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Élection présidentielle d’avril 2009 Onze candidats déposent leurs dossiersEl Watan, 24 février 2009 Sur les dix-neuf personnalités ayant retiré les formulaires de participation à l’élection présidentielle d’avril 2009, seuls onze d’entre elles ont visiblement réussi à récolter les 75 000 signatures de citoyens nécessaires pour valider leur candidature. Conformément à la loi électorale, ces neuf candidats ont déposé en personne leur dossier de candidature auprès du greffe du Conseil constitutionnel. A rappeler que la date limite pour le dépôt des signatures était fixé à hier minuit. Celui qui a ouvert le bal est Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA). Il a déposé son dossier jeudi dernier. Il a été suivi dimanche de Ali Zeghdoud, président du Rassemblement algérien (RA) et de Djahid Younsi, secrétaire général du mouvement El Islah. Hier, c’était au tour de six autres candidats de leur emboîter le pas : Louisa Hanoune (porte-parole du Parti des travailleurs), Rachid Bouaziz, Abdelaziz Bouteflika, Belaïd Mohand Oussaïd (Mohamed Saïd), Mohamed Hadef (président du Mouvement national d’espérance, MNE) et Faouzi Rebaïne (président de Ahd 54). Tous les candidats ont été reçus par Boualem Bessaïh, président du Conseil constitutionnel. Toutefois, les postulants à la présidentielle n’auraient pas eu droit au même accueil. C’est ce que du moins certains d’entre eux disent. Hier vers 10h, la délégation accompagnant Mme Hanoune est arrivée au siège du Conseil constitutionnel. Celle-ci a indiqué être « prête à gouverner le pays », avant de s’engouffrer dans l’institution, sous les youyous et les applaudissements des cadres, des députés et des élus locaux de son parti, pour déposer son dossier de candidature. Une demi-heure après, Louisa Hanoune en est ressortie. Acceptant de se prêter au jeu des questions-réponses des journalistes, elle ira même jusqu’à livrer ses appréciations. La porte-parole du PT a indiqué d’emblée que son dossier de candidature réunissait toutes les conditions légales requises. Elle a précisé en outre que celui-ci renfermait 140 850 formulaires de signature de citoyens et quelque 996 signatures d’élus locaux recueillies au niveau de 47 wilayas. Mme Hanoune a ajouté que sept groupes spécialisés de son parti ont procédé à la vérification de l’authenticité des formulaires et leur conformité avec la loi. Des groupes, a-t-elle mentionné, qui ont « rejeté plus de 4000 formulaires ». La porte-parole du PT a souligné par ailleurs qu’elle se présentait au nom de son parti et non en tant que candidate indépendante, avant de signaler que l’opération de collecte de signatures a été pour son parti « une véritable campagne politique et de sensibilisation pour connaître l’ancrage du parti dans la société algérienne ». Louisa Hanoune fait confiance à OuyahiaA une question sur ses chances dans la course à la présidentielle, Mme Hanoune s’est dite « confiante » en ce processus, soulignant que son sentiment de confiance est conforté par la décision de Ahmed Ouyahia, lors de la réunion de la commission nationale de préparation de l’élection présidentielle, relative à la possibilité pour les représentants des candidats de suivre directement les travaux des commissions électorales de wilaya. La dame de fer du PT a appelé à cette occasion à élargir cette présence aux commissions communales qui représentent, a-t-elle dit, « un maillon important dans le contrôle des bureaux, des centres de vote et de dépouillement ». Rachid Bouaziz, candidat indépendant, a également déposé son dossier de candidature vers midi. Cet ex-syndicaliste de 42 ans a déclaré, à sa sortie du Conseil constitutionnel, que le destin de l’Algérie et des Algériens est « lié aux urnes ». Il a précisé que chaque Algérien a le « devoir » de donner sa voix à celui qu’il « juge apte à diriger le pays ». M. Bouaziz a affirmé avoir collecté le nombre de signatures requis pour sa participation à cette élection. Quant à ses chances de réussite, il a soutenu que celles-ci sont quelque peu « égales » entre tous les candidats. Il a avoué cependant que les candidats indépendants rencontrent des problèmes contrairement aux autres candidatures partisanes, notamment quand il s’agit de candidats jeunes et qui se présentent pour la première fois. S’agissant des grandes lignes de son programme, M. Bouaziz a affirmé qu’« il est conforme aux spécificités du peuple algérien et à la conjoncture actuelle du pays ». Il soulignera tout de même que son programme « se démarque des programmes classiques auxquels les citoyens sont habitués ». C’est à 14h30 que le président Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa propre succession, est