Elections législatives du 17 mai :

Le gouvernement bloque la participation du MRN et du FFS

par Halim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 28 février 2007

Le Mouvement du renouveau national (MRN) d’Abdallah Djaballah est apparemment le premier parti politique à faire les frais de la décision annoncée par M. Belkhadem de refuser la participation aux prochaines législatives aux partis n’ayant pas tenu leur congrès ou n’ayant pas présenté leur rapport financier.

M. Abdallah Djaballah a révélé, hier, que le ministère de l’Intérieur a ordonné aux services des wilayas de suspendre l’octroi des formulaires de candidature aux représentants du MRN. S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue au siège national de son mouvement à Alger, M. Djaballah a précisé que l’opération de retrait des formulaires de candidature a été «normalement entamée» au début de la semaine écoulée au niveau de quinze wilayas.

Au milieu de la même semaine, a ajouté le cheikh, «suite à une note signée par le ministre de l’Intérieur, les services des wilayas ont décidé de suspendre l’octroi des ces formulaires à nos représentants, arguant que notre parti n’a pas encore tenu son congrès».

Pour Djaballah, «la décision ne peut être que politique, puisque c’est une violation flagrante de la Constitution et de la loi sur les partis et contraire aux pratiques démocratiques». Pour étayer ses propos, M. Djaballah a rappelé que le traitement du ministère de l’Intérieur et du Conseil constitutionnel a été «normal et naturel» vis-à-vis de son Mouvement lors des derniers scrutins, que ce soit pour les présidentielles de 2004, les élections locales partielles de 2005 ou le dernier renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation».

Le mouvement de dissidence qu’a connu dernièrement le MRN ne justifie pas non plus cette décision, a ajouté M. Djaballah en précisant que «les agitateurs sont déboutés par la justice et le Conseil d’Etat depuis le mois de mai 2006».

Mieux encore, en homme de loi, Djaballah «défie» Belkhadem de «citer un seul article de la Constitution ou de la loi sur les associations à caractère politique, stipulant le refus de participation aux élections aux partis n’ayant pas tenu leur congrès», tout en rappelant au passage que «le FLN n’a pas tenu de congrès pendant dix ans (1988-1998) et l’Administration ne l’a pas empêché de participer à tous les scrutins qui se sont déroulés tout au long de cette période».

Pour rappel, le chef du gouvernement avait déclaré lors de la réunion de l’alliance présidentielle qui s’est tenue au début de cette semaine que «la loi sera appliquée à tous les partis n’ayant pas organisé leur congrès ou n’ayant pas présenté leur rapport financier au ministère de l’Intérieur».

Suite à ces propos dont il avait pris connaissance à travers la presse, le leader islamiste a indiqué qu’il a joint le chef du gouvernement par téléphone et ce dernier lui a promis de le rappeler dès la fin de la réunion à laquelle il participait au moment de l’appel.

«Non seulement il ne m’a pas rappelé, a dit M. Djaballah, mais son téléphone sonnait aux abonnés absents lors de mes tentatives de le joindre plus tard.» L’orateur appelle à cet effet le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur au dialogue pour trouver une solution au problème.

Il a accusé, par ailleurs, le ministère de l’Intérieur de mettre des bâtons dans les roues de son parti en lui refusant la tenue de son congrès. Il a rappelé à cet effet les demandes formulées par son parti en décembre 2004, en juin 2005 et en octobre 2006 pour la tenue de son congrès.

«Elles ont toutes été refusées malgré la large satisfaction des conditions requises», précisa-t-il. «Une autre demande d’autorisation est au niveau de l’Administration pour la tenue de notre congrès les 1er et 2 mars 2007», a révélé M. Djaballah, qui s’est dit «optimiste quant à l’issue de ce problème car nous agissons dans le cadre de la loi et de la Constitution».

Invité à s’exprimer sur les raisons politiques qu’il soupçonne être à l’origine de cette décision de l’Administration, le conférencier a dit ne pas vouloir s’étaler actuellement sur ce sujet tout en promettant de «présenter (ses) lectures au moment opportun».

Rappelant que sa formation est la deuxième force politique nationale de par le nombre de voix récoltées lors des législatives de 2002, M. Djaballah est persuadé que les autorités ont peur de la capacité de mobilisation de son mouvement.

«Nous sommes le seul parti qui peut concurrencer le FLN», a-t-il martelé, en précisant que «ni le MSP ni le RND ne peuvent le faire». Par contre, le cheikh ne s’est pas étalé sur la façon avec laquelle son mouvement compte réagir au cas où le ministère de l’Intérieur persisterait dans son refus.

«La décision revient à la conférence des cadres du mouvement qui se réunira jeudi prochain, mais nous n’excluons pas la possibilité de recourir à la justice», a averti M. Djaballah qui a affirmé que «toutes les éventualités sont possibles».

Il a indiqué, enfin, qu’il comptait saisir le président de la République par écrit si toutes les voies sont fermées. «Car il y va de sa (M. Bouteflika, NDLR) propre réputation et de celle de l’image du pays qui n’a pas besoin d’un autre affront en plus de celui des scandales financiers», a-t-il conclu.

H. M.

  Elections 2007  
www.algeria-watch.org