Appelant l’ONU à faire respecter les recommandations de son comité des droits de l’homme :

Abassi Madani appelle au boycott des élections locales

par Halim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 7 octobre 2007

L’ancien président de l’ex-FIS, Abassi Madani, a profité de la dernière saisine du comité des droits de l’homme de l’ONU, sollicitant l’Etat algérien à «réparer» son adjoint Ali Benhadj, pour critiquer violemment le pouvoir et sa politique de réconciliation jugée «légère» et d’appeler par la même occasion le peuple algérien à boycotter les prochaines élections locales, sans omettre d’exprimer son soutien à l’initiative du trio Aït Ahmed-Mehri-Hamrouche.

Dans un communiqué, transcrit en arabe et daté de vendredi à Doha au Qatar parvenu par voie électronique à la rédaction, Abassi Madani a indiqué que «le FIS loue la position honnête et courageuse» du comité onusien des droits de l’homme, qui a demandé à l’Etat algérien de « réparer» Ali Benhadj.

Parlant de «tout ce qu’ont subi le FIS et ses dirigeants», Abassi juge que cet état de fait représente «une violation claire du pacte international relatif aux droits civils et politiques que l’Algérie a signé et s’est engagée à respecter».

«Nous prenons à témoin le monde libre», a encore dit Abassi Madani qui a fait, rappelons-le, l’objet de la même décision émanant du même comité, «que le pouvoir algérien n’a pris aucune mesure pour répondre aux recommandations du comité onusien des droits de l’homme concernant notre affaire».

Partant de là, il met «les Nations unies devant leurs responsabilités historiques» et demande «au comité onusien et à la communauté internationale libre de prendre des mesures effectives pour l’exécution et la mise en œuvre de ces décisions (celles du comité onusien, NDLR)».

Abassi Madani estime que c’est de la «dérision de parler d’une vraie réconciliation […] Sans rendre au FIS son droit, garanti constitutionnellement, à l’exercice politique», renouvelant à l’occasion son appel «au pouvoir afin de concrétiser la vraie réconciliation nationale».

Il a ainsi indiqué qu’il «joint sa voix à celle de tous les nationalistes nobles, à l’instar des frères Abdelhamid Mehri, Mouloud Hamrouche et Hocine Aït Ahmed, dans le but d’ouvrir un débat sérieux, constructif et transparent entre tous les Algériens, sans exception, pour la recherche d’une solution politique adéquate avant qu’il ne soit trop tard».

Le vieux «cheikh» conclut son communiqué par un appel au peuple algérien qu’il invite à déserter les bureaux de vote lors des prochaines élections locales comme il l’a fait lors des dernières législatives, afin, a-t-il conclu, que le peuple «restitue son droit à disposer de sa décision et d’user de sa souveraineté».

H. M.

  Elections 2007  
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