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Evaluation
de la coopération
Au-delà de l’accord Algérie-Union européenne
Le Jeune Indépendant, 6 juin 2009
Tout en prenant acte de la déclaration du Premier ministre écartant
toute éventuelle remise en cause par l’Algérie de
ses engagements économiques internationaux, certains experts continuent
néanmoins de s’interroger sur les retombées réelles
de l’accord d’association signé avec l’Union
européenne, préconisant l’adaptation de quelques-unes
de ses dispositions, tandis que d’autres disent douter de l’utilité de
l’adhésion de l’Algérie à l’UPM
(Union pour la Méditerranée) et à la ZALE (Zone
arabe de libre-échange).
Dans le sillage des questions suggérées autour des avantages
et des inconvénients des relations économiques extérieures,
les observateurs émettent le souhait d’élargir le
débat à la thématique générale d’une
coopération dont chacun sait que la configuration, le fonctionnement
et le cadre juridique sont en train de changer fondamentalement.
L’idée d’un réaménagement de l’accord
d’association signé avec l’UE en 2002 et entré en
vigueur en 2005 est considérée comme constructive en soi
si la démarche appelée à la traduire dans les faits
vise aussi à voir plus clair dans les éléments structurels
et organisationnels de notre coopération.
On soutient également qu’une telle finalité intéresserait
autant les acteurs économiques que l’opinion publique, pour
des raisons et des préoccupations naturellement différentes.
Une mise en conformité de l’accord Algérie-UE, compte
tenu de l’avènement de circonstances nouvelles, reste parfaitement
envisageable au moins à un niveau sectoriel, et ce au regard de
certaines de ses dispositions, en particulier les articles 22,23 et 24
qui prévoient, pour les échanges commerciaux, des mesures
anti dumping et de sauvegarde ainsi que des mécanismes compensatoires.
Ainsi, des mesures de sauvegarde peuvent être instaurées
suite à une augmentation des importations de nature à occasionner
un préjudice à la production nationale. Les options ouvertes
pour une mise en œuvre de ces dispositions dont il faut souligner
l’importance pour un pays qui, comme l’Algérie, reste
fortement dépendant sur le plan commercial extérieur, sont
encadrées par des organes de supervision et de consultation (conseil
de l’association, comité permanent du suivi) chargés
d’établir des bilans périodiques de l’accord.
La référence à ces bilans signifie explicitement
que l’Algérie a toute latitude de soumettre à son
partenaire les propositions dont l’analyse critique de tel ou tel
aspect de l’accord aura établi la nécessité.
Une dynamique de la négociation
Les amendements éventuels des volets économiques et commerciaux
de l’accord avec l’UE dépendent en partie du type
d’initiative que les autorités algériennes voudraient
engager. Mais si les instruments et les modes opératoires existent
pour ce faire, en revanche leur matérialisation sur le terrain
reste tributaire de la perception qu’ils suscitent auprès
des pouvoirs publics.
En d’autres termes, le traitement des demandes de modification
technique de l’accord est censé impliquer activement la
partie algérienne à partir du moment, estime-t-on, où c’est
elle qui viendrait à en exprimer le souhait.
La mise en mouvement d’une telle démarche s’inscrirait
utilement dans une dynamique de la négociation qui prendrait appui
sur une stratégie, une organisation et des moyens.
Plus globalement, l’intérêt pour notre pays pourrait
aussi découler d’une approche interactive des différents
accords de coopération auxquels il est partie.
Quels sont précisément, s’ils existent, les liens
directs et indirects, ainsi que les antagonismes réels ou supposés
entre ces accords, tant dans leurs objectifs formels que dans leur pratique
? Comment positionner les accords dits stratégiques que l’Algérie
a signés avec nombre de pays, par rapport à ses accords
multilatéraux (association, libre-échange, processus d’adhésion à l’OMC… )
?
L’autre point susceptible de susciter l’attention a trait
aux décisions prises par les pays de l’UE dans leurs relations
bilatérales, et dont on sait qu’elles ne doivent pas être
en contradiction avec les directives de l’Union.
Dans ces conditions, on peut s’interroger sur les conséquences
du primat du traité de l’UE sur des intérêts
couverts en principe par les accords bilatéraux de l’Algérie
avec des Etats membres de l’Union.
En définitive, l’Algérie ne gagnerait-elle pas à engager
un travail de remise en ordre dans la présentation de ses accords
pour une meilleure compréhension de leur contenu, de leur portée
et de leurs incidences ?
Une meilleure lisibilité de nos accords n’aurait pas qu’un
but informatif, elle permettrait aux opérateurs et institutions économiques
d’en tirer profit dans leurs tractations commerciales et dans leurs
opérations de mise à niveau.
En général, les accords de coopération économiques
qu’ils soient bi ou multilatéraux comprennent un exposé des
motifs articulé autour de principes généraux et
d’objectifs relativement ambitieux ; ils prévoient dans
leur corpus des concertations régulières et des rapports
d’étape destinés à évaluer leur application
et leur efficience.
L’accord d’association avec l’UE s’inscrit évidemment
dans ce cadre, ce qui autorise à comprendre les réserves
dont il fait l’objet sur le plan technique comme des éclairages
prospectifs pour des prises en charge politiques adéquates.
Lamine Bey Chikhi
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Politique
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