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Accord d’association avec l’Union Européenne Ce que les Algériens doivent savoirEl Watan, 29 août 2005 La manière avec laquelle on appréhende en Algérie l’entrée en vigueur de l’accord d’association, prévue le premier du mois prochain, laisse présager une grave atteinte à l’économie nationale. Bien qu’elle soit légitime, cette appréhension est parfois très exagérée, voire exacerbée faute de communication. Plusieurs avantages sont attendus de l’entrée en vigueur de cet accord à la fois au profit des opérateurs économiques nationaux et des consommateurs algériens. L’un des avantages phares est sans doute celui de la diminution sensible de la fraude érigée jusque-là comme règle dans les opérations d’exportation et d’importation. Une fraude qui a permis à n’importe qui de devenir importateur sans pour autant en avoir la qualification requise. A tel point que le nombre d’importateurs a latéralement explosé en un temps record pour atteindre, d’après les estimations du CNIS, les 80 000, dont seulement 40 000 sont réguliers. L’instauration, dès ce 1er septembre, d’un certificat d’origine appelé EUR1, qui sera désormais exigé de tout importateur ou exportateur, devra limiter sensiblement l’acte de fraude et, par conséquent, le nombre d’importateurs véreux. Ce certificat permettra, note Sid Ali Lebib, directeur général des Douanes algériennes, « une traçabilité parfaite des marchandises ». L’origine des produits, ajoute-t-il, « sera clairement identifiée et ne bénéficieront des avantages tarifaires que les produits originaires de la Communauté européenne ». Cette mesure devra inciter plusieurs importateurs algériens, attirés par la baisse des droits de douanes, à privilégier la destination Europe au lieu de l’Asie d’où provient la quasi-totalité des produits contrefaits et douteux. Ce changement de destination devra se traduire, au grand bonheur des consommateurs algériens, par une disponibilité de produits de haute qualité et à moindre prix. L’exonération totale des droits de douanes pour les produits industriels portant sur des matières premières et autres intrants destinés au fonctionnement est un autre avantage de taille de l’accord d’association qu’il faut souligner et dont pourront tirer profit les entreprises algériennes. L’Algérie, qui sera, en vertu de l’accord d’association, sommée de s’aligner sur les normes européennes dans tous les domaines, offrira des avantages comparatifs d’autant plus intéressants qu’ils vont certainement drainer d’importants flux d’investissements directs étrangers (IDE). Dans le cas échéant, ce sont des milliers d’emplois qui seront créés avec à terme un transfert de savoir-faire très important. L’aspect dégressif et graduel de l’accord d’association qui, pour rappel, débouchera à l’horizon de 2017 sur une zone de libre-échange, donnera une marge de manœuvre aux entreprises algériennes pour s’adapter et se mettre à niveau, faute de quoi, elles seront tout simplement menacées de disparition totale. Salah Slimani |
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