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Les mosquées embarquées dans la campagne L’État franchit le pas…El Watan, 17 février 2009 Il est étonnant de constater de quelle manière tout un gouvernement est mis à contribution pour ranimer un électorat qui semble penser à tout sauf à la prochaine élection présidentielle. Le staff gouvernemental s’agite et se démène pour enrôler le maximum de partisans dans la course aux voix des électeurs quitte à utiliser les moyens de l’Etat et à défier les lois de la République. Bouabdellah Ghlamallah fait fi des lois de la République - qu’il représente pourtant en tant que ministre - ordonnant aux imams de jouer carrément un rôle politique, lui qui a passé ces dernières années à affirmer que la mosquée doit échapper aux manipulations politiques. Comment peut-on qualifier l’injonction du ministre si ce n’est une tentative de se servir d’un lieu de culte à des fins politiques en appelant les imams à faire partie de la propagande participationniste ? Les mosquées censées diffuser la parole divine, vont devoir se transformer en tribunes pour répandre une autre parole d’essence terrestre et de nature politique exclusivement supportrice de l’option du vote massif. Suivant quelle logique, monsieur le ministre peut-il justifier une telle injonction qui rend licite pour l’Etat l’utilisation des mosquées à des fins politiques et l’interdit pour les autres ? Mesure-t-il le danger d’une telle aventure qui pourrait justifier demain le retour des discours enflammés de certains imams prônant une dawla islamiya. Ce n’est pas un Ghlamallah qui irait dire ce jour-là que l’Etat a mis tous les moyens pour protéger les lieux de culte des influences politiques et différents souffles extrémistes et fanatiques. La mémoire collective garde encore le frais souvenir de la transformation des mosquées en porte-voix des discours intégristes devenant des salles de meetings quasi quotidiens pour les dirigeants du parti dissous. Pas moins de 40 000 lieux de culte ont été fermés pour avoir servi de lieux de propagande politique. La loi 91/81 a formellement interdit à l’imam de reproduire des discours partisans, or Ghlamallah l’exhorte aujourd’hui à bien distiller le discours appelant à aller voter. L’attitude du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs n’est autre qu’une preuve du zèle, dont aura fait preuve de tout temps le pouvoir algérien qui, depuis sa création, n’a cessé d’utiliser le minbar en perchoir pour louer les bienfaits de sa politique. Mais aller jusqu’à dire, comme Ghlamallah, que l’abstention « va à contre-sens des valeurs prônées par notre religion », c’est faire le pas de trop et tenter de jouer avec le feu en ces temps où la violence devient un prétexte à tout. Comme les partis islamistes, Ghlamallah mêle préceptes religieux et concepts purement politiques. Il qualifie le prochain scrutin de « Choura », auquel tous les citoyens devront participer. On manque de peu d’entendre le ministre dire que l’abstention est kofr (impiété), puisqu’il a même osé lancer, en parlant de la prochaine échéance électorale, que Satan est derrière les voix de la discorde. Va-t-il encore sortir le fameux disque de « yadjouz » et « la yadjouz », qui a fait tant de mal dans ce pays, qui n’a que trop souffert de voir s’entredéchirer ses enfants ? Obnubilé par le nombre de 14 millions de fidèles que peuvent réunir les mosquées, le ministre semble ne penser qu’au formidable outil de propagande que cela peut constituer pour servir la ouhda thalitha. Mais à quel prix, Monsieur le ministre ? Par Nadjia Bouaricha L’ANR soutient la candidature de Bouteflika Les militants et sympathisants de l’Alliance nationale républicaine (ANR) ont décidé de soutenir la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat dans le cadre de l’élection présidentielle d’avril 2009. Selon la présidente du bureau de wilaya de l’ANR, docteur Lazouni, la décision a été prise au début de cette semaine, en concertation avec les militants de la formation politique, où les femmes sont majoritaires. La représentante locale de l’ANR indique, dans un communiqué de presse rendu public dimanche : « Pour nous, la démocratie ne se résume pas à l’opposition et les opposants mais plutôt à la participation aux décisions importantes, sachant que la formation politique de l’Alliance nationale républicaine a depuis le jour de sa création constitué une force de proposition et de concertation pour l’intérêt du pays. » L’actuel bureau de la wilaya d’Oran détient la majorité à l’échelle nationale par le plus grand nombre de militants, surtout des femmes et des jeunes issus de toutes les couches sociales. Par T. K. Élection présidentielle Le MDSL se rallie aux boycotteursDe plus en plus de personnalités et de forces politiques appellent au boycott de l’élection présidentielle du 9 avril prochain. Ainsi, le Mouvement démocratique social et laïc (MDSL), issu du MDS, lance un appel à un « boycott massif, actif et pacifique » de cette élection, car convaincu que le système « ne peut pas se réformer par l’entrisme ». Rappelant le passé de ce mouvement depuis le PAGS jusqu’au MDS, dirigés par le défunt Hachemi Chérif (mort des suites d’une longue maladie en août 2005), le MDSL réaffirme avoir toujours lutté contre « toutes les manœuvres politiques destinées à maintenir le système rentier et corrompu et à blanchir les assassins et leurs commanditaires par la Rahma, la réconciliation nationale ou la concorde civile ». Relevant la nécessité d’un « nouveau statut » pour l’armée algérienne (ANP) sur la base de choix républicains, démocratiques et modernes afin d’en faire une « institution trans-partisane », le MDSL appelle à la tenue d’assises républicaines avec les forces politiques qui aspirent au changement. Comme il juge nécessaire une « transition » qui déboucherait sur « une nouvelle Constitution et de nouvelles institutions démocratiquement élues ». Une transition qui devrait être menée, selon ce mouvement, par « un gouvernement de combat républicain ». Par M. A. O. |
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