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L’Accord d’association Algérie-UE, c’est parti Les viandes, le sucre, les céréales... moins chers?Le Quotidien d'Oran, 1 septembre 2005 L’accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie est entré en application. Une première vague de produits (matières premières, produits semi-finis) est désormais exemptée de droits de douane; une autre liste de produits est soumise à des droits de douane réduits. C’est le début d’un processus de démantèlement des barrières douanières qui devrait permettre, en 2017, la mise en place d’une zone de libre-échange entre l’Algérie et l’Europe. Les douanes vont être aux premières loges. Elles devront vérifier les certifications (Eur1) des produits importés et appliquer le principe du premier arrivé, premier servi (FIFO) pour les produits soumis à des contingents. Les services des douanes souvent décriés ne vont pas avoir moins de travail, ni moins de «pouvoir» avec l’entrée en vigueur de cet accord. On peut même dire que c’est de la qualité et, osons-le, de la probité du travail des services douaniers que dépendra l’effet mise en concurrence et amélioration de la qualité des produits escomptés par la mise en oeuvre de l’accord. Avant même l’entrée en vigueur de l’accord, on a beaucoup parlé de sucre. Et pour cause un contingent de 150.000 tonnes de sucre est totalement exonéré de droits de douane et l’on suppute -si ce n’est déjà fait pour les initiés- que cela va susciter un rush chez les importateurs. D’où les cris d’effroi du syndicat d’Enasucre qui parle de risque «d’effondrement» de l’entreprise et des critiques amères d’Issad Rebrab, patron de Cevital. Les derniers jours d’avant le jour «j» ont été ceux d’une bataille d’arguments autour des avantages et des inconvénients de l’accord. Un des éléments «inattendus» a été de découvrir que les démantèlements tarifaires ne concernent pas que les matières premières et produits semi-finis. Les mesures touchent également les viandes, les laits en poudre, les huiles, le sucre, les céréales, le blé, le riz. Le secteur de l’agro-alimentaire se retrouve ainsi mis dans la situation d’avoir à affronter une concurrence rude que des pessimistes jugent perdue d’avance du fait que la mise à niveau des entreprises ne s’est pas faite. Curieusement, un débat qui n’a pas eu lieu au moment de la présentation de l’accord pour adoption par les deux chambres du parlement, s’est enclenché à l’approche du jour «j». Entre ceux qui broient du noir et ceux qui ne voient que des avantages dans l’accord. Les citoyens, à qui l’on promet des produits européens de qualité à moindre prix, ne savent que penser de l’accord. A leur décharge et de l’aveu même du président du comité de suivi technique mis en place dernièrement, même chez les opérateurs, les premiers concernés, il règne une grande «confusion». Pour le gouvernement et les partisans de l’accord, les choses sont claires. L’Algérie frappe aux portes de l’OMC et elle a fait le choix de s’intégrer à l’économie mondiale. L’entrée en vigueur de l’accord d’association met fin aux tergiversations et contraint les entrepreneurs à accomplir la mise à niveau technique et managériale. Ils font remarquer que le 1er septembre n’est pas la fin mais le début d’un processus étalé sur douze ans, ce qui donne suffisamment de temps aux entreprises de s’adapter, d’amortir le choc et de défendre leurs positions. L’accord permet un meilleur accès au marché européen pour les entreprises qui devraient trouver leur compte dans la capacité qu’elles ont d’importer les produits industriels en franchise totale. Les coûts des intrants et des équipements importés baissent, ce qui constitue un atout pour les entreprises afin améliorer leur compétitivité. L’ouverture devrait aussi permettre une plus grande attractivité pour l’investissement direct étranger et globalement, elle est en faveur du consommateur qui ne sera plus contraint à se rabattre sur les produits asiatiques. Hier, dans les colonnes d’»El-Khabar», l’ambassadeur de l’Union européenne a estimé que les inquiétudes étaient exagérées et que l’accord d’association permettra aux entreprises algériennes de s’intégrer à l’économie européenne et de se mettre aux normes internationales. Le «statu quo» n’est pas une solution pour l’économie algérienne, le contexte est bon (aisance financière et stabilité politique) et le vrai problème des entreprises algériennes n’est pas la «rareté des ressources financières mais celui de la compétence» des managers. Ceux qui s’inquiètent et broient du noir n’ignorent pas ces arguments. Mais ils font remarquer que l’ouverture s’est engagée sans que les entreprises algériennes n’aient fait leur mise à niveau. Ils expriment des doutes sur la capacité des entreprises à réaliser cette mise à niveau dans un contexte de concurrence par l’importation qui va les déstabiliser. L’écrasante majorité des entreprises ne produisent pas selon les normes internationales. Acquérir des places dans le marché européen paraît ainsi une projection purement théorique alors qu’en réalité, le rush attendu des importations leur fera perdre une bonne partie du marché interne. Mais ce qui aggrave les choses est que les concessions accordées à la partie européenne sont trop démesurées par rapport à ce qu’y gagne l’Algérie. Les chiffres avancés dans le domaine de l’agro-alimentaire le traduisent clairement et risquent de faire de ce secteur -qui commençait à reprendre du poil de la bête après des années de vaches maigres- la première victime de l’accord d’association. Certains extrapolent, si le secteur industriel a perdu plus de 500.000 emplois en 4 ans dont 78% dans le secteur privé, la mise en oeuvre de l’accord va aggraver la situation de l’outil de production. Mais les dés sont jetés. Le plus regrettable est que l’on ait attendu quelques jours avant l’entrée en vigueur pour enclencher un débat qui ne sert «presque» plus à rien aujourd’hui. M. Saâdoune
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Politique européenne | ||||
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