Loi électorale

Dix partis politiques se mobilisent contre les amendements

par Djamel B., Le Quotidien d'Oran, 20 juin 2007

Une dizaine de partis politiques ont exprimé, hier, leur inquiétude du devenir de la démocratie en Algérie, «pourtant garantie par la Constitution», suite au projet de révision de certains articles de la loi électorale, examiné et endossé par le dernier Conseil des ministres.

Un communiqué rendu public hier, signé par M. Abdelkader Merbah, «coordinateur provisoire» d'un regroupement de dix partis politiques (MNE, MDS, MJD, PRA, RPR, ME, PST, MNND, FND et PRP), qualifie la dernière décision du Conseil des ministres de «coup de poignard dans le dos de la démocratie encore fragile en Algérie qui vise à porter atteinte à la stabilité et aux libertés fondamentales consacrées par la Constitution...». Cette première réaction «groupée» de partis, généralement qualifiés de «petits», intervient, selon le communiqué, à l'issue d'une réunion «extraordinaire» tenue le dimanche au siège du RPR.

«Si ce projet venait à se concrétiser, il consacrerait la réduction des libertés et la limitation des droits politiques des partis... La démocratie est aujourd'hui confrontée à la forme la plus infâme de monopolisation politique des droits fondamentaux qui n'a d'autre but qu'une remise en cause des acquis consacrés par la Constitution», lit-on dans ce communiqué. Sans citer nommément les partis de la coalition, les rédacteurs du communiqué soulignent qu'une telle décision ne signifie rien d'autre qu'un «retour à une polarisation partisane sous la forme d'une coalition qui vise à pérenniser la politique du parti unique et renie le droit d'existence, d'une manière abjecte, aux autres formations politiques...».

Lors de cette réunion, les responsables des dix formations politiques, après avoir relevé ce qu'ils ont appelé les «graves conséquences» qu'entraînerait ce projet sur le multipartisme et sur le processus démocratique, en appellent à l'opinion publique nationale et toutes les forces politiques du pays pour plus de mobilisation pour faire face à ce projet. Un projet qu'ils qualifient «d'opération dont on n'a pas calculé les conséquences et dont les initiateurs n'ont pas retenu les leçons du passé, oubliant que les partis politiques visés par ce projet sont ceux-là mêmes qui, dans un passé récent, avaient fait face aux ennemis de la nation».

Les rédacteurs du communiqué reprochent, d'autre part, au pouvoir d'avoir opté pour «la pire des solutions» en proposant un projet qui n'aura d'autres conséquences que «de restreindre les libertés politiques et de menacer le multipartisme». Aussi, les représentants des partis concernés soulignent qu'il aurait été préférable pour le pouvoir de «rechercher les causes qui sont à l'origine du taux élevé d'abstention, et de la dégradation sociale...». Enfin, ces mêmes partis se demandent quelles sont les «visées politiciennes» d'un tel amendement au moment où le pays s'apprête à organiser des échéances électorales qui consacreront davantage la démocratie, le pluralisme et l'Etat de droit.

Contrairement à l'ancien texte, dans le cas de l'adoption par le parlement des nouveaux amendements, seuls les partis qui auront obtenu 4% des suffrages exprimés lors des trois dernières échéances électorales, auront droit à la participation politique, à condition que le taux considéré soit réparti sur au moins 25 wilayas. Concernant les partis n'ayant pas obtenu le taux requis, les amendements proposés excluront, en cas d'adoption, ces derniers du paysage politique sans retrait d'agrément mais se verront dans l'obligation de présenter un nombre de signatures équivalant à 5% de l'électorat. Avec de telles conditions, pas plus d'une dizaine de partis politiques pourront aspirer à présenter des candidats aux prochaines élections.

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