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Conférence
débat
La « Françalgérie », tabou de la République
française
À l’initiative du député Vert, Noël
Mamère et des Éditions La Découverte
Avec le soutien de : AIRCRIGE, Algeria-Watch, Cedetim, Survie
Le lundi 28 juin,
de 14 heures à 18
heures
À
l’Assemblée nationale
126, rue de l’Université, 75007 Paris
Salle 6217
(se présenter avec une pièce d’identité) Merci de confirmer
impérativement votre présence
avant le 24 juin à
mailto:p.iltis@editionsladecouverte.com
Tél : 01 44 08 84 21
1) La « Françalgérie », un tabou au cœur
de la République
- Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, journalistes, auteurs de
Françalgérie,
crimes et mensonges d’État.
- Hocine Aït-Ahmed, président du FFS.
- Omar Benderra, économiste.
- Nicole Chevillard, journaliste (Risques internationaux).
2) Raison d’État ou complicité de crimes ?
- Noël Mamère.
- Véronique Nahoum-Grappe (sociologue, AIRCRIGE, Association internationale
de recherches sur les crimes contre l’humanité et les génocides).
- Mehdi Ba (Éditions des Arènes).
- François-Xavier Verschave (Survie).
- Paul Moreira (journaliste, co-initiateur de l’Appel pour créer
un mécanisme de contre-pouvoir citoyen qui offre un accès
plus libre à l’information).
La « Françalgérie », tabou de la République
française Publié en avril 2004 à La Découverte, le livre des
journalistes Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie,
crimes et mensonges d’État, se propose de « démonter
les rouages de l’extraordinaire machine de mort et de désinformation
conçue par les généraux algériens depuis
1992, et les complicités dont ils ont bénéficié en
France, pour cacher à l’opinion publique occidentale le
seul but de la guerre qu’ils mènent contre leur propre peuple
: se maintenir au pouvoir à tout prix, pour conserver les milliards
de dollars de la “corruption pétrolière” ».
Ce livre, très précisément documenté, comporte
de graves mises en cause des gouvernements français depuis 1992.
Il établit notamment que ceux-ci ont été informés
que les assassinats de ressortissants français en Algérie
attribués aux islamistes du GIA (cinq gendarmes et fonctionnaires à Alger
en août 1994, les Pères blancs de Tizi-Ouzou en décembre
1994, sept moines trappistes de Tibhirine en mai 1996, pour ne citer
que les cas les plus notoires) ont en fait été perpétrés à l’initiative
des services secrets de l’armée algérienne, le
DRS ; or Paris n’a pris l’initiative d’aucune instruction
judiciaire sur ces crimes. De même, les auteurs expliquent que
les attentats de Paris en 1995, qui ont fait dix morts et deux cents
blessés, également attribués aux GIA, ont en réalité été organisés
par le DRS, fait que les autorités françaises ont très
vite appris, mais qu’elles ont toujours gardé secret depuis
lors. Plus grave encore, les auteurs montrent que certaines fractions
de la classe politique française ont joué un rôle
décisif dans le soutien aux généraux « éradicateurs » algériens,
toujours en poste à ce jour et responsables de terribles violations
des droits de l’homme qui relèvent du crime contre l’humanité.
Toutes ces révélations, confirmant et précisant
d’autres apparues ces dernières années, n’ont
pourtant suscité aucune réaction officielle. Ou faut-il
voir une « réaction officielle » dans les visites
de ministres du gouvernement qui se succèdent à Alger
depuis le soutien ostensible apporté par le président
Jacques Chirac au président algérien Abdelaziz Bouteflika,
suite à sa
récente et controversée réélection ?
Pourquoi ce soutien constant à un régime aussi sanguinaire,
notoirement corrompu et qui enfonce son peuple dans la misère
alors que les pétrodollars affluent par milliards ? Pourquoi
le silence et l’omerta face aux révélations qui
en apportent les preuves ? C’est d’abord à ces
questions que s’efforceront de répondre les auteurs de
Françalgérie,
crimes et mensonges d’État et les intervenants à la
conférence-débat organisée à l’Assemblée
nationale, le 28 juin 2004, à l’initiative du député Vert
Noël Mamère, par les Éditions La Découverte.
Mais le cas de la « Françalgérie » — définie
par Aggoun et Rivoire comme « cette puissante intrication des réseaux
de corruption algériens et d’une partie de l’establishment
politique et économique français », dont le cœur
est « la collaboration, pour ne pas dire l’osmose, entre
les services secrets des deux pays » — est malheureu-sement
loin d’être isolé. Et on ne peut comprendre la logique
de la « raison d’État » qui prétend la
justifier sans la mettre en rapport avec ces autres « raisons d’État » qui
ont conduit la France, au nom de sa « grandeur », d’une
histoire coloniale mal assu-mée, de la compétition avec
les « grandes puissances » ou d’intérêts
bien plus sordi-des, à cautionner — voire à se rendre
complice — d’autres crimes effroyables, comme au Rwanda ou
en Bosnie.
Algérie, Rwanda, Bosnie : trois situations bien différentes,
mais où l’on retrouve à l’œuvre les mêmes
mécanismes et, parfois, les mêmes réseaux de l’ombre
au service d’une certaine « France officielle », qui
n’est assurément pas celle des citoyens et de la démocratie.
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