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à la demande d’Alger Le Conseil d’association avec l’UE reportéLe Quotidien d'Oran, 21 mars 2006 L’Algérie a demandé le report de la première réunion du Conseil d’association Union européenne-Algérie la concernant en raison de son ordre du jour qui lui a été présenté et qu’elle a jugé quelque peu léger et inadapté aux règles protocolaires. Prévue pour aujourd’hui, la première réunion du Conseil d’association Union européenne-Algérie n’aura pas lieu comme prévu à Bruxelles et ce, à la demande d’Alger. «J’ai pris note de votre souhait de reporter le Conseil d’association UE- Algérie à une date ultérieure afin que toutes les conditions nécessaires au succès de notre première session soient réunies», écrit Benita Ferrero-Waldner au ministre des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui dans une lettre datée du 17 mars dernier. Le commissaire aux Affaires extérieures, membre de la Commission européenne déclare partager avec les responsables algériens «le souci que cet événement important dans la relance de nos relations bilatérales reçoive toute l’attention et le soin nécessaire quant à sa préparation». Benita Ferrero-Waldner s’engage personnellement à corriger «les manquements» en affirmant: «Je vous assure de mon engagement personnel à tout mettre en oeuvre pour que notre prochain rendez-vous soit un succès quant aux aspects préparatoires qui relèvent de la compétence de la commission». Elle souligne qu’elle a même «donné instruction à mes services de vous offrir toute la coopération nécessaire sur les points qui sont actuellement en discussion: règlement intérieur, protocole d’adaptation, liste des sous-comités et leurs termes de référence et agendas de travail». Ferrero évoque ainsi les points qui ont froissé les responsables algériens et qui les ont poussés à demander le report de la première réunion du Conseil. Qualifié d’organe principal d’une «extrême importance» pour la mise en oeuvre de l’accord d’association, le Conseil a capoté avant même qu’il ne se constitue. Alger avait insisté pour qu’il se tienne sous la présidence britannique mais celle-ci a préféré mettre la demande algérienne de côté pour se consacrer à des événements internationaux plus importants. Une fois le principe de sa tenue acquis sous la présidence autrichienne, l’Algérie a remarqué que la Commission européenne n’avait, à quelques jours de sa tenue, préparé aucun document de ceux auxquels a fait référence le commissaire aux Affaires extérieures. L’on estime ainsi à Alger qu’une série de travaux à cet effet «n’a pas été conduite de la manière la plus adéquate» et qu’en fait le Conseil affichait un manque de préparation flagrant. Le niveau de représentation de ce Conseil n’a pas été non plus du goût des responsables algériens. Cette représentation, faut-il le noter, est classique pour tous les accords d’association de l’Union européenne. Conformément aux textes institutionnels et réglementaires de l’UE, le Conseil d’association doit être constitué de la troïka européenne - qui est composée de la présidence actuelle de l’UE, celle passée et celle à venir -, du secrétaire général du Conseil de l’UE, Javier Solana, et du commissaire aux Affaires extérieures, membre de la Commission européenne, Benita Ferrero-Waldner. Le programme de travail et l’ordre du jour de ce Conseil le sont tout autant classiques, c’est-à-dire les mêmes pour tous les accords d’association. L’on croit savoir qu’aucun de ces aspects n’a été comme il se devait de l’être au niveau de la Commission européenne. Ce couac - et c’en est un - entre Alger et Bruxelles intervient au moment où la première a demandé à la seconde d’honorer les engagements qu’elle a pris pour soutenir son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce. L’on sait que la demande exprimée par Mohamed Bedjaoui mais aussi plus tard par le chef du gouvernement en personne lors de sa récente visite à Bruxelles est conforme à l’engagement unilatéral, à savoir l’aider à conclure son adhésion à l’OMC, qu’a pris et rattaché l’UE à l’accord d’association signé par l’Algérie. Il est clair que ce soutien de l’UE n’est pas gratuit mais il répond à une disponibilité de l’Algérie de lui accorder un plus par rapport aux autres pays membres de l’OMC. Elle s’est en effet engagée en contrepartie à la faire bénéficier de plus concessions que celles qu’elle se devra d’accorder aux autres pays membres. C’est ce qui est appelé en jargon diplomatique OMC plus un «acquis» que l’UE a négocié avec la conclusion de l’accord d’association. Ceci sans compter que l’UE n’a toujours pas levé la directive Gaz qui empêche l’Algérie de vendre ses hydrocarbures à partir des pays européens. Alger reste cependant optimiste à ce sujet parce qu’elle estime que la levée de cette directive cadrera avec le partenariat stratégique que l’UE tient à instaurer notamment avec les pays producteurs d’énergie. En attendant, Alger pense qu’il y a de grandes chances de programmer la réunion reportée d’ici à la fin juin, c’est-à-dire avant la fin de la présidence autrichienne appelée à céder la place à cette période à la Finlande. Ghania Oukazi |
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