le concerné est connu pour sa conduite et son comportement incompatibles avec les missions sensibles inhérentes à la gestion des affaires générales de la commune, ce qui conduira à l’atteinte de l’ordre public à l’échelle locale et parmi les citoyens».

Outre qu’il affirme que les accusations de l’Administration «sont dénuées de tout fondement», Nasreddine Baghdadi considère que de telles accusations sont «une atteinte à sa dignité», lui qui assure qu’il était persécuté par les groupes armés.

«J’ai été voir le responsable des RG (renseignements généraux) de Blida et il avait ri devant ce qui m’a été reproché par l’Administration», a ajouté M. Baghdadi pour illustrer «la grossièreté» de la bureaucratie algérienne. Il ajoute une autre «anomalie».

Selon M. Baghdadi, «toutes les attestations administratives avaient été signées par Tahraoui sauf la mienne qui avait été signée par Sediri». «M. Tahraoui, a refusé de signer le document car il me connaissait bien», a-t-il poursuivi.

Baghdadi estime que ses adversaires ont peur de sa popularité avérée, selon lui, lors des dernières législatives où, rappelons-le, il avait été candidat malheureux. Sa candidature gênerait, selon ses dires, des intérêts occultes dans la wilaya de Blida qu’il qualifie de «royaume à l’intérieur de la république».

«Je ne me tairais pas jusqu’à ce que les responsables de cela soient jugés», a-t-il insisté en appelant l’APN et le président de la République à ouvrir des enquêtes à leur niveau. «J’appelle le président de la République à en finir avec le terrorisme administratif», a-t-il tonné.

S’agissant de lui, il a fait savoir qu’il a déposé plainte la semaine passée auprès du tribunal de Blida et a assuré ne pas s’arrêter à ce stade s’il n’obtient pas satisfaction. «J’irai me plaindre auprès des ONG des droits de l’homme», a-t-il promis.

Notons enfin que M. Baghdadi a été accompagné lors de cette conférence par M. Mustapha Sahraoui qui vit une situation presque similaire à la sienne. M. Sahraoui s’est vu refuser, pour les mêmes raisons que celles invoquées par M. Baghdadi, de se présenter aux prochaines élections sur la liste du FFS à Larbâa.

Cela même s’il avait été élu vice-président d’APC en 1997 sur une liste RND, un poste et un parti qu’il a quittés, a-t-il dit, «six mois après ladite élection (octobre 1997)». A. M.

  Elections 2007  
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