Il commente les critiques algériennes à l’encontre de l’Union européenne

Jaap W. de Zwaan : « C’est aussi à vous de développer votre économie »

El Watan, 21 mai 2009

Si l’Algérie espère rattraper son retard économique, elle ne devra compter que sur elle-même. C’est l’idée qui a prévalu hier lors d’une conférence organisée au centre d’études stratégiques d’El Chaâb et animée par le directeur général du Centre hollandais des relations internationales, Jaap W. de Zwaan.

La conférence, qui devait tourner autour de « l’énergie et la sécurité », a finalement porté sur « l’intégration à l’Union européenne » et ce que cela a apporté à la Hollande et aux pays de l’Est. Tout cela au moment où des voix s’élèvent en Algérie sur le fait que l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) a été « mal négocié ». Mais les avis divergent selon le point où l’on se place. « L’accord d’association peut vous apporter de nombreux avantages. Je ne comprends pas les réticences des Algériens à l’égard cet accord. Vous devriez aussi faire plus. Il y a même la possibilité de créer une zone de libre-échange. L’Algérie a un potentiel économique important », lance M. de Zwaan, qui estime également que notre pays devrait faire des efforts supplémentaires pour construire une Union maghrébine « forte ».

L’expert en relations internationales égratigne, au passage, l’idée de création d’une Union pour la méditerranée (UPM). « Ces cadres multilatéraux nous créent des difficultés. Tant que la crise au Moyen-Orient ne sera pas résolue, ce projet ne sera qu’un vœu pieux. Il est nécessaire de résoudre ce problème en créant un Etat palestinien aux côtés d’Israël », estime Jaap de Zwaan. Il serait plus approprié, d’après lui, que l’Union européenne et l’Algérie fassent preuve de « créativité » pour trouver un terrain d’entente. Ils pourraient notamment s’inspirer du partenariat conclu avec la Fédération de Russie (PCA), qui englobe l’économie, la politique extérieure, la culture et la coopération judiciaire ou celui conclu avec les pays de l’Est (Eastern Partnership).

Pour nous, l’Algerie reste attachée à la France

A une question de savoir ce que « la Hollande peut offrir à l’Algérie », la réponse de M. Zwaan ne souffre d’aucune équivoque : « C’est à vous de développer vos secteurs (…) Oui, nous sommes commerçants, mais on l’a toujours été. » Au sujet de la « frilosité » des Européens à investir en Algérie, la réponse sonne, là aussi, comme une mise au point : « Vous devez d’abord être prêts à accueillir les IDE. » L’orateur a regretté que l’Algérie soit un pays peu connu aux Pays-Bas. « Vous devriez travailler à vous faire connaître. Nous connaissons bien les Marocains d’autant que plus de 800 000 citoyens néerlandais sont d’origine marocaine (sur une population de 17 millions d’habitants). Il n’y a pas plus de 10 000 Algériens installés aux Pays-Bas. Nous connaissons également la Tunisie parce qu’elle est la destination touristique favorite des Néerlandais. Mais l’Algérie reste, à nos yeux, attachée à la France », constate-t-il, soulignant que la Hollande serait intéressée par une coopération énergétique avec l’Algérie pour, dit-il, mettre fin à une dépendance envers un pays « instable », la Russie.

Le directeur du centre hollandais a précisé, par ailleurs, que son pays rejette la politique israélienne envers les Palestiniens, mais que seuls les Etats-Unis peuvent dénouer ce problème. L’Union européenne est, selon ses explications, « un géant économique et un nain politique ».

Par Amel B.

 
Version imprimable
Politique européenne  
www.algeria-watch.org