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3e réunion du comité d’association Algérie-UE
La coopération énergétique n’occulte pas la question des visas
Par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 12 mars 2008
L’Algérie ne veut plus se contenter du simple partenariat commercial avec l’Union européenne mais veut étendre ses relations à une coopération «plus large». C’est en substance le message qu’a délivré avant-hier à Bruxelles le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, à l’issue de la 3e réunion du comité d’association Algérie-UE.
Les deux parties ont identifié trois axes stratégiques à concrétiser à court et moyen terme : d’abord le partenariat stratégique énergétique, ensuite la finalisation du soutien de l’UE à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et l’accès
aux technologies nouvelles, et enfin l’amélioration des conditions de voyage des Algériens vers
l’Europe.
Tout d’abord, sur le plan du partenariat énergétique, qui revêt une importance cruciale pour les deux parties, le ministre a déclaré que l’Algérie «attend des partenaires européens une assistance pour aller dans le sens de la préparation de l’après-pétrole, car nous sommes concernés, comme tous les pays, par la promotion des énergies renouvelables». Il a ajouté que «dès le mois d’avril nous commencerons à travailler à ces objectifs». L’Algérie et l’UE sont en discussion pour la conclusion d’un mémorandum d’entente dans le domaine énergétique. La commissaire européenne aux relations extérieures, Mme Benita Ferrero Waldner, a affirmé qu’«en dehors de la question des approvisionnements gaziers, il y a matière à travailler ensemble au développement de la production et de l’utilisation de l’énergie solaire, ainsi qu’aux échanges en matière de technologie propre».
S’agissant par ailleurs de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, M. Medelci a estimé que «le dossier avance». Il espère qu’il sera finalisé au cours de l’année 2008. Quelques problèmes persistent, mais dans la majorité des cas des solutions sont à notre portée», a-t-il dit. Mme Waldner a, dans ce cadre, insisté sur l’importance des réformes économiques, affirmant qu’«il est essentiel d’assister l’Algérie dans ses avancées vers une économie de marché compétitive, ce qui implique la mise à niveau de ses entreprises, la réforme du secteur bancaire, la promotion de l’investissement national et étranger et l’amélioration de la compétitivité de l’économie». Elle a aussi souligné qu’il est possible «d’envisager un certain nombre d’actions concrètes pour aider l’Algérie à diversifier ses exportations, à moderniser ses services douaniers, ou encore à poursuivre son programme de privatisation».
Pas de facilitations sur les visas sans respect des accords de réadmission
C’est probablement sur l’épineux problème de la circulation des personnes que l’Algérie et l’UE ont encore du chemin à parcourir. D’ailleurs, à ce sujet, le chef de la diplomatie algérienne a estimé que la question de l’octroi des visas dans des conditions dignes et dans des délais raisonnables, a «évolué de façon insuffisante». Pour lui, les deux parties ne sont pas encore parvenues à «mener de pair la démarche économique avec la démarche humaine». Elle sont à la recherche de «cette cohérence». Selon M. Medelci, le partenaire européen souhaite, en échange de la facilitation de l’octroi des visas, obtenir en retour que les accords de réadmission fonctionnent. Pour l’heure, «ils fonctionnent de façon tout à fait satisfaisante, ce qui ne nous empêche pas de les améliorer», a-t-il dit. La commissaire européenne a, de son côté, affirmé que la gestion efficace des flux migratoires doit inclure «une coopération plus active en matière de migration légale et un dialogue sur le retour et la réadmission dans la perspective de conclure un accord de réadmission».
Mme Waldner a enfin insisté sur la nécessité de «faire de la prévention et de la lutte contre le terrorisme un de nos objectifs prioritaires à travers l’échange d’informations et d’expertise». S. B.
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Politique européenne
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