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Les deux plaies de l'Algérie
Pour la visite de Jacques Chirac, les façades ont été ravalées, au sens propre et figuré. Mais des taches demeurent : la répression en Kabylie et la question des disparus.
Compte tenu du dispositif policier, il était impossible aux arouch de profiter du bain de foule pour remettre au président français une lettre sur la situation en Kabylie. Quelques heures avant l'atterrissage de son avion dans la capitale algérienne, 120 délégués des arouch étaient interpellés. Ils devaient se rassembler à la Grande-Poste. Selon des témoignages dignes de foi, la police algérienne a recouru à un procédé inédit jusque-là : le délit de faciès. Ne voyant aucun signe extérieur d'appartenance au mouvement citoyen de Kabylie, les policiers ont interpellé les personnes qui leur paraissaient être des Kabyles. C'est dans une cellule du commissariat de police de Telemly, où ils ont été entassés, que les délégués des arouch ont rédigé un communiqué : « Les Algérois auront remarqué à l'occasion de cette visite, dont le pouvoir mafieux et assassin ne manquera pas de tirer les dividendes politiciens, que la réalité hideuse et malveillante a été soigneusement cachée à la vue (du) président français pour mieux masquer la réalité amère qui est le lot quotidien des citoyens qu'on a voulu essayer de "mobiliser" ». La Kabylie est en révolte larvée contre le pouvoir depuis avril 2001. Le bilan des répressions contre les manifestants pacifiques est de 120 morts, des milliers de blessés handicapés à vie et des arrestations massives. Une commission d'enquête, conduite par le juriste Mohand Issâad, avait conclu à la responsabilité accablante des cercles du pouvoir dans la mort de jeunes manifestants. Mais cette atteinte manifeste aux droits de l'homme reste impunie. Seconde plaie d'Algérie : les disparus. Depuis le début des violences en 1991, des milliers de personnes ont disparu. Pendant longtemps, les autorités algériennes ont imposé le silence sur la question et ont empêché toute lumière sur ces disparitions. Depuis deux ans, les parents de disparus manifestent régulièrement à Alger. Le pouvoir ne peut plus se voiler la face.
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www.algeria-watch.org
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