Un pas en avant, dix en arrière

par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 28 février 2007

Bonne nouvelle pour le MSP et, partant, pour la cohésion hypocrite de l’alliance présidentielle : l’administration élimine El-Islah, le parti de Djaballah, de la compétition électorale. Il est vrai que le MRN s’était classé en termes de voix en deuxième position après le FLN, lors des législatives de 2002.

Il est aussi vrai que lors de la présidentielle de 2004, Djaballah se plaçait en troisième position, juste derrière l’ancien chef de gouvernement, M. Ali Benflis. Des performances qui, bien analysées, nous permettent de conclure que parmi les forces politiques officiellement agréées, le MRN se classe comme la deuxième force populaire du pays.

Une bonne nouvelle aussi pour le RCD de Saïd Sadi qui se voit débarrassé du FFS de Hocine Aït Ahmed. Et si la nouvelle philosophie de Sadi autorise à penser qu’il ne rechignerait pas à intégrer le club de l’alliance, il ne devient plus impérieux pour le RCD, en l’absence du FFS, de faire cause commune avec le «diable» et encore moins avec le MSP.

Bien sûr que la situation prête à équivoque, mais elle reflète fidèlement l’adage qui dit que «le malheur des uns fait le bonheur des autres». Après une nuit peut-être singulière, le chef du gouvernement s’est remis sur pied pour annoncer subitement une décision, succulente pour certains, amère pour les autres.

Et alors on a su que les partis qui n’ont pas tenu leur congrès ou transmis leurs rapports financiers à temps n’auront pas droit aux formulaires administratifs qui permettent d’accéder à la course électorale. Le hic c’est qu’avant que le «Wahye» ne se signale, l’administration délivrait le plus normalement du monde les tickets d’accès.

Ce qui laisse clairement penser qu’il ne s’agit après tout que d’une affaire d’interprétation. La bonne interprétation d’aujourd’hui a tout simplement remplacé la bonne interprétation d’hier, et, comme dirait Jean de La Fontaine, l’interprétation du plus fort est toujours la meilleure.

En tout cas, la logique dit que moins il y aura de partis en compétition plus transparentes pourront être les élections. Le chef du gouvernement ne s’était-il pas engagé publiquement à ce que les prochaines élections soient les plus transparentes ? La transparence supplante ainsi la représentativité.

Les Algériens auront le droit de désigner les gens que l’administration leur désignera. Car, aux yeux de l’administration et de ses parrains, les Algériens ne savent toujours pas élire et ils risquent de mal choisir. On leur mâche alors le travail afin d’éviter que surviennent les dégâts tellement redoutés.

Et même si l’on ne saisit pas très bien la démarche de l’administration, il faut rester calme et se convaincre qu’elle n’agit que dans le seul souci de préserver les intérêts de ses citoyens. L’administration reproche au MRN de ne pas avoir tenu un congrès qu’elle n’a pas autorisé.

L’administration empêche les partis politiques qui n’ont pas tenu leur congrès de participer aux élections, alors que ceux qui ont tenu leurs assises ne sont pas officialisés mais déclarés «nazis» ou font l’objet d’une enquête qui aura la vie aussi longue que celle du régime.

Un régime qui excelle dans le choix des adversaires, comme dirait le Dr Ahmed Taleb Ibrahimi. M. Z. mohamed_zaaf@yahoo.f.

  Elections 2007  
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