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Renforcement des échanges économiques et Sahara occidental Zapatero à Alger à la mi-juillet Le Quotidien d'Oran, 30 juin 2004 Le chef du gouvernement espagnol, Luis Rodriguez Zapatero, effectuera une visite à Alger à la mi-juillet. Cette visite devrait être inscrite sous le signe du changement, s’accordent à dire les observateurs, s’appuyant sur ses déclarations au lendemain de son installation, le mois de mars dernier, affichant l’intention de « revoir », de « rééquilibrer » ses relations avec ses partenaires du Maghreb. Le nouveau Premier ministre avait en effet annoncé une réorientation de la vision de son pays vis-à-vis de la zone sud-Méditerranée. En toile de fond transparaît l’épineux dossier du Sahara occidental qui fait l’objet, de manière officielle ou souterraine où sont impliquées des personnalités en vue, de tentatives de règlement « suspectes » qui n’agréent pas les partenaires. Du moins les Sahraouis. Alors que le fraîchement élu Zapatero déclarait respecter et s’en tenir à la légalité internationale sur la question, des parties espagnoles avaient claironné de nouvelles initiatives « complaisantes » pour le Maroc. Cafouillage qui a contraint le Premier ministre à dépêcher un secrétaire d’Etat, porteur d’un démenti, dans les camps des réfugiés sahraouis pour rectifier le tir. Par ailleurs, la précipitation de M. Zapatero à commencer la « révision de sa stratégie diplomatique » par une visite au Maroc a été perçue, par nombre d’observateurs, comme un signe avant-coureur d’une option politique claire privilégiant un partenaire. Un geste en faveur du Maroc, et qui s’est poursuivi d’ailleurs par une tentative d’organiser une rencontre à quatre, France, Espagne, Maroc et Algérie autour de la question du Sahara occidental. Idée rejetée par Alger qui a affirmé ne pas représenter le Front Polisario. Toutefois, l’on précisera que ce déploiement diplomatique de M. Zapatero n’est pas de nature à porter atteinte aux relations avec les pays de la rive sud-Méditerranée, encore moins avec ses partenaires de l’Union européenne, mais vise simplement à les rééquilibrer. Le gouvernement Aznar, faut-il le rappeler, était sur la même longueur d’onde qu’Alger sur le règlement de la question sahraouie, plaidant pour le respect des résolutions onusiennes. Par ailleurs les relations avec le Maroc ont connu une période de vive tension ayant failli dégénérer en conflit armé entre les deux pays, particulièrement l’épisode de l’îlot de Persil. Position qui a mis du temps à se faire jour et à se confirmer après l’élection du chef du PSOE au lendemain des attentats de Madrid où des islamistes marocains sont largement impliqués. Cela au moment où Alger renforçait sa place avec la conclusion de plusieurs accords commerciaux et « le traité d’amitié algéro-espagnol ». M. Zapatero n’entend certes pas remettre en cause cette situation qui arrange les deux pays, selon ses déclarations, mais le timing de ses déplacements a laissé planer des doutes sur ses objectifs. C’est sans doute ce qui explique ses multiples mises au point, particulièrement concernant la « position officielle de l’Espagne sur la question sahraouie ». Mais selon des diplomates espagnols cités par ABC, la visite de Zapatero au Maroc est dictée par l’accumulation des dossiers en suspens alors que les relations avec Alger sont qualifiées « de stables et normales ». Même les Sahraouis ont salué cette « bonne nouvelle », d’autant que la question enregistre un certain recul depuis la démission de Baker qui a ouvert la voie à une offensive du Palais royal vers l’Afrique. Cette visite, estiment les Sahraouis, est une occasion « pour intensifier la recherche d’une solution qui garantisse leur droit à l’autodétermination ». Il est du devoir de l’Espagne puisque, juridiquement et moralement, elle demeure, selon les accords de Madrid, le colonisateur du Sahara occidental. Les accords stipulent le retrait de l’Espagne uniquement sur le plan administratif. Les responsables sahraouis invitent le Premier ministre espagnol à se rendre dans les camps des réfugiés pour « constater de visu la réalité induite par la décolonisation irrégulière ». Un pas aussi positif: la création au sein du parlement espagnol d’un groupe parlementaire d’amitié avec le Sahara occidental regroupant tous les partis siégeant présidé par un député du PSOE. Par ailleurs, cette visite intervient quelques semaines après la nomination du nouvel ambassadeur espagnol à Alger, M. Juan Baotista Linja, diplomate au long parcours notamment dans les pays asiatiques, Chine et Japon. Lors de sa visite à Alger, M. Miguel Angel Moratinos, ministre des Affaires étrangères, au mois de mai dernier, a affirmé que la politique qu’entend mener son gouvernement avec le Maghreb sera complémentaire avec celle de la France et se base sur le partenariat. D’où le détour de M. Zapatero par Paris, à trois semaines de sa visite à Alger. Au-delà de ces intentions, il est clair que le nouveau gouvernement espagnol entreprend une « refonte » de ses relations avec ses partenaires de la rive Sud dans la perspective d’un renforcement de sa position. Son alliance tacite avec la France participe, logiquement, d’une volonté de freiner et d’atténuer la portée de l’offensive des Etats-Unis qui ne cessent de marquer des points en Afrique, naguère acquise exclusivement à la France. Par ailleurs, la fin du mandat de la Minurso le 30 octobre prochain, que les Sahraouis ont souhaité être le dernier, pousserait l’Espagne en tant que membre non permanent, au même titre que l’Algérie, du Conseil de sécurité, à envisager une alternative acceptable pour les deux parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario. Tenter un rapprochement des vues entre Alger et Rabat n’est pas exclu pour le chef du gouvernement espagnol qui considère que l’impasse sahraouie entrave la construction de l’espace maghrébin commun: l’UMA. Mais, les entretiens entre le président Bouteflika et M. Zapatero porteront principalement sur le renforcement des échanges économiques et la coordination sur les questions internationales communes. Djilali B.
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www.algeria-watch.org
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