Bouteflika et l’accord d’association Algérie-Union européenne

S’adapter ou périr

Le Quotidien d'Oran, 2 janvier 2005

Les lenteurs enregistrées dans la mise en place des cadres institutionnels, économiques et sociaux inhérents à la mise en oeuvre de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, dans le cadre du partenariat euroméditerranéen, ont fait réagir Abdelaziz Bouteflika lors du dernier Conseil des ministres de l’année 2004, tenu mercredi.

Et ce alors que les premières clauses de l’accord devraient intervenir courant 2005 avec la suppression des barrières tarifaires sur les matières premières.

Cet accord, signé le 22 avril 2002 à Valence, et qui reste à ratifier par trois Etats européens et par le parlement algérien, prévoit la suppression des barrières de tarification pour les matières premières dès sa ratification par les pays européens et l’Algérie. Chose qui devrait intervenir dans le courant de l’année. Le Conseil des ministres a consacré, d’ailleurs, une large part de ses travaux à une communication sur le processus de ratification de cet accord.

Le chef de l’Etat a appelé le gouvernement et les opérateurs économiques et sociaux à prendre l’élan nécessaire afin de rentabiliser le temps qui reste. Intervenant à l’issue de la communication, Abdelaziz Bouteflika, tout en se félicitant des avancées enregistrées dans le sens de la concrétisation de l’accord, a tenu à mettre l’accent sur la nécessité d’une mobilisation de tous les acteurs économiques et sociaux, et plus particulièrement de l’ensemble des entreprises algériennes, pour réussir le passage de ce premier palier de l’intégration de l’économie algérienne à l’économie mondiale. D’autant, a-t-il ajouté, que dans un monde de plus en plus ouvert, où la compétitivité et la concurrence constituent les leviers les plus importants de la croissance et du développement, il serait illusoire de croire que les barrières douanières peuvent suppléer les insuffisances dans l’organisation et la gestion de l’économie, notamment au niveau des entreprises.

Le président vient, en effet, rappeler aux opérateurs économiques que dans un contexte de globalisation et de mondialisation, ils ne devront le salut de leurs entreprises qu’à leur volonté de les rendre économiquement compétitives face aux sociétés européennes. La mise à niveau de l’économie algérienne est une exigence, rendue inéluctable. Elle commence de fait par les entreprises, donc par les opérateurs. Et, comme pour paraphraser Alvin Toffler, Bouteflika semble délivrer un message unique: «S’adapter ou périr».

D’où l’impératif, selon le chef de l’Etat, que les efforts du gouvernement et des partenaires économiques convergent pour l’instrumentation juridique, les cadres organiques et les mécanismes concourant à réaliser les objectifs de cet accord soient rapidement mis en place de manière à en tirer tous les avantages qu’autorise la disponibilité, en Algérie, d’un potentiel humain et des ressources naturelles, insuffisamment exploités et qui demandent à être mieux rentabilisés. Abdelaziz Bouteflika invitera, dans ce sens, les membres de l’exécutif à renforcer la coordination des interventions sur ce dossier à travers des mécanismes appropriés pour éviter la dispersion dommageable résultant des approches sectorielles insuffisamment mises en synergie. En clair, le président exige une prise en charge globale et intersectorielle de la gestion gouvernementale sur la mise en oeuvre de l’accord d’association et la préparation de l’économie algérienne à la zone de libre-échange euroméditerranéenne. Il les invite également à définir un plan de communication spécifique à l’égard du grand public, des opérateurs économiques et sociaux, qui permettrait de clarifier les grands axes de l’accord et le processus de sa mise en oeuvre.

Samar Smati

 
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