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Les premiers groupes de rapatriés sont arrivés, hier, à Alger Les Algériens du Liban témoignentSamia Lokmane, Liberté, 19 juillet 2006 Pour ces premiers rapatriés, c’est clair, ils ont échappé à une mort quasi certaine. Rencontrés hier à l’aéroport d’Alger, ces ressortissants installés au Liban ou simples touristes étaient unanimes à qualifier la situation au pays du Cèdre de catastrophique. D’autres Algériens, tributaires d’un passage hypothétique en Syrie, sont attendus dans les prochaines heures. Hier, à l’aéroport Houari Boumediene, l’émotion, à l’heure des retrouvailles avec leurs proches venus les attendre depuis des heures, était à son paroxysme. En ce mardi 18 juillet, le hall 2 du pavillon des arrivées de la nouvelle aérogare d’Alger est dans une ambiance fébrile. Derrière la barrière faisant face à la sortie de la zone sous-douane, des individus, seuls ou en famille, scrutent l’apparition de leurs proches. Dans le comité d’accueil, des visages anxieux et blêmes contrastent avec d’autres mines joyeuses. Il est 12h 35, le vol d’Air Algérie en provenance de Djeddah, et ayant fait escale à Damas, vient d’atterrir. Dans la foule des pèlerins traînant nonchalamment, des chariots remplis à ras bord, d’autres voyageurs pressés sont en quête d’un regard familier. Farida, en pleurs, s’écroule dans les bras de ses sœurs, puis de sa mère qui la tapote tendrement pour vérifier qu’elle est saine et sauve. “Nous avons traversé le Liban sous les bombes”, confie-elle entre deux embrassades. Cadre dans une entreprise, Farida vit au pays du Cèdre depuis onze ans. De son mariage avec un ressortissant libanais, sont nés deux enfants. Les petits, pas plus hauts que trois pommes, sont exténués par leur longue traversée. À Beyrouth où elle a dû abandonner son époux et sa maison il y a deux jours, Farida a légué son sort et celui de sa progéniture à un chauffeur de taxi qui les a conduits jusqu’à Baâlabek au Sud, puis à Damas. Le voyage en voiture a coûté 600 dollars. Elle a dû verser 1 200 dollars supplémentaires pour l’achat des billets d’avion. “Pour les billets, il a fallu que je sollicite l’ambassade algérienne à Damas car à l’agence d’Air Algérie, on m’a appris que les vols sont complets. Ce matin, les rapatriés devaient prendre le même bus pour l’aéroport, mais personne ne nous a attendus. J’ai dû prendre un taxi”, raconte la rescapée. Elle assure que beaucoup de compatriotes se sont débrouillés seuls pour fuir le Liban et rallier Alger. “À l’ambassade d’Algérie à Beyrouth, on s’est contenté de nous demander de rester enfermés chez nous. Des membres de la communauté ont été contactés et priés de rejoindre l’ambassade pour être rapatriés et d’autres non. Certains ont dû faire jouer leurs connaissances”, révèle encore Farida, accusatrice. Aucun dispositif spécial à l’aéroport d’Alger n’est mis en place pour accueillir les rapatriés. Un second vol de la compagnie syrienne était attendu hier dans la soirée. “Beaucoup d’Algériens sont encore bloqués au Liban. Les autres arrivés en Syrie sont tributaires des dessertes aériennes”, relate Ali. Samia Lokmane |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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