ENTREE EN VIGUEUR DE L’ACCORD D’ASSOCIATION LE 1ER SEPTEMBRE

La douane s’outille pour la libre circulation des marchandises

Le Quotidien d'Oran, 27 juillet 2005

Le directeur général des douanes, M. Sid Ali Lebib, est aux antipodes des thèses qui noircissent les perspectives de l’économie algérienne après l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne, le 1er septembre.

Il a estimé hier lors d’un séminaire organisé au siège de la direction générale de l’institution qu’il dirige que l’accord en question était de nature à stimuler les exportations algériennes vers l’Europe.

Son argument principal est que l’élimination immédiate des droits et taxes douaniers sur les matières premières, que l’application de l’accord suppose, augmentera les capacités de l’entreprise algérienne. Pour l’exportation en aval, les produits agricoles et de pêche (réduction de 100% de taxes) peuvent être, à ses yeux, très compétitifs sur le marché européen en raison de leur qualité naturelle et de leur coût de production. Il a situé dans le camp des entreprises nationales le challenge de la bataille pour la qualité, convaincu que la demande du produit algérien existe sur le marché européen. Mais le propos du jour est plutôt centré sur la préparation de la douane à affronter la nouvelle épreuve de la libre circulation des marchandises.

Et pour cause ! «L’élimination des droits de douane sur plus de 60% des échanges extérieurs ne manquera pas d’influencer le mode de fonctionnement et de gestion de l’institution douanière». Les services de la douane sont interpellés, au premier chef, sur tous les aspects économiques induits par le flux et reflux des marchandises. Sid Ali Lebib a cité notamment les questions des préférences tarifaires, la gestion des contingents et les règles d’origine.

Il expliquera que l’adaptation de ses services aux enjeux que déroule l’application du traité consiste en la prise en charge des aspects douaniers par le système informatique de la douane (SIGAD). «C’est, pour nous, le meilleur gage d’efficacité et de transparence dans la mise en oeuvre de cet accord», a-t-il commenté. Le logiciel mis en place, à cet effet, intégrant tous les produits éligibles au bénéfice des avantages de l’exonération des droits et taxes, aura son impact concomitant sur la lutte contre les tentatives de fraude sur la qualité et l’origine du produit qui accède sur le marché national, et inversement.

Les échanges électroniques entre les douanes algériennes et celles des 25 pays de l’UE, prévus à partir de 2006, et l’application des normes imposées dans la certification d’origine des marchandises compléteront la parade. Il est attendu que l’évolution ainsi projetée touchera les formes et modes opératoires de la fraude. «Nous nous attendons à ce qu’il y ait, par exemple, moins de minorations de valeur et des tentatives de fausses déclarations sur l’origine des marchandises», note le DG de la douane qui s’estime encouragé par les hautes autorités du pays dans la bataille de l’assainissement économique dans le compartiment qui implique son champ de compétence. M. Lebib a indiqué que la préparation des douanes s’est également développée sur l’axe de la formation des personnels, notamment des agents chargés de la gestion des dispositions de l’accord ou du contrôle de leur bonne application.

Plus prosaïquement, le patron des douanes algériennes considère que l’accord d’association ne se limite pas seulement à l’objectif de création d’une zone de libre-échange mais constitue «avant tout un accord politique et géostratégique global découlant de ce qui est communément appelé la politique de bon voisinage entre les deux rives de la Méditerranée». La preuve ? Elle est dans le fait que la partie de l’accord qui régit la politique de libre-échange ne concerne qu’un titre (le numéro 2) sur un total de neuf portant sur la circulation des marchandises.

Omar Sadki

   
www.algeria-watch.org