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RATIFICATION DE L’ACCORD D’ASSOCIATION ALGERIE – UE Mai 2004 : une échéance à ne pas dépasser Le Quotidien d'Oran, 6 janvier 2004 Le Parlement algérien et les assemblées des pays de l’Union européenne (UE) ont, jusqu’à mai prochain, pour ratifier l’accord d’association, signé entre les 15 et l’Algérie en décembre 2001. Au-delà de cette échéance, beaucoup de choses risquent d’être remises en cause. «Mai est une échéance danger», a déclaré, à ce propos, l’ambassadeur d’Italie, Romualdo Bettini, à l’occasion de son passage hier au forum d’El Moudjahid. L’ambassadeur d’Italie a expliqué l’urgence qu’il y a de ratifier le document en question en invoquant le fait qu’à compter du mois de mai prochain, l’UE s’élargira à 10 nouveaux pays de l’Europe de l’Est. Et l’officialisation de ce projet qui tient très à coeur le bloc européen, impliquera de nouvelles donnes et, peut-être également, des changements dans le texte de l’accord d’association. En effet, l’intégration de ces pays, voudra dire que ce document devra faire le tour d’une dizaine de nouveaux parlements. Pis, l’Algérie pourrait même être appelée à renégocier l’accord avec les nouveaux membres de l’Union européenne. Bien que l’ambassadeur d’Italie s’est montré confiant en indiquant que le pays qu’il représente ratifierait l’accord avant le mois de mai 2004, il est, tout de même, à indiquer que l’Algérie n’a pas trop de chance de voir le texte en question adopté par les parlements européens avant cette date. Cela reste vrai d’autant qu’à ce jour, seulement trois pays européens ont daigné ratifier l’accord. Il s’agit de la Suède, de l’Allemagne et de l’Irlande qui est aux commandes de l’UE depuis le début de l’année. Même les pays connus pour être de grands partenaires de l’Algérie tels la France, l’Espagne et l’Italie ne l’ont pas encore fait. M. Bettini a fait remarquer, dans ce cadre, que même «le Parlement algérien ne l’a pas, lui aussi, ratifié». Mais, il s’est déclaré comprendre ce retard, l’imputant à la situation politique interne du pays. Il y a lieu de savoir que certains pays ont dû attendre jusqu’à quatre, voire cinq ans, avant que de voir leurs accords d’association ratifiés par les parlements de l’UE, et c’était le cas de la Jordanie et du Maroc. Il faut tout de même reconnaître que la situation est tout autre pour l’Algérie, de par le projet d’élargissement de l’Union européenne. Un fait dont «est consciente l’UE», selon l’ambassadeur d’Italie. Reste à savoir comment cette compréhension se traduira concrètement et si la commission européenne pourrait intervenir auprès des parlements de ses pays membres en vue de les inviter à accélérer la ratification du document en question. Outre cette question, M. Bettini est revenu sur le retard que continue à accuser la réalisation du projet de la firme italienne Danieli. Pour rappel, cette firme a présenté aux autorités, il y a plus de trois ans, un projet consistant en l’installation d’une usine d’infrastructure sidérurgique dans la zone franche de Bellara, au niveau du port de Djen Djen à Jijel. D’un montant de 250 millions de dollars, cet investissement, rappelle l’ambassadeur, devait permettre la création d’une centaine d’emplois directs. De même, il était attendu que ce projet contribue «à redynamiser un port qui tourne à hauteur de 20%». Sur la base de ces données, M. Bettini a déclaré ne pas comprendre «les réticences du gouvernement algérien». Il est à rappeler que le problème qui se pose dans le cas de ce projet, concerne les «avantages spécifiques» demandés par la firme Danieli. En contrepartie du projet, celle-ci voulait obtenir un rabattement sur les prix du gaz. Une doléance à laquelle il est toujours attendu du ministère de l’Energie et des Mines qu’il réponde. Jusqu’à présent, la demande de la firme italienne est restée lettre morte, alors que Danieli continue à défendre l’idée que sans un prix de gaz concurrentiel, le projet ne peut être rentable. Sur la question concernant la demande de l’Algérie à intégrer le GSPC et le GIA dans la liste des organisations terroristes, M. Bettini a indiqué que «l’UE n’a rien contre». D’autant que ces organisations figurent déjà sur sa liste. Il ne restera, a-t-il dit, qu’à faire de même dans le cadre de l’ONU. Et c’est là justement la revendication de l’Algérie. L’ambassadeur d’Italie est également revenu sur le bilan de la présidence de ce pays de l’UE. Un mandat, encore faut-il le signaler, qui n’a pas enregistré d’importants résultats. Il a été, notamment, marqué par le grand échec de la Conférence inter-gouvernementale (CIG), durant laquelle l’UE devait adopter la fameuse «Constitution européenne». «Le miracle n’a pas eu lieu», a déclaré l’invité du forum. Pour M. Bettini, des progrès ont été enregistrés durant le deuxième semestre 2003, mais, fait-il remarquer, «il faut faire le bilan à la lumière de la conjoncture internationale qui a été terrible». Elle a été caractérisée par l’échec des négociations de l’OMC à Cancun, celui de la CIG, les violences dans le monde, la situation au Moyen-Orient,... Ghania Amriout
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