arrivé seul au Conseil constitutionnel à bord d’une voiture noire. Les journalistes, auparavant libres de leurs mouvements, ont été tenus à distance de l’édifice une heure avant, par un cordon de sécurité. Avec un large sourire, Abdelaziz Bouteflika est descendu de sa voiture, saluant de la main les journalistes avant d’entrer dans le Conseil constitutionnel sous l’œil vigilant des éléments des services de sécurité. Une demi-heure après, il est sorti de l’institution présidée par M. Bessaïh accompagné de Abdelmalek Sellal, son directeur de campagne, ainsi que de son frère. Les trois personnes sont reparties dans la même voiture en direction du Palais des expositions où le Président devait inaugurer le Salon de l’emploi. Selon son staff de campagne, les partis de l’Alliance présidentielle, les principales organisations nationales et de nombreuses associations ont recueilli pour lui 4 038 000 signatures de citoyens (plus de 4 millions) – soit trois fois plus qu’en 2004 – et 11 736 d’élus locaux. Le dernier candidat à la candidature à déposer son dossier au Conseil constitutionnel a été Belaïd Mohand Oussaïd (Mohamed Saïd). Dans une déclaration à la presse, le candidat indépendant a indiqué avoir collecté 119 000 signatures de citoyens à travers 48 wilayas. Serein, Mohand Oussaïd a confié avoir atteint la barre des 2500 signatures d’élus dans 38 wilayas. Le président du Mouvement El Infitah, Omar Bouacha et Loth Bonatiro ont également déposé hier leurs dossiers. A préciser qu’au terme du délai légal de dépôt de candidatures qui de dix jours, le Conseil constitutionnel rendra son verdict concernant les dossiers le 5 mars prochain. Par Nabila Amir Campagne électorale : Bouteflika démarre avant les autresLa campagne officielle pour l’élection présidentielle du 9 avril prochain ne débutera que le 19 mars. Cependant, comme en 2004, le président candidat entame sa promotion avant l’heure. Après sa visite dans la wilaya de Blida, une sortie qui a bénéficié, comme d’habitude, d’une large couverture médiatique, notamment la télévision, le chef de l’Etat sera aujourd’hui à Oran pour une journée. Après Oran, c’est au tour de la wilaya de Biskra d’accueillir Abdelaziz Bouteflika. En temps normal, l’activité présidentielle en ce moment précis aurait été perçue comme une entorse à la loi. D’abord, parce que bien qu’il soit toujours en poste, il est candidat au même titre que les autres candidats, ensuite, parce que commencer la campagne avant son lancement officiel, en faisant usage des moyens de l’Etat et en mobilisant toute la machine administrative à son profit, est déloyal. Mais au point où on en est, la question ne se pose pas en ces termes. Le débat n’est pas, en effet, dans l’organisation d’une compétition loyale, tant les autres candidats eux-mêmes, sachant le rôle auquel ils sont destinés, à savoir servir de garniture à une élection jouée d’avance, ne trouvent pas à redire. Même Bouteflika ne devrait pas s’encombrer de ce genre de soucis puisque ses « compétiteurs » ont déjà admis le fait qu’ils ne font que l’accompagner dans sa réélection à la Présidence. A partir de là, tout semble toléré et permis. Contrairement à 2004, cette fois-ci la bataille, donc les sorties du président candidat dans les wilayas, est contre l’abstention, le concurrent potentiel de Abdelaziz Bouteflika. C’est une véritable course contre la montre qui est lancée par le staff présidentiel, les trois partis de l’Alliance, les associations et les syndicats « maison ». Le président candidat ne fait, en réalité, que contribuer à cette large campagne et à ce matraquage qui visent à attirer les Algériens dans l’isoloir. Et ses visites ne peuvent avoir un autre sens que celui de convaincre les électeurs à se rendre aux urnes, en leur montrant quelques petites réalisations, alors que les grands projets promis pour cette année, si l’on se fiait aux déclarations des responsables -— une grande partie de l’autoroute Est-Ouest, le métro et le tramway — accusent beaucoup de retard. Par ailleurs, d’aucuns affirment que si le président Bouteflika a entamé sa campagne avant son ouverture officielle, car il limitera ses apparitions, une fois lancée, à cinq ou six grands meetings sans plus. Le reste, ce sont les responsables des partis de l’Alliance présidentielle qui s’en chargeront. Mais cela justifie-t-il qu’en plein processus électoral toute l’administration soit sur le pied de guerre pour garantir le succès du président candidat ? C’est ce que craignaient beaucoup de personnalités politiques et responsables de l’opposition, qui n’ont pas jugé utile de prendre part à un scrutin ficelé le 12 novembre 2008. Par Said Rabia |
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