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Zone de libre commerce sans échanges
de personnes
Par Amine Echikr, La Tribune, Lundi 18 Juillet 2005
Le processus de Barcelone va sur sa dixième année et le bilan qui en est fait n’est pas très reluisant. Les pays du Sud ont adapté leur législation. Ils ont fait des efforts pour s’adapter à ce qui est appelé l’économie de marché malgré la faiblesse de leurs PIB et de leurs revenus. L’objectif était noble : faire de la Méditerranée un lac de paix et de prospérité. Mais depuis que l’Union européenne a décidé de s’élargir à l’Est, le développement du Sud n’est plus une priorité majeure. Les seuls aspects mis en avant par les partenaires du Nord relèvent de la création de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne, l’immigration et les aspects sécuritaires. Si pour la zone de libre-échange les objectifs sont clairs et définis, pour la libre circulation des personnes, c’est une autre histoire.
L’espace euro-méditerranéen qui verra le jour dans les années à venir sera plus clément pour les biens et services que pour les personnes. La zone de libre-échange sera un hypermarché. Un des plus grands marchés du monde après la Chine et l’Inde. La prospérité sera là. Mais on ne sait pas encore si les citoyens du sud de la Méditerranée en profiteront.
Les interdits se multiplient et les rapports de force sont en défaveur des pays du Sud. Le traitement qui a été réservé à la demande d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est révélateur, en ces temps de terrorisme, du peu d’entrain que mettront les «Nordistes» à permettre une réelle intégration des citoyens du Sud.
La grand-messe qui se tiendra à l’occasion du dixième anniversaire sera peut-être l’occasion pour les pays du Sud de démontrer aux pays du Nord qu’ils peuvent regarder à l’Est mais sans les mépriser.
La libre circulation des marchandises ou des services ne pouvant se faire que dans un seul sens. D’ailleurs pour pouvoir signer des contrats, il faudra bien que les hommes d’affaires se rencontrent.
Un vrai espace de prospérité est possible à condition que le respect mutuel et l’avenir commun soient une réalité pour tous. Que l’on soit au nord et à l’est de l’Europe ou sur la rive Sud de la Méditerranée.
A. E.
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