Une semaine au rythme des rumeurs

« Mort du président Bouteflika ou de son frère… »

El Khabar, 7 mars 2010

Les rumeurs les plus folles ont alimenté cette semaine les discussions des citoyens algériens, après des informations sur « une grave dégradation de l’état de santé du président » et d’autres sur sa mort, puis celle de son frère, Mustapha, sur la démission probable du ministre de l’éducation Ben Bouzid et son remplacement par Abdelaziz Belkhadem.
Le plus étonnant est que toutes les informations ayant circulé cette semaine ont été classées comme étant des rumeurs à commencer par la rumeur de l’assassinat du DGSN, Ali Tounsi, la seule qui se soit d’ailleurs révélée être vraie, avant que des rumeurs sur la mort du président ne soient rapportées, ajoutant que le gouvernement n’avait encore annoncé la nouvelle en raison de l’affaire de l’assassinat de Tounsi.
Rumeur qui a pris de plus en plus d’ampleur en l’absence de tout démenti d’un quelconque responsable du gouvernement, pour atteindre même le frère du président, Mustapha qu’une rumeur déclare mort , jusqu'à ce que l’ENTV montre des image du président et de ses deux frères accueillant Zinedine Zidane et sa famille, puis l’intervention du président Bouteflika devant la presse à l’issue de la rencontre, dans laquelle il a déclaré que c’était une visite familiale et amicale » ne manquant pas de présenter au passage ses deux frères comme pour dire « ils sont vivants ».
D’autres rumeurs ont, par ailleurs, circulé, celles-là seraient le fruit de « la rue », comme la démission de Noureddine Zerhouni et du ministre de l’éducation Ben Bouzid, qui était plus probable en raison de sa propagation même auprès de certains responsables. Ces rumeurs avançaient également qu’Abdelaziz Belkhadem pourrait lui succéder. Le ministre de l’énergie Chakib Khelil et la ministre de la culture Khalida Toumi n’ont eux non plus pas été épargnés puisqu’on annonçait la démission du premier et le départ ou le transfert de la deuxième dans un autre ministère.

07-03-2010
Par : Attef Kedadra/Alger

 


Rumeur sur la santé du président de la République

Quel rôle pour les structures en charge de la communication ?

La rumeur faisant état de la dégradation de la santé du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, déclenchée la semaine dernière, suite à son absence de la scène politique et médiatique, a suscité la curiosité des médias, des citoyens et mêmes les ambassades accréditées en Algérie.
Dans ce cadre, plusieurs fonctionnaires de ces ambassades ont reconnu qu’ils ont essayé de contacter certaines de leurs connaissances, au sein des institutions de l’Etat afin de s’enquérir de la vérité et la crédibilité de cette rumeur. Selon nombre d’observateurs, la diffusion des rumeurs est due à l’absence des institutions de l’Etat chargées de ce dossier, à l’exemple du service de communication de la présidence et le département d’Etat chargé de la communication. En outre, le pouvoir est contre la circulation de telles informations tout en maintenant la logique du verrouillage de l’espace médiatique. En effet, les observateurs s’accordent à dire que ce genre de rumeurs pourrait être déclenchée par la personne concernée ou bien par ses opposants. Dans ce cas, le président a vite donné la réplique et ce, à travers les caméras de l’ENTV, ce qui donne l’impression qu’il est en bonne santé.
Les rumeurs peuvent circuler avec une vitesse incontrôlable et si elle n’est pas démentie, elle peut gagner du terrain. C’est le cas de celle relative à la santé du président de la République , dont l’absence pendant quelques jours a contribué à la diffusion des informations infondées. Pour faire face à de telles rumeurs, il serait préférable que la présidence s’ouvre au peuple et aux médias, pour leur permettre d’être au courant de tout ce qui se passe autour du président. Cela pourrait être possible grâce à Internet, par exemple.
Il y a lieu de signaler que ces rumeurs s’inscrivent dans le cadre de la guerre psychologique et la diversion, puisque le président de la République n’avait pas l’habitude de rendre publics des communiqués dans lesquels il annonce ses mouvements et/ou ses vacances, comme il est le cas dans certains pays.
Par ailleurs, l’opacité qui caractérise l’opinion du pouvoir et ses institutions concernant la maladie du président de la République , depuis sa déclaration pour la première fois, en 2005, ne s’est pas dissipée. Une situation qui ne peut être interprétée que par le manque de confiance du président de la République en ses collaborateurs. En somme, c’est le gouvernement et les organismes de l’Etat, sans exception, qui sont derrière la circulation de ces rumeurs.

 

07-03-2010
Par Djalal Bouati


Pensée par des spécialistes et répandue à toute vitesse

La rumeur faisant état du décès de Bouteflika vite démentie

Depuis l’assassinat du Directeur Général de la Sûreté nationale, le colonel Ali Tounsi, l’Algérie est entrée dans une phase politique enveloppée de craintes, donnant l’impression de l’existence d’un conflit au sein des différentes parties du pouvoir, un conflit alimenté par les rumeurs qui ont atteint leur paroxysme quand elles ont véhiculé une information faisant état du décès du Président de la République.
Dans ce contexte, ce n’est pas la première fois que le président de la République est ciblé par de telles rumeurs. Bien au contraire, il est habitué à ce genre d’informations infondées, depuis son accession au pouvoir. Il a toujours su comment réagir face à des situations pareilles, à chaque fois il réapparait à travers les caméras de l’ENTV, une manière de démentir les informations semant le doute sur son état de santé. A relever que les rumeurs ont toujours trouvé un environnement adéquat au sein de la société algérienne crédule à toutes les informations et participe à sa propagation, de telle manière à faire d’une fausse info une vérité difficile à réfuter.
Il y a lieu de souligner que les rumeurs se sont propagées pendant les toutes dernières années, coïncidant avec une ère politique caractérisé par un certain dynamisme au sein du sérail, entre les opposants et les partisans du président de la République. Cette situation suscite moult interrogations : quelle est la partie derrière ces rumeurs, les opposants ou les partisans ? Quel est l’objectif de telles rumeurs ? Ont-elles atteint l’objectif escompté ?
Pour faire face à ces rumeurs, le président Bouteflika a eu toujours recours aux caméras de l’ENTV. Pour rappel, en 2007, une rumeur ayant circulé faisait état de sa mort. Pour démentir cette rumeur, le président de la République a rendu visite au Cheikh Kardaoui, hospitalisé à l’hôpital d’Ain Naadja. « On a même dit que je suis malade », a-t-il déclaré. La deuxième rumeur qui a fait sortir le président du palais d’El Mouradia, est celle relative à la mort de son frère, Mustapha, vite démentie en l’affichant devant les caméras, à côté de la star mondiale, Zinedine Zidane.
Il semble que la partie ayant eu recours à cette arme qu’est la rumeur a atteint son objectif, puisqu’elle a poussé le président de la République à sortir de son bureau pour la démentir. Mais les raisons du déclenchement de ces rumeurs ne peuvent pas être déterminées, bien que certains observateurs les expliquent par les conflits existant entre les différents clans qui cohabitent au sein du pouvoir.

07-03-2010
Par Mohamed Cherak

 
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