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Installée hier par le chef du gouvernement La commission des élections déjà sous tensionPar : Zahir Benmostepha, Liberté, 31 octobre 2007 L’installation officielle, hier, de la commission préparatoire aux prochaines élections locales aura été une occasion pour le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, et non moins secrétaire général du FLN, de recadrer un scrutin dont le pronostic se nourrit d’a priori et surtout de l’infortune des législatives, dans le contexte aseptisé des conditions matérielles d’organisation et la neutralité à laquelle l’administration est sommée de souscrire. Il y a nécessairement lieu de dire que Abdelaziz Belkhadem entre dans le vif du sujet en anticipant un point d’ordre lié au parti pris de l’administration toujours à l’actualité de l’organisation d’élections en Algérie, pour donner “ses assurances” à une opinion qui a toujours du mal à dissocier les casquettes, du grand commis de l’État et du chef de parti. Loin de préjuger d’une hypothétique confusion des genres, la scène politique n’en est pas moins emprunte d’une atmosphère de suspicion qui fait la part belle aux manœuvres et à la surenchère. De ce fait, les prochaines élections locales partent déjà avec un lourd handicap et les défaveurs d’un pronostic qui vouent ce scrutin à l’échec et frappe par anticipation du sceau de l’infamie son éventuel succès. Et c’est donc presque tout naturellement que Belkhadem, en tant que président de la commission préparatoire aux prochaines élections locales, se fend dès son installation officielle d’une plaidoirie dont l’argumentaire puise les fondements dans l’expérience d’un précédent scrutin qui aura brillé certes par une abstention record, mais qui a quand même fait taire les clients habituels du fonds de commerce de la fraude. En effet, Belkhadem s’est largement appesanti sur les élections législatives du 17 mai qui “ont été empreintes, soulignera-t-il, de transparence et de régularité, grâce essentiellement à la neutralité des agents de l'État”. Et aujourd’hui, cette neutralité est réellement mal partie aux yeux de certaines formations politiques comme le RCD ou le FFS qui ont décrété dans un conflit ouvert avec le ministère de l’Intérieur la partialité de l’administration. On peut deviner la suite du débat post-électoral si le scrutin venait à tourner le dos à ces formations. Ceci est d’ailleurs aussi valable pour d’autres formations qui ont mal vécu une certaine hégémonie du parti de Abdelaziz Belkhadem, le FLN en l’occurrence. C’est peut-être principalement pour cette raison que l’alliance présidentielle est en train de voler en éclats. Ce qui n’était au départ que des “piques” lancées les uns aux autres par des acteurs politiques de premier plan, mettant leur grain de sel dans un débat où tout le monde cherche désespérément un coupable, c’est transformé en lutte ouverte qui ne s’accommode plus de déclarations sibyllines. Dans une conjoncture qualifiée volontiers de “panne générale”, tous les raccourcis sont bons à prendre pour épingler l’autre. Dans cette veine, la mauvaise passe socioéconomique que traverse actuellement le pays est devenue le bon prétexte pour justifier la désaffection populaire pour la chose politique. Une désaffection que d’aucuns imputent à la manière dont est exécuté le programme de relance économique du président de la République. Pourtant, c’est sur ce même constat que Abdelaziz Belkhadem rebondit pour conférer au prochain scrutin un rôle particulier dans la poursuite du programme présidentiel. “J'incite tout le monde (.....) à se vouer sincèrement au service du peuple et à réunir toutes les conditions nécessaires pour permettre aux citoyens d'exprimer librement leur choix, de façon à faire du 29 novembre une fête de la démocratie et participer par là même à consolider les efforts pour le développement et la prospérité de notre cher pays”, dira Abdelaziz Belkhadem en exprimant son “espoir” que “les prochaines élections connaîtront un taux de participation élevé. Ce qui serait une preuve de la volonté des citoyens de prendre en main leurs propres affaires”, devait-il ajouter. Ahmed Ouyahia, dans un véritable réquisitoire de l’action de l’Exécutif, assénera que les mêmes conditions qui ont prévalu lors des législatives et conduit au fiasco électoral vont présider au déroulement du scrutin des locales. Cependant, le Chef du gouvernement et secrétaire général du FLN ne semble pas perdre espoir en demandant pour ainsi dire une seconde chance. Du moins quand il affirme que “les citoyens — dont certains vivent des problèmes complexes — qui se rendront aux urnes le 29 novembre ont l'espoir que les prochaines élections dessineront les contours de la réalisation prochaine du programme du président de la République”. Zahir Benmostepha |
Elections 2007 | ||||
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