Algérie-UE

Renégociation de l'accord d'association sur les engrais

par Hamid Guemache, Le Quotidien d'Oran, 5 septembre 2007

L'Algérie a entamé récemment des négociations avec l'Union européenne (UE) sur l'accord d'association en vigueur depuis septembre 2005. Le gouvernement veut obtenir la suppression de la taxe anti-dumping appliquée par l'UE sur les engrais produits par Fertial, suite à une requête déposée par cette entreprise au niveau du comité de suivi de la mise en oeuvre de la zone de libre-échange entre l'Algérie et l'UE. Cette taxe empêche Fertial d'exporter ses produits vers les pays de l'Union européenne. «Le dossier est sur la table des négociations, nous demandons la suppression de cette taxe. L'UE l'a justifiée par le fait que l'énergie est subventionnée dans notre pays. Mais pour nous, le gaz est un avantage comparatif», explique Djellab Saïd, directeur de la réglementation et évaluation du commerce extérieur au ministère du Commerce. L'issue de ces négociations sera déterminante pour l'avenir de la production algérienne d'urée. L'Algérie compte augmenter ses capacités de production d'engrais avec la construction dans les prochaines années de plusieurs complexes d'urée et d'ammoniac. Mais aussi pour les négociations d'adhésion de l'Algérie à l'OMC. Les pays de l'UE et les Etats-Unis ont demandé à notre pays d'aligner les prix domestiques de l'énergie sur ceux du marché mondial. L'Algérie a répondu négativement et veut utiliser le prix domestique du gaz pour attirer les investisseurs étrangers et développer une véritable industrie pétrochimique. Par ailleurs, la commission technique de suivi de la mise en oeuvre de la zone de libre-échange Algérie-UE a reçu, depuis sa création en septembre 2005, douze requêtes de la part des sociétés algériennes sur l'accord d'association avec l'UE. «Nous avons reçu douze requêtes et après traitement, quatre plaintes ont été jugées recevables. Il s'agit de Fertial pour les engrais, Cevital pour le sucre et la margarine et Bimo pour la poudre de chocolat. Ces requêtes ont été transférées au comité permanent chargé du suivi de l'application de l'accord d'association», explique Kadri Saâdane, le président de cette commission. Selon Djellab Saïd, les deux dernières requêtes sont toujours à l'étude. «La faiblesse du nombre de requêtes enregistrées durant les deux premières années de l'application de l'accord d'association s'explique par le fait que le premier démantèlement tarifaire a touché les matières premières. Avec la deuxième phase du démantèlement tarifaire qui a commencé le 1er septembre dernier et qui touche des produits semi-finis et finis, il faut s'attendre à l'augmentation des requêtes de la part de nos entreprises», souligne Djellab Saïd. Entamé samedi dernier, le démantèlement progressif des barrières douanières sur les produits industriels européens ne devra pas provoquer d'effets immédiats sur les prix des articles destinés à la grande consommation. «A partir de la troisième année, c'est-à-dire en 2010, on commencera à sentir les effets de la baisse des taux douaniers sur les prix des produits européens», explique M. Djellab. Il ne reste plus que trois ans aux producteurs algériens pour se préparer à la concurrence des produits européens.

Entré en vigueur il y a deux ans, l'accord d'association avec l'UE ne plaît pas vraiment aux patrons algériens.

La présence injustifiée des taxes anti-dumping contre les produits algériens, la différence dans la définition des mêmes produits et le retard dans la mise à niveau des entreprises sont autant de facteurs qui confortent l'idée répandue que l'accord d'association n'est pas favorable à l'Algérie.

 

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