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ALGÉRIE. Des heurts ont émaillé le scrutin. L'opposition a déjà dénoncé des fraudes Élection sous tensionSud Ouest.com, 10 avril 2009 Les Algériens ont voté hier pour élire leur nouveau président de la République. Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, devrait être réélu pour effectuer un troisième mandat. Le taux de participation, principal enjeu du scrutin, a été de 74,11 % selon le ministère de l'Intérieur, en nette hausse par rapport au vote de 2004. Quatre candidats ont contesté ce chiffre et fait état de fraude. Le dépouillement des bulletins a été entamé après la fermeture des bureaux de vote, à 19 heures, les résultats officiels seront annoncés aujourd'hui en fin de matinée. Bureaux de vote incendiésLe scrutin s'est déroulé dans un climat de tension. De graves incidents ont émaillé l'opération dans sept bureaux de vote à Bouira, en Kabylie. Des jeunes ont cassé les urnes et incendié des bureaux de vote dans cette ville. À Tazmalt, près de Béjaïa, autre ville de Kabylie, de violents affrontements durant plusieurs heures ont opposé des centaines de jeunes aux forces antiémeute. Un policier a été gravement atteint par un cocktail Molotov lancé par la foule en colère, dans cette région endeuillée en 2001 par des émeutes populaires qui avaient touché toute la Kabylie. Des informations ont fait état d'affrontements entre de jeunes Arabes et Berbères à Ghardaïa, dans le sud du pays. En outre, deux policiers ont été blessés dans un attentat à la bombe contre un bureau de vote à Naciria, près de Boumerdès, à 50 kilomètres à l'est d'Alger. Mercredi soir, trois agents de sécurité d'une société de gardiennage ont été tués par des islamistes armés dans la région de Jijel (Est). Le même jour, une bombe artisanale enfouie sous la chaussée avait explosé au passage d'un convoi militaire et blessé quatre soldats. « Moi, je n'ai rien eu »La capitale, quadrillée par un important dispositif de sécurité, a vécu une journée calme et ordinaire. Les autorités avaient renforcé les mesures de sécurité à travers le pays, notamment à Alger et en Kabylie, où l'armée a été appelée en renfort.« Je ne voterai jamais. Les votants sont ceux qui profitent de l'argent de l'État, moi je n'ai rien eu », estime Fayçal, gérant d'un kiosque dans la banlieue populaire de l'est d'Alger. Pour obtenir un taux de participation élevé, les autorités ont toutefois sommé les fonctionnaires et les policiers de voter, selon plusieurs témoignages. « Notre directeur nous a réunis et demandé gentiment, mais fermement, d'aller voter avec nos femmes et nos enfants. Sans donner de consignes, il nous a demandé aussi de nous présenter samedi avec nos cartes de vote. Il a reçu des instructions du wali (préfet) », affirme un fonctionnaire dans une direction des travaux publics de l'intérieur du pays. « J'étais obligé de voter, sinon je n'aurai jamais de promotion. Ma carrière était menacée. J'ai mis dans l'enveloppe une photo de Matoub (chanteur et opposant kabyle assassiné en 1998) », affirme Kamel, cadre dans une administration du secteur du bâtiment à Alger. D'autres ont voté par « conviction et devoir ». « J'ai voté et j'attends du futur président d'améliorer nos conditions de vie », dit Amer, commerçant. M. Bouteflika, 72 ans, dont la réélection est certaine, a désormais toutes les cartes en main pour effectuer des changements et améliorer les conditions de vie des Algériens, confrontés à la détérioration de leur pouvoir d'achat. Toutefois, ses adversaires doutent de sa capacité à gouverner, à cause de son état de santé : depuis son hospitalisation, fin 2005, à Paris, pour « un ulcère de l'estomac », M. Bouteflika alterne la bonne et la mauvaise forme et réduit ses activités et ses visites. |
Présidentielles 2009 | ||||
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