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«L’ACCORD D’ASSOCIATION ALGERIE-UE PEUT ETRE DEVELOPPE» La face cachée de la politique européenne de voisinageLe Quotidien d'Oran, 17 février 2005 La Commission européenne veut que «l’Algérie accélère la mise en oeuvre et développe l’accord d’association» signé, il y a deux ans avec l’UE. Et le gouvernement a «la volonté, l’occasion et le temps» pour le faire, selon le responsable de l’unité Maghreb de la CE, Leonello Garbici. Et il est, justement, depuis mardi à Alger, pour rencontrer économistes, spécialistes et autorités, notamment les AE, pour faire la promotion de ce qui permettra à l’Algérie d’aller dans ce sens. La formule peut paraître simple. Elle a été «concoctée» par la commission pour spécialement les pays de la rive sud de la Méditerranée et s’appelle la Politique européenne de voisinage, (PEV). «L’envoyé spécial» de la CE qui est en Algérie «pour donner le coup d’envoi des consultations autour de la PEV», disait, hier, Lucio Guerrato lors d’une rencontre avec la presse, a expliqué que l’objectif de l’UE à travers cette politique est «de renforcer les relations avec ses partenaires et tout le processus de Barcelone dans son volet bilatéral». «Concrètement», les pays intéressés par «ce produit» entament une série de consultations et de discussions avec des représentants de la commission. Des pourparlers qui sont censés déboucher sur l’élaboration d’une sorte de «plan d’action» ou «menu». Les deux parties s’y entendent sur des programmes d’assistance ou autres projets à réaliser et qui bénéficieraient du soutien financier de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de programmes comme ceux du Meda, explique l’ambassadeur de la CE à Alger. Selon Guerrato, contrairement à ces derniers, les consultations se passent à une échelle supérieure, les projets sont arrêtés dans un cadre de confrontation des avis des uns et des autres et le soutien est davantage orienté vers les programmes prioritaires des pays. La politique européenne de voisinage, résume le responsable de l’unité Maghreb de la commission, «focalise sur des domaines précis et qui constituent les priorités de chaque pays». Elle offre, de ce fait, ajoute-il, «une meilleure flexibilité» dans l’élaboration des projets de coopération. L’UE veut conclure «le plan d’action» avant la fin de l’année en cours et la Commission rassure que la PEV sera dotée d’importants moyens financiers. D’ailleurs, les pays de l’Union sont, d’ores et déjà, appelés à mettre la main à la poche pour «augmenter d’une manière substantielle le budget des relations extérieures». Ce projet qui semble tenir tant à coeur les pays de la rive nord de la Méditerranée suscite pourtant des appréhensions. Du côté algérien et en attendant de connaître la position officielle des autorités, l’on ne semble pas, à première vue, trop s’en préoccuper. Quant aux spécialistes et experts, ils s’en méfient carrément. Pour eux, «la politique européenne de voisinage a un seul et unique objectif: celui d’obtenir une plus grande ouverture des économies des pays de la rive sud». Et la PEV, indique-t-on, n’est qu’un «subterfuge qui permettra à la l’UE de séduire». «Les choses ne sont pas aussi simples qu’on veuille le faire croire», estiment nos sources. En tous les cas, indique-t-on, «il n’y a pas lieu de parler de l’accélération de la mise en oeuvre de l’accord d’association car celle-ci doit se faire selon un calendrier préétabli que l’Algérie est d’ailleurs tenu de respecter». Mais, pour «l’envoyé spécial» de la commission, cet accord «n’est pas rigide». Par conséquent, «plusieurs de ses volets peuvent être développés». Du coup, «on passe de l’objectif de renforcer le dialogue et la coopération bilatérale à celui de développer l’accord d’association», commentent nos sources. Il est utile de signaler que celui-ci a été ratifié par tous les parlements des pays de l’UE, mis à part celui des Pays-Bas. Un rythme plus que satisfaisant, selon Lucio Guerrato. Ghania Amriout |
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