Alors qu'il est favorable à une amnistie générale

Djahid Younsi critique Bouteflika

Par :Karim Kebir, Liberté, 5 mars 2009

Il considère qu'il y a absence d'équité avant même le début de la campagne électorale prévue pour le 19 mars prochain.

Il n'aime pas qu'on l'accuse d'avoir troqué son habit d'opposant, longtemps enfilé en compagnie de Abdallah Djaballah qu'il a fini d'abandonner, contre celui du "participationniste", au risque d'être perçu comme candidat de légitimation et de caution d'une élection jugée par certains "d'être jouée d'avance". Comme pour justifier de sa bonne foi et de ses convictions inébranlables, Mohamed Djahid Younsi, sitôt confirmé comme candidat à la prochaine présidentielle, estime judicieux et, probablement, politiquement rentable d'ouvrir les hostilités contre "le maître du moment", candidat à sa propre succession, le président Abdelaziz Bouteflika qu'il ne cite pas nommément. "Il n'y a pas d'équité en ce moment, il y a des interrogations autour de ces promesses d'effacement de dettes de fellahs et de promesses pour les jeunes, tout comme ces bus qu'on offre en guise de solidarité", a-t-il ironisé hier lors d'une conférence de presse animée au Centre international de presse (CIP) à Alger et destinée à présenter son programme de campagne. "Il faut sortir de ce mécénat, de cette politique de la carotte et du bâton. La dignité des Algériens n'est pas achetable", a-t-il fulminé. Il fait même le parallèle avec une époque de triste mémoire, évocation qui suscite quelques ovations de ses partisans. "On est retourné au socialisme de Staline, où même taper des mains était programmé". "Bien entendu, poursuit-il encore, moi aussi j'aurais aimé avoir une salle comme celle de Biskra !!!" "Peinte en vert (couleur de l'islam), cependant, au lieu du bleu", précise-t-il dans une allusion assassine. Et ce qui n'est pas fait pour dissiper ses craintes, c'est l'entrée prochaine des leaders des partis de l'Alliance. "On nous sortira bientôt trois candidats de sous la table et on sera neuf, en tout". C'est pourquoi, il met d'ores et déjà en garde particulièrement l'ENTV qui, à ses yeux, est loin d'être "équitable". Mais en dépit de ces plaintes, Djahid Younsi n'est pas prêt à jeter l'éponge. "On lance un appel pour qu'il y ait une équité notamment dans les médias lourds. Et s'il y a dépassement, on interpellera la commission nationale", s'est-il cependant contenté de répondre, non sans ajouter : "Il n'est pas venu faire dans le décor." Interrogé par Liberté si sa participation ne risquait pas de cautionner un régime qu'il a combattu, le secrétaire général du MRN a estimé que "le travail politique n'est pas une science exacte". "Le régime est toujours lui-même. Chacun apprécie la chose sous son angle. La Révolution algérienne avait fait trembler la République française. Donc nous croyons au changement", a-t-il dit. Autant il est hostile à l'abandon du terrain politique, autant il est contre la présence des observateurs étrangers. Le slogan de sa campagne est d'ailleurs : "C'est votre chance pour le changement". Fils de Chahid et plus jeune candidat, Djahid Younsi entend lutter contre le désespoir, rendre à l'islam la place qui est la sienne, donner une alternative aux jeunes, conforter l'arabité et s'ouvrir à l'étranger pour le transfert du savoir. Favorable à l'amnistie générale, partisan de l'ouverture du champ politique et médiatique, il est pour la levée de l'état d'urgence et à la promotion de tamazight. Sur le plan économique, il veut encourager les PME-PMI et son projet est de créer des pépinières d'entreprises pour les jeunes.

Karim Kebir

 
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Présidentielles 2009

 
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