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Dialogue euro-maghrébin : Réunion des 5+5 mercredi prochain à Alger par Zouaoui Mouloud , Le Jeune Indépendant, 13 septembre 2004 Les dix pays de la rive occidentale de la Méditerranée se réuniront mercredi et jeudi prochains à Alger, dans le cadre du dialogue euro-maghrébin dit des «5+5», pour se pencher sur le dossier du mouvement migratoire, notamment l’immigration clandestine vers l’Europe, a indiqué hier le ministère des Affaires étrangères. La réunion intervient dans le sillage de la rencontre, en juillet dernier à Alger, des experts des dix pays : l’Algérie, l’Espagne, la France, l’Italie, la Libye, Malte, le Maroc, la Mauritanie, le Portugal et la Tunisie. Cette réunion vise, selon des sources proches du ministère des Affaires étrangères, le renforcement du dialogue déjà initié sur ce dossier lors de la réunion tenue en 2003 au Maroc. A l’issue de cette dernière, un plan de suivi a été adopté, destiné à améliorer la coordination et à identifier les actions appropriées qui répondent à la complexité des tendances migratoires dans la région de la Méditerranée occidentale. L’immigration clandestine constitue un casse-tête pour les pays européens, notamment l’Italie et l’Espagne, confrontées à un afflux massif d’immigrés d’Afrique et du Maghreb. Depuis le premier septembre, plus de 1 300 immigrants clandestins ont été arrêtés en Italie et au Maroc. Hier, quelque 850 immigrants ont débarqué sur l’île de Lampedusa, dans le sud de l’Italie, à bord de deux embarcations. Les dix pays avaient mis en place lors de la réunion ministérielle de Rabat en 2003 un plan d’action de lutte contre l’immigration illégale mais avaient aussi prévu une politique équilibrée de l’intégration des émigrés. Les chefs d’Etat euro-maghrébins du forum des 5+5 avaient préconisé une «approche globale» des problèmes migratoires lors de leur premier sommet qui s’était tenu en décembre 2002 à Tunis. Les pays développés, qui tentent de réduire ou d’arrêter le flux migratoire, ont toutefois plaidé pour une immigration de qualité qui répond à leurs besoins économiques et qui comble, au demeurant, leurs déficits démographiques, selon l’Organisation internationale du travail. Le «dialogue 5+5» est un forum informel inauguré en 1991 et réactivé en 2001 lors d’une réunion à Lisbonne au Portugal. La première réunion ministérielle de ce forum s’était tenue à Tunis en octobre 2002 et a été également consacrée à la migration, la lutte contre le terrorisme et la sécurité en Méditerranée occidentale. Toutefois, la réunion qui s’était tenue à Rome en décembre 1990, suite à une initiative française, avait esquissé une ébauche du dialogue actuel entre les pays de la rive occidentale de la Méditerranée. Ce rassemblement aspire, selon ses promoteurs, à renforcer et à enrichir le dialogue politique, économique et culturel entre les deux rives de la Méditerranée. Z. M. REUNION EURO-MAGHREBINE A ALGER L’immigration clandestine et le reste Le Quotidien d'Oran, 13 septembre 2004 Les pays riverains de la Méditerranée participant au dialogue euro-maghrébin «5+5» se réuniront les 15 et 16 septembre prochains à Alger. Au menu des discussions, les problèmes migratoires et l’immigration clandestine vers l’Europe. C’est ce qu’indique une source du ministère des Affaires étrangères. Plusieurs délégations, ajoute la même source, seront conduites par des ministres des pays concernés: la Tunisie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie, côté maghrébin, et la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et Malte, côté européen. Pendant deux jours, ces pays débattront d’un point d’actualité, certes - dans la nuit du samedi à dimanche dernier, quelque 650 immigrants clandestins ont débarqué sur l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie -, mais également d’un dossier parmi les plus discutés lors du dernier sommet qui s’est tenu à Tunis en décembre 2003. La réunion d’Alger, apprend-on de source diplomatique, a mobilisé depuis juillet dernier une équipe d’experts dont les analyses accumulées depuis l’été dernier serviront de base de travail aux délégations. Que faut-il en penser ? Premier constat: les 5+5 sont sollicités plus que de coutume, et en dépit du peu d’importance que certains observateurs lui accordent en matière de dialogue euro-méditerranéen. On suppose à ce propos que, pressés par les dossiers de sécurité tels que celui de l’immigration clandestine, les parties européennes des 5+5 souhaitent tester le cadre qui leur est offert pour convaincre leurs interlocuteurs maghrébins de la nécessité d’une lutte commune contre ce phénomène. Depuis moins d’un mois, rappelle-t-on, l’Italie multiplie les appels à Tripoli et demande aux autorités libyennes de prendre des mesures contre les passeurs d’immigrants clandestins. Durant la première semaine de septembre, 621 candidats à l’émigration vers l’Europe avaient été arrêtés au Maroc, selon les autorités de ce pays. Il est donc sûr que les Européens réitéreront à nouveau leur souhait de voir les Etats maghrébins davantage engagés dans cette lutte. Néanmoins, les débats risquent d’être très délicats, car les pays du Maghreb sont eux-mêmes une source d’immigration mais aussi parce qu’ils craignent d’être relégués dans un rôle de police. C’est pour cette raison que leur conception consiste pour l’instant - c’est le cas de l’Algérie - à considérer que la répression seule ne suffit pas et qu’il faut l’accompagner par une coopération et un partenariat économique efficace. Un tel point de vue sera-t-il entendu ? Il doit l’être, a déclaré il y a quelques jours, lors de son passage à Alger, le président du gouvernement catalan, Pascual Maragall I Mira. A Tunis, par ailleurs, la déclaration finale du sommet des 5+5 avait appelé au renforcement des relations des deux rives de la Méditerranée pour «un partenariat global solidaire et équilibré fondé sur les principes de bon voisinage, de respect mutuel et de confiance réciproque». Tout y est dit pour celui qui comprend... Certains signes sont en outre encourageants. Ils concernent entre autres la délégation française. Celle-ci sera dirigée non pas par le ministre de l’Intérieur (Dominique de Villepin fera peut-être le voyage), mais par le ministre des Affaires sociales, Jean-Louis Borlo. Kader Hannachi
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