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Accord d'association avec L'UE Plus de deux ans de retard Par Meziane Rabhi Liberté, 5 décembre 2004 Contrairement au vou des chauds partisans de l'intégration économique à l'Europe, la ratification des deux côtés n'a pas été rapide. Dans une hypothèse optimiste, tout sera bouclé en trois ans, soit en 2005. L'Algérie ratifiera l'accord d'association signé le
22 avril 2002 à Valence, en Espagne, au printemps de l'année
prochaine. Le Conseil de gouvernement, réuni mercredi passé,
en a décidé ainsi. "Le ministère des Affaires étrangères
a été chargé par le gouvernement de mettre en route
la procédure de ratification de l'accord d'association qui aboutira
au Conseil des ministres puis au Parlement dans ses deux Chambres à la
prochaine session de printemps", relève le communiqué du
Conseil de gouvernement. Une "étude-analyse des impacts macro-économiques
et sectoriels de l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union
européenne", et dont Liberté s'était déjà fait
l'écho, a été réalisée pour le compte
d'une administration centrale algérienne par un bureau d'études étranger,
Sema-Schlumberger. Cette étude de 76 pages fait ressortir qu'une
application immédiate du démantèlement tarifaire
aurait un effet dépressif certain : baisse du PIB (1,63%) ; dégradation
de la balance commerciale avec l'Union européenne ; baisse générale
(5,14%) de l'indice des prix conjuguée à une baisse de
la consommation finale des ménages et de l'administration. L'effet
dépressif sur la production au niveau sectoriel va affecter sensiblement
de nombreux secteurs d'activité. L'impact global en termes
d'emplois industriels est assez significatif puisqu'il touche une perte
totale estimée à 58 020 emplois. Même si cette estimation
est une simple extrapolation de la diminution de la masse salariale,
elle reste préoccupante par son ampleur. L'appréhension
de cet impact négatif a été souvent soulevée
par les entreprises algériennes sans donner lieu jusque-là à une
réflexion sur les voies et moyens d'y faire face. Pour le gouvernement, "l'application
de cet accord favorisera les règles de la concurrence loyale et
de la transparence dans l'économie nationale au bénéfice
des opérateurs véritables". La détaxation des semi-produits
et matières premières qui sera applicable durant les premières
années constituera un atout pour l'industrie locale afin d' améliorer
sa productivité, alors que le démantèlement des
taxes douanières sur les produits finis sera, quant à lui, étalé.
Il est, du reste, important de souligner que la conclusion importante
de l'étude est le résultat d'une simulation purement théorique
qui appréhende les conséquences d'une application immédiate
de l'accord ; en d'autres termes, les autorités économiques
disposent d'un délai important pour mettre en place la politique
et les instruments qui permettraient à l'économie algérienne
de surmonter cet écueil.
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www.algeria-watch.org
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