MISE EN OEUVRE DE L’ACCORD D’ASSOCIATION

L’Algérie présente un plan d’action

Le Quotidien d'Oran, 28 juin 2005

La commissaire européenne pour les relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner n’a pas tari d’éloges à l’endroit du climat de dialogue qui singularise les relations entre l’Algérie et l’Union européenne. Au terme de sa visite de travail à Alger qu’elle a achevée par une conférence de presse au salon d’honneur de l’aéroport d’Alger, elle a déclaré que l’Algérie et l’Union européenne sont dans une nouvelle phase dans le développement de leurs relations, à la veille de la mise en oeuvre de l’accord d’association, le 1er septembre prochain. Elle a jugé sa visite d’autant opportune qu’elle intervient après la ratification de l’accord par le parlement algérien.

Mettre au point les modalités de sa mise en oeuvre est l’objectif de son déplacement. «Je voulais montrer que c’était important de venir car l’Union européenne et l’Algérie sont, désormais, dans une nouvelle phase de leurs relations», a-t-elle notamment dit.

Reçue au cours de cette visite par le ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Bedjaoui, puis par le chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia et par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, elle a estimé qu’il existe des convictions partagées et une large convergence de points de vues sur bien des questions et les priorités dans la concrétisation de l’accord. Les autorités algériennes lui ont soumis un plan d’action dans cette perspective qui sera discuté à Bruxelles, comprenant des propositions de mise en oeuvre de l’accord. Mme Benita considère qu’il faut tirer le maximum du potentiel et c’est à la portée des partenaires, au regard du bon climat de dialogue instauré par les deux parties. Les projets de coopération s’articulent autour de trois grands axes. Elle citera les réformes économiques et sociales que l’UE est disposée à soutenir, la migration, ainsi que le volet relatif à la lutte contre le terrorisme.

Les secteurs des transports, l’énergie, l’éducation, la recherche scientifique... seront les domaines de coopération ciblés dans un second temps. Trois sous-comités ont été mis en place qui auront à s’occuper du suivi des questions de coopération qui intègrent les aspects relatifs aux Droits de l’homme, l’Etat de droit, la participation de la société civile, expliquera la conférencière.

Les deux parties ont décidé, d’autre part, d’organiser un forum des investisseurs algériens et européens qui aura lieu à Alger. La commissaire a estimé que la situation a beaucoup évolué en Algérie depuis sa première visite en 1998, en tant que vice-ministre et secrétaire d’Etat de son pays, l’Autriche. «Je vois que l’Algérie est d’une toute autre allure. Elle est sur une très bonne voie». Elle a retenu qu’un ambitieux programme de développement (programme quinquennal de soutien à la relance), qu’elle a qualifié de plan Marshal, est en train de se mettre en place. Et «pour lequel l’UE est disposée à apporter toute l’assistance technique». En réponse à une question sur le bilan du processus de Barcelone, la conférencière expliquera qu’à l’occasion du 10e anniversaire de ce processus, une rencontre aura lieu en Espagne, entre les pays des deux rives de la Méditerranée pour faire le point sur l’expérience. 3 milliards d’euros ont été dépensés depuis le lancement du processus, même s’il est admis qu’il n’a pas atteint tous ses objectifs. Mais le plus important aura été d’instituer un dialogue régulier qui a permis de nourrir un climat de confiance. Au sujet de la circulation des personnes, Benita a admis le caractère sensible de la question et de la demande à faciliter l’accès à certains groupes, comme les étudiants, les investisseurs, dans l’UE mais il pose aussi un problème sous-jacent, celui de l’émigration clandestine qu’il faut traiter pour équilibrer, a-t-elle préconisé.

Au sujet de la question sahraouie, elle a estimé que la position de l’Union est inchangée: le dossier doit être traité dans le cadre des Nations unies.

Omar Sadki

   
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