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Rencontre informelle des ministres de la défense de l’UE et du Maghreb
La sécurité dans la Méditerranée au menu
Par : Samar Smati, Liberté, 29 septembre 2007
Abdelmalek Guenaïzia participe, depuis hier, à Évora, au Portugal, à la rencontre informelle entre les ministres de la Défense de l’Union européenne et du Maghreb. Deux points à l’ordre du jour : la coopération avec le Maghreb et l’Union africaine en matière de sécurité et de défense.
L'ordre du jour de la réunion ministérielle d'Évora a un caractère “novateur”. Outre les points habituels des discussions européennes en matière de sécurité et de défense, cette rencontre introduit deux “dialogues approfondis” de portée régionale avec un nouveau “partenaire stratégique”, à savoir l'Union africaine, ainsi qu'une rencontre inédite entre les ministres de la Défense des 27 États membres de l'UE et les cinq pays de la Méditerranée occidentale, l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Ces deux dialogues sont inscrits au programme de la journée d’aujourd’hui.
Initiée sur l’exemple du dialogue des 5+5, les vingt-sept accueillent leurs cinq homologues avec un objectif affiché. Celui du renforcement de la coopération en matière de “politique européenne de sécurité et de défense”.
Cette rencontre a pour but, selon Lisbonne, de discuter, “à l'aune des succès”, du dialogue des 5+5, quelles seraient les possibilités de renflouer la coopération entre l'UE et ses partenaires méditerranéens sur les questions PESD.
Ce renforcement devrait impliquer davantage, selon la présidence portugaise de l’Union européenne, autant les partenaires maghrébins.
La stabilité de la Méditerranée constitue un intérêt stratégique commun. La sécurité de l’Europe ne pouvant découler dans l’esprit européen que de la stabilité et de la sécurité de sa porte sud de la Méditerranée. La situation sécuritaire dans le Maghreb, l’instabilité récurrente et les conflits en Afrique fragilisent, selon eux, la frontière sud en butte au terrorisme, à l’immigration clandestine et aux trafics en tous genres. Le Portugal considère que la coopération avec le Maghreb revêt, dans ce contexte, “une importance croissante”. Lisbonne souhaite, en ce sens, que l’agenda européen “implique davantage” les pays méditerranéens. En particulier, “ceux du Maghreb, afin de développer et d'approfondir le dialogue sur les questions de sécurité et de défense”. Le Maghreb en particulier et l’Afrique en général sont dans ce cadre des partenaires stratégiques, voire incontournables pour l’Europe.
L’Union africaine n’est d’ailleurs pas en reste. Un “dialogue approfondi” avec l’UA figure à l’ordre du jour de la rencontre des ministres de la Défense européens. Il porte sur “la paix et la sécurité, la bonne gouvernance, le développement durable, la démocratie, l'État de droit et le respect des droits de l'Homme”. Pour l’UE, la coopération avec l'Afrique est essentielle pour “relever le défi de nouvelles menaces transnationales”, en particulier le terrorisme international ainsi que la prévention et la gestion des conflits.
Dans le cadre de ses partenariats stratégiques, l'UE contribue à développer des initiatives et des mécanismes qui permettent aux Africains d'établir leurs propres capacités visant la prévention, la gestion et la résolution des conflits en Afrique. Le Portugal estime qu’il est “utile d'intensifier le dialogue, les consultations et la coopération” avec l'Union africaine. L'UE devra continuer à appuyer, de façon cohérente et coordonnée, ses partenaires africains, notamment par le biais de programmes dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité et du recours aux instruments relatifs au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion. Les ministres européens devront également statuer sur les capacités de la force européenne qui sera envoyée au Tchad et en République Centrafrique et placée sous l’égide de l’ONU.
Synthèse S. S.
